Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Actualité
“Le dialogue social ne doit pas se résumer à une augmentation du SMIC, mais à la sécurité pour tous sur les lieux de travail”

Auteur : Rachid Hallaouy
Publier le : May 5, 2008

L’incendie meurtrier qui s’est produit, samedi 26 avril 2008, à Casablanca (quartier Lissasfa) ne peut faire l’économie d’une large réflexion centrée sur l’élément humain, sa place dans la société et la considération accordée par l’Etat et les donneurs d’ordres aux hommes et aux femmes désireux de participer à la vie économique et sociale du pays. «Il ne faut pas que les personnes qui ont perdu la vie dans cette tragédie soient mortes pour rien. Au-delà de la dimension émotionnelle, du reste forte, il serait irresponsable de rester inerte et ne rien engager. En clair, chacun doit prendre ses responsabilités. Notre pays ne doit plus se mentir. Dire que l’on est ouvert à la mondialisation sans l’assumer ne constitue pas un acte responsable. Assumer, c’est ne pas être opposé aux chefs d’entreprise ou aux salariés, mais avec eux ainsi que la présence des partenaires sociaux», déclare Jamal Belahrach, Dg de Manpower Afrique du Nord et (vice-président de la commission «Emploi» à la CGEM). A l’heure où de dizaines de milliers de salariés descendent dans la rue pour «fêter» le traditionnel 1er mai, la catastrophe humaine de Lissasfa sera dans tous les esprits. Pour autant, «se servir» de la mort d’innocents à des fins purement populistes (et électoralistes) constituerait un acte grave et sans précédent pour le climat politique, économique et social du Royaume. «Le dialogue social ne doit pas se résumer à une augmentation du SMIC, mais à la sécurité pour tous sur les lieux de travail. La large majorité des PME / PMI de notre pays, soit plus de 95% du tissu socioéconomique, considère que la sécurité garantie au travail n’est pas prioritaire. On n’accorde pas ou très peu d’importance aux conditions mises à la disposition du salarié.
Aujourd’hui, des donneurs d’ordre étrangers commencent à imposer un niveau d’exigence en conformité avec le cahier de charges du Bureau International du Travail (BIT) et de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Il s’agit d’assurer des conditions de sécurité au travail, de protéger l’employabilité des femmes et celle des enfants», précise-t-il. Une batterie de mesures qui trouvent tout leur sens avec la tragédie humaine qui vient de frapper de plein fouet le pays. A Lissasfa, et selon des sources bien informées, une majorité de salariés qui ont perdu la vie étaient des femmes, tandis que lors de l’incendie meurtrier qui a coûté la vie à trois personnes, lundi 27 avril 2008 à 4 heures du matin, dans une unité de production de textile à Casablanca (quartier Bournazel à Sidi Moumen), deux mineurs ont péri dans l’incendie. «Une fois de plus, la cause est l’inaplication du minimum syndical présent dans le code du travail. A Lissasfa, la chaîne de responsabilité est largement partagée par les acteurs. Dès lors, il s’agit de poser la bonne question. Est-ce que la course à la compétitivité doit faire fi des conditions de travail ? La réponse est non. Profitons de cet évènement tragique pour poser un débat national sur la sécurité et les conditions de travail dans l’entreprise. Dépassons la dimension évènementielle et allons vers une dynamique globale, concrète et opérationnelle entre opérateurs économiques et partenaires sociaux», ajoute le Dg de Manpower.
Comment prévenir le risque. Est-ce le rôle de l’Etat, un domaine réservé au bon sens et à la raison ? «La prévention est majeure. Dès le recrutement, les salariés doivent être sensibilisés à la sécurité ou encore  aux postes de travail. Ceci est d’abord le rôle de l’entreprise. Ensuite, dans le cas de la présence de délégués du personnel ou de syndicats, le comité d’hygiène et de sécurité doit veiller en permanence à l’application des consignes, de la sécurité, des audits,… Le rôle de l’Etat se résume à encadrer les conditions d’exécution des règles et la conformité avec la réglementation internationale. En outre, dès lors qu’il s’agit de sous-traitance du personnel, comme dans le cas des entreprises de travail temporaire, il faut clarifier encore plus le rôle de l’entreprise d’intérim de l’entreprise utilisatrice


L’entreprise de travail temporaire mise à l’index ?
«S’agissant de la population sous traitée par des entreprises de travail temporaire pour le compte de  la société Rosamor Ameublement, il est primordial que les entreprises d’intérim soient vigilantes sur l’application du code du travail, de la sécurité et des conditions de travail. Pour l’heure, nous ne disposons pas d’informations détaillées sur le niveau de responsabilité d’entreprises de travail temporaire dans ce terrible sinistre, mais il s’avère que des personnes ont été recrutés sur la base d’une démarche qui ne serait pas conforme à des règles élémentaires», indique Jamal Belahrach. Il ajoute que «certes, le code du travail n’oblige pas l’entreprise à veiller à ce que les conditions de sécurité soient respectées, mais la logique et le bons sens doivent primer. On ne peut pas placer des individus sans connaître l’environnement de l’entreprise et du poste de travail », conclut-il.


 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com