Auteur : M.S.
À moins de quatre mois de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, les interrogations fusent de toute part. Ces inquiétudes viennent de la fragilité de la paix, issue de l'accord de Ouagadougou (Burkina Faso), signé en mars 2007. Ce constat s'est révélé vrai, tout récemment, lors de la grève des conducteurs, suite à l'augmentation du prix des carburants à la pompe. Une mesure jugée impopulaire et sur laquelle le gouvernement de Guillaume Soro a été obligé de faire marche arrière. Lors de ce débrayage, le relent de la division a failli prendre le dessus puisque le pouvoir en place n'a cessé de pointer du doigt "les ennemis de la paix". Un discours orienté vers les partis d'opposition, même si officiellement, certaines de ces formations font partie de l'équipe gouvernementale. L'autre question, qui taraude les observateurs, est sans nul doute le programme du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion (DDR) des anciens combattants des Forces Nouvelles. Ce programme tarde à être complètement achevé. Pire, certains membres de cette milice ancienne continuent de raquetter les conducteurs au nord du pays. Situation contre laquelle s'est insurgé violemment le Premier ministre. Pour ce qui est de l'opération de recensement, d'identification et de l'établissement des listes électorales, elle se heurte à plusieurs obstacles notamment l'indifférence de la population. Malgré l'assurance que ne cesse de seriner la Commission électorale indépendante (CEI), cette opération peine à mobiliser les citoyens. Autant d'éléments qui risquent de saborder ce rendez-vous politique bien que le financement a été bouclé. Faut-il rappeler, à ce sujet, que le coût du processus électoral, notamment l'identification des électeurs pour la mise à jour des listes électorales, a été évalué à environ 100 milliards FCFA (150 millions d`euros). Toutefois, du côté du Président Laurent Gbagbo, on reste confiant. Selon lui, cette consultation aura bel et bien lieu le 30 novembre prochain. D'ailleurs, depuis quelques mois, le Chef de l'État ivoirien a fait des élections son cheval de bataille. "Faites tout pour que le 30 novembre 2008, à 07H00 du matin, les gens déposent leurs bulletins dans l'urne", avait-il lancé au directeur de l'Institut national de la statistique (INS, public) et au représentant de la société française Sagem, deux opérateurs chargés de la partie technique des élections, en particulier la révision des listes électorales et l'édition des nouvelles cartes d'électeur. 'Un appel qu'il espère être entendu par ses compatriotes.
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