Auteur : Propos recueillis par Rachid Hallaouy Publier le : May 5, 2008
La Nouvelle Tribune : Que retenez-vous de la tragédie de Lissasfa ? M. Mohamed Mait : Tous les ingrédients étaient réunis pour fabriquer un scénario tragique de cet nature. Issues de secours fermées, voies d’accès bouclées, espaces de travail réduits, étroits et non conformes,… Que voulez-vous ? Pour autant, il ne s’agit pas d’accabler et de stigmatiser quiconque. Le Chef de l’Etat a créé une commission spéciale pour faire toute la lumière sur cette catastrophe et pour mettre en relief les responsabilités. Attendons les résultats avant de faire des procès. Cependant, il est de notre devoir de prendre conscience des dangers dûs au désintérêt manifesté à l’égard de la sécurité au travail.
Depuis, des chefs d’entreprises vous ont contacté ? J’ai reçu de très nombreux coups de fil depuis le début de la semaine. Les décideurs économiques ont été secoués par le drame et ils sont prêts à renforcer la sécurité au sein de leurs entreprises. Une véritable prise de conscience est à noter. La sécurité au travail n’a jamais été une question d’argent. C’est d’abord un état d’esprit et une culture qu’il faut imposer à l’entreprise. La loi est claire. Dans toutes les sociétés qui emploient plus de 50 personnes, il doit y avoir un Comité d’hygiène et de sécurité au travail pour mettre en place et suivre une stratégie destinée à prévenir le risque. Dans ce cas précis, où était le CHST ?
De quels arguments usez-vous pour convaincre les patrons réticents à la sécurité ? J’essaie d’anticiper. Tout d’abord, je mets en exergue la notion de responsabilité humaine afin de le sensibiliser aux conséquences d’un accident de travail sur la conscience. Puis, le pragmatisme prend le dessus pour lui démontrer qu’un investissement sur la sécurité est l’investissement le plus productif. Avoir des salariés disponibles, exerçant dans une atmosphère sécurisée, c’est assurer la productivité de l’entreprise. Globalement, c’est un discours qui passe. Les plus réticents finiront par céder. En tout cas, il faut l’espérer.
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