A travers les interventions des différents orateurs et les multiples échanges qu’il y a eu avec l’auditoire, l’objectif que nous nous étions fixé lors de cette journée - à savoir mieux saisir l’opportunité que représente l’Internet en tant qu’outil marketing- a été largement atteint.
Etant donné notre focalisation sur le développement de notre pays, nous avons retenu comme référentiel, les options stratégiques du Maroc en matière de politique de développement et nous avons commencé par l’Offshoring.
Lors du débat sur l’Offshoring, nous nous sommes rendu compte d’abord qu’il y avait des acteurs institutionnels nouveaux qui sont apparus dans le paysage et auxquels nous n’étions pas habitués,tant ils représentent une innovation en termes de structure,d’organisation et de métier !. Nous avons également constaté l’émergence d’un nouveau profil de managers publics dans le paysage, avec une vision, un savoir faire et une technique d’approche des questions qui sont tout à fait à la pointe de ce qui se fait de par le monde. Cependant,en matière de promotion ,nous avons eu aussi droit à un “ bémol ” par rapport à l’importance de l’Internet puisqu’on nous a dit que dans ce type de promotion des activités offshore, le Web pouvait constituer un appoint dans les techniques de communication,en permettant en particulier de faire mieux connaître l’environnement futur dans lequel évoluerait un “ offshorer ”,en revanche ,pour l’attraction de l’investisseur,le package incitatif, l’offre du système de formation, la disponibilité en ressources humaines… étaient plutôt justiciables d’une autre démarche, d’un “ face-to-face ” ou d’un événementiel intelligent avec peut être des approches traditionnelles et notamment le “ linkage ” qu’il pourrait y avoir entre le site Web et, ce que Mr Woodard avait appelé les “ C level websites ”, qui permettent de toucher spécifiquement les “ décisions makers ” ou les “ key people ” dans le processus de prise de décision. Ceci pour l’offshoring.
Pour ce qui est des IDE (Investissements Directs Etrangers), nous avons rappelé que notre pays, même en investissant totalement son épargne intérieure, ne pourrait pas dépasser le taux de croissance que l’on enregistre aujourd’hui. Je crois qu’aujourd’hui si nous aspirons à dépasser la moyenne des 3, 3 _ et passer à 6 ou 7 % de croissance, il faut absolument que les investissements directs étrangers viennent compléter une épargne intérieure qui est malheureusement limitée. Or, les investisseurs étrangers ne viendront pas spontanément !, ils viendront d’abord grâce au travail des diplomates “ new wave ” et au dynamisme des organismes professionnels. Nous avons constaté d’ailleurs, qu’à l’instar du profil des managers, le profil des diplomates changeait également, et que la démarche même des diplomates changeait. A cet égard, même le cursus de leur formation et leur mode de recrutement évoluaient dans de nouvelles directions. En outre, il y a un chantier important qui était ouvert et qui concernait notamment la mutualisation de la ressource “ information économique, juridique, financière et sociale ”. Un diplomate ne pourra pas constituer tout seul une base de donnée exhaustive, multisectorielle sur l’environnement, sur la qualité de vie, sur d’autres aspects importants pour un acteur international… alors qu’en fait, ces informations existent mais souffrent du problème général de l’information : l’information qui, même quand elle existe, est disparate, dispersée, elle n’est pas toujours actualisée et souffre d’une absence de mise à jour périodique. Alors qui devrait s’en charger? Nous avons eu l’information selon laquelle, au niveau de la primature, il y avait une cellule de veille économique et que peut-être elle serait en mesure d’être l’élément fédérateur qui dépasserait le clivage institutionnel pour collecter ces informations et bâtir une base de données mutualisable !nous avons évoqué à cet égard, grâce aussi à la présence des écoles et des universités, le fait que la production universitaire, souvent dans les écoles de gestion et filières d’économie d’entreprise, sont productrices d’études ponctuelles et sectorielles intéressantes qui gagneraient à être répertoriées dans des bases de données potentiellement exploitables par les décideurs économiques.
Donc il est heureux que ce chantier soit en phase d’ouverture, tant il est important, et il n’est pas illusoire d’espérer que cette journée soit un plaidoyer pour que demain, le haut commissariat au plan, la CGEM, les fédérations, universités etc, puissent fédérer leur efforts pour collecter et assurer la maintenance de cette base de données qui serait ensuite mise à la disposition de tous les utilisateurs potentiels.
Concernant le tourisme, les informations intéressantes que nous avons retirées de nos échanges, au delà de ce qui est connu, c’est l’importance pour les agences de voyage, pour les acteurs au niveau du tourisme de faire techniquement le lien entre le Web et le logiciel spécifique dédié à la gestion des voyages, le lien entre l’Internet et le “ travelsoft ” par exemple, et là c’est un point important à signaler de même qu’il y avait ces problèmes juridiques d’authentification de la signature électronique et de réalisation de paiements en ligne sur lesquels nous avons eu en partie une réponse qui n’est pas tranchée, mais qui est annonciatrice de progrès puisqu’il y a toujours un magistrat dans la salle qui confirme qu’il y avait un projet de loi en cours, que les choses évoluent et que c’est tout à fait normal que la banque ne permette pas que qui que ce soit dispose aussi facilement que cela de l’argent d’autrui. Donc il y a des juristes qui travaillent sur la question, il y a un projet en cours et il y a notamment le banquier qui joue un rôle d’impulsion et de prestataire technique ! à cet égard, un Directeur général de banque a traité de l’évolution rapide du cadre juridique et des moyens techniques de promotion du commerce électronique et de la contractualisation virtuelle.
Enfin, concernant le commerce extérieur, nous savons qu’il est déficitaire, nous avons besoin de monnaie et de devises pour alimenter notre fond d’acquisition de technologie et d’équipement et donc le développement de nos exportations est d’autant plus impératif aujourd’hui qu’avec l’ouverture de l’économie, on devient concurrencés dans notre propre fief .Donc forcément le choix de l’export n’est pas un choix, c’est une nécessité de survie pour nos entreprises et donc nous avons eu d’abord, à travers les différents exposés et les personnalités qui sont intervenus dans le panel, une information selon laquelle il y a des entreprises qui, même si elles ne sont pas exportatrices, sont des acteurs majeurs sur le plan économique et qui utilisent intelligemment le net, notamment en matière de veille, qu’il s’agisse de connaître le cours du sucre à Londres où ailleurs, et en même temps un moyen de veille “ achat ” et d’identification de sources potentielles d’approvisionnement et de management de la “ supply chain ”.
En matière de commerce extérieur, nous avons découvert avec beaucoup de satisfaction, qu’il y avait des chantiers intéressants. Nous avons eu un exemple avec l’ASMEX et cette initiative de création d’un portail qui a le mérite de fédérer l’information existante, de l’enrichir et de faire en sorte que la navigation et l’ergonomie soient relativement adaptées à la PME marocaine, qu’elle soit exportatrice ou pas là d’une exploitation pertinente du web, car elle alimente l’entreprise en réponse à des questions très claires et très précises d’ordre pratique.
Nous avons eu aussi le plaisir de découvrir en avant-première, ce projet de portail Marocmex, qui s’inscrit donc dans ce projet Euro-challenge. Nous avons d’ailleurs tous été surpris, mais agréablement, par le fait qu’on parle aujourd’hui de dématérialisation des documents juridiques qui authentifient la propriété de la marchandise, qui authentifie le droit des uns et des autres, et c’est à mettre en rapport avec l’exposé de Mr Benchaaboun, à propos de la modification de certaines dispositions du DOC.
Donc voila globalement ce que nous pouvons retenir de cette journée. Nous pouvons aussi en retenir énormément d’optimiste par rapport à l’avenir de notre pays parce que je crois que, dans un forum tel que celui-ci, lorsqu’on voit que les gens pensent à l’échelle des décennies, qu’ils sont armés de ce courage d’inventivité, de créativité, qu’ils savent manipuler les concepts modernes de management et qu’ils sont familiarisés avec les techniques nouvelles, il y a de quoi être optimiste.