Auteur : Fatim-Zahra Tahiri
En ce printemps 2008, Fès offrira un panel large de festivités célébrant différents sphères de la culture marocaine et arabo-musulmane. C’est ce 5 avril que débutera la célébration des 1200 ans de la fondation de la ville de Fès. « 12 siècles de la vie d’un Royaume », sera faites de 12 temps forts, enrichies par des labellisations et des appels à projets. Un spectacle musical son et lumière, retraçant l’histoire du Maroc sera donné à cette occasion à la place Bab Boujloud en présence d’invités nationaux et internationaux. Une enveloppe budgétaire de 350 millions de dhs a permis de concocter des activités aussi riches que variées. "Fès : 1ère capitale du Maroc des régions", "Un islam de spiritualité et de tolérance", "Al-Qaraouiyine et les sciences religieuses", "Une histoire au féminin", "Une convergence ethnique " et "Un carrefour de sciences savantes et savoir-faire populaire", sont les thèmes choisis pour cette célébration. A ce titre M. Kettani, président de l’association a affirmé que « la présentation des contenus historiques privilégiera la transmission de messages cognitifs et civiques, qui s'appuieront sur l'objectivité scientifique et mettront en avant les valeurs fondamentales de tolérance, d'ouverture, de créativité et de modernité. » Douze temps forts seront organisés à Fès et dans les trois autres villes impériales (Marrakech, Meknès et Rabat). Ils porteront notamment sur la contribution de la femme dans l'histoire du Maroc, des caravanes de l'histoire, des concerts des musiques du Maroc et des conférences sur la spiritualité. Du 17 au 24 avril 2008 aura lieu la deuxième édition du Festival de Fès de la culture Soufie, intitulé « Orient Occident ». Des rencontres autour de « Femmes et Spiritualité », « Soufisme et dialogue Orient Occident », « Soufisme et développement humain » auront lieu parallèlement aux soirées de « Dhikr » de confréries de différents pays. L’ouverture du festival sera d’abord marquée par la présentation à la bibliothèque de la Qaraouiine de principaux manuscrits sur le Soufisme à travers les 12 derniers siècles du Maroc. Une conférence introductive sur « le Soufisme et développement de civilisation : 1200 ans de quêtes spirituelles à travers l’histoire du Maroc » se tiendra ensuite à la Medersa Bouanania. La soirée d’ouverture- qui se déroulera au Musée Batha- sera orchestrée par Nahal Tajadod et Jean Claude Carrière. Ba Jeddoub et le Sénégalais Musa Dieng Kala donneront un concert au Jnan Palace. Des conférences er expositions jalonneront cette semaine spirituelle dont « Valeurs chevaleresques et relations internationales » présenté par Mustapha Chérif, et « spiritualité et entreprises ». Enfin, la 14éme édition du festival des musiques sacrées de Fés aura lieu cette année du 6 au 14 juin. La manifestation aura pour thème « Les voies de la Création ». Gérard Kurdjian, directeur artistique de la Fondation affirme que les grands acteurs et actrices du sacré seront présents. « La Nuit des chants sacrés afro-américains et soufis » composée de chants soufis du Qawwali du Pakistan et de mélopées des spirituals et du gospel américain. « Les sept dernières paroles du Christ » sur une musique de J. Haydn seront interprétés par le quatuor Ysaye. L’écrivain et philosophe français Michel Serres ponctuera ses représentations par des lectures. La danse comme nouveau référentiel sacré avec « Panti Pusuka Budaya » qui fera voyager les spectateurs jusqu’à Bali, Belen Maya qui fera savourer aux aficionados les saveurs du flamenco. Jessie Norman et Ismaêl Lo clôturons ces nuits sacrées. Les confréries marocaines et orientales soufies seront aussi présentes avec les Hamadchas de Fés, les Munshidins de la Grande Mosquée de Damas et l’ensemble « Al Kindi » de Sheikh Hamza Shakour. Abdelwahab Doukali, le saoudien Mohamed Abdou veilleront sur les mélomanes avertis. Cette année, le festival sera doté d’un budget de 11 millions de dhs.
Paroles de Fouzi Squalli, président du Festival de la culture soufie
A l'ultime extrême de l'Orient point l'Occident. Et inversement. « Comme la nuit s'enroule dans le jour, dit le Coran, et le jour dans la nuit ». La globalité du monde ne peut être perçue que dans le jeu de ces oppositions et complémentarités, ce jeu de miroir, entre ces deux hémisphères de notre planète. Mais au-delà de leur disposition géographique l'Orient et l'Occident constituent d'abord des continents culturels et symboliques. Les termes de mondialisation ou, pire encore, de « globalisation » expriment surtout la volonté d'une domination d'une aire culturelle sur une autre, d'un système triomphant grâce à des valeurs et systèmes d'organisation venus de l'Occident. Cette domination, qu'elle cherche à s'exercer dans un sens ou dans l'autre, n'est jamais guère que provisoire, sinon le fruit d'une illusion d'optique. Le Soufisme à travers les siècles a su tisser des passerelles entre ces deux mondes et y faire voyager, à travers des colorations multiples, des idées, des valeurs, des symboles universels. Car seule une spiritualité authentique allie dans l'homme lui-même l'Orient de l'âme et l'Occident de la raison. Fait jaillir cette Lumière divine qui s'alimente d' « un arbre béni, un olivier, qui n'est ni d'Orient ni d'Occident ». (Coran) Ainsi en est-il de certaines valeurs partagées entre l'Orient et l'Occident de la « Chevalerie spirituelle », du sens de l'élévation et de la noblesse du comportement humain. Celle par laquelle l'homme développe des qualités intrinsèques d'humilité, de générosité, de compassion, de courage, d'intégrité et bien d'autres encore, qui lui permettent d'être dans la meilleure articulation possible au réel et à la justesse de l'action. C'est cet esprit de « Chevalerie » qui a présidé à l'association, chez les artisans et les corps de métiers, entre travail, éthique et valeurs spirituelles…
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