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Entretien avec Selma Bennani, Présidente de la Fédération Royale Marocaine des Sports Aérobics et Fitness : “ Il y a un potentie

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La Nouvelle Tribune : En quoi consiste la mission de la Fédération Royale Marocaine de Fitness et d’Aérobic?
Selma Bennani :
Créée le 19 octobre  1996, la Fédération est d’abord née du souci de promouvoir ce sport, encore très méconnu au Maroc à cette époque. Les gens achetaient des films vidéos qu’ils mimaient sans faire la différence entre les divers styles de cette discipline. A partir de là, la Fédération, s’est assignée comme rôle de former des entraîneurs professionnels, des athlètes et des juges. Dans  cette optique, elle dispense depuis sa création cinq à six formations par an aussi bien aux niveaux national et international. Et enfin représenter le Maroc dans les compétitions internationales.

Après dix années d’action, est-ce qu’on peut affirmer que vos objectifs sont aujourd’hui atteints et que les gens se sont familiarisés avec ce sport?
Tout à fait. Le Maroc compte aujourd’hui plusieurs médailles. Nous avons décroché une médaille d’or et une d’argent aux championnats du monde de hip hop qui ont eu lieu aux Pays-Bas en octobre 2005. Nous comptons également une centaine de diplômés  de niveau international, des athlètes de haut niveau, ainsi que des juges de niveau national. Mais depuis, des centres spécialisés ont vu le jour. Nous avons organisé deux championnats du monde (fitness et aérobic) à Agadir en 2001. C’est dire qu’il y a un engouement incroyable pour ce sport et c’est ce qui nous motive de poursuivre notre action. Et puis, le Maroc a ses assises internationales dans ce sport.

A travers votre action au sein de la Fédération, vous oeuvrez également dans le sens du social sportif. Voulez-vous nous en parlez?
Notre ambition est de parvenir à la réinsertion des jeunes issus de milieux défavorisés,  désoeuvrés parce qu’ils ont abandonné l’école très tôt. Donc, notre action consiste à recruter des jeunes que nous extirpons de la précarité de ces quartiers, pour leur dispenser une formation d’une durée de deux années (plus ou moins). Une fois leur diplôme en poche, ils peuvent travailler et avoir un salaire.  Ces jeunes retrouvent leur dignité sociale, parce qu’ils ont un métier et sont intégrés dans la société. Ils ont une reconnaissance sociale dont ils n’avaient aucune idée auparavant. Monter sur un podium, être sollicité par la presse, c’est beaucoup et impressionnant pour quelqu’un qui vivait en marge de la société.

Que diriez vous à ceux qui prétendent que le Maroc ne compte pas de cadres performants dans ces deux disciplines, au point d’aller les recruter à l’étranger ?
Qu’un club marocain recrute de l’étranger, c’est son droit le plus légitime, mais c’est dommage, car les diplômés marocains sont formés par la FISAF (Fédération Internationale des Sports Aérobic et Fitness) et donc, ont le même niveau qu’un entraîneur Belge, Polonais, Australien, Japonais ou autre. C’est dire qu’ils n’ont rien à envier à leurs homologues étrangers

Ces jeunes diplômés perçoivent un salaire de misère, à quelques exceptions près, alors que les structures où ils travaillent, qui ciblent une clientèle plutôt huppée, se font des Chiffres d’affaire importants. Est-ce que la Fédération n’a pas un rôle à jouer dans ce sens?
Effectivement, ces jeunes ne sont pas très bien rémunérés. C’est pourquoi la Fédération projette de créer une commission pour réglementer les salaires et définir les droits des entraîneurs. Comme nous projetons la  création d’une widadia, en vue de leur assurer une couverture sociale et divers avantages   permettant de les protéger. 

Quelles sont les difficultés qui minent l’action de la Fédération et est-ce que ces dix années ont été suffisantes pour faire valoir son action et promouvoir ce sport ?
Au départ, nous avons souffert d’un a priori par rapport à ces deux disciplines, considérées comme un sport de riches et de femmes. Donc il fallait du temps pour dégager une image correcte de ce sport et de la Fédération. Cette dernière a également souffert d’un autre a priori, qui n’est autre que mon propre âge. Lorsque la fédération a été créée, il y a dix ans, j’avais, bien sûr,10 ans de moins que maintenant et, par conséquent, les gens avaient du mal à croire en moi en tant que présidente de cette entité. Donc, il a fallu du temps, beaucoup de travail et de la patience pour acquérir une certaine crédibilité. Aujourd’hui,  nous avons heureusement dépassé ces soucis. Nous avons besoin, par contre, de soutien, surtout financier. Nous n’avons pas de sponsors officiels. Il est impératif de trouver des sponsors ou des partenaires pour étayer notre action, qui est une action sportive, mais aussi sociale. Ils trouveront indéniablement un retour sur l’investissement.

Quelles sont les actions concrètes que vous menez à cet effet ?
Nous avons organisé deux championnats du monde (aérobic et fitness) à Agadir en 2001. Nous avons également créé le FestFit (festival du fitness), qui a lieu chaque année à Rabat. Ce festival s’adresse à tous les niveaux et se compose de trois volets (formation, conseils et exposition vestimentaire). A l’occasion de notre dixième anniversaire, nous organisons le premier Open International de Hip Hop qui aura lieu du 24 au 26 novembre prochain à Rabat. Six pays ont déjà confirmé leur participation: La France, la Belgique, les Pays- Bas, la Hongrie, la Russie et l’Ukraine. En marge de cette manifestation, nous organisons la 5ème édition du FestFit à Rabat. Nous sommes, par ailleurs, en train de préparer l’équipe nationale qui représentera le Maroc dans ce 1er Open. Nous nous déplaçons aussi à Laâyoune, du 05 au 07 mai, pour promouvoir l’événement. Au programme, une formation au profit des athlètes et des entraîneurs de hip-hop, le premier tournoi régional des provinces du Sud de hip-hop (une conférence de presse sera organisée à ce sujet le vendredi 05 mai). Des membres de la Fédération se déplacent depuis deux années dans les provinces du sud où ils dispensent sur place des stages de formation.

Avez un message à lancer aux sponsors pour les convaincre de soutenir votre action ?
Ce sport est un tremplin vers la création de l’emploi et la réinsertion sociale, il s’inscrit parfaitement dans le cadre de l’INDH. La demande existe, la population (toutes catégories socio-économiques et tout âge) est attirée par ce sport, de plus en plus de franchises étrangères de fitness et d’aérobic investissent au Maroc. Donc il suffit de trouver des formules qui marchent pour tous. Ce sport représente un atout socio-économique indéniable. Il y a un potentiel touristique extrêmement important à exploiter. J’invite les départements du Tourisme et les agences de voyage à réfléchir avec nous pour trouver le moyen d’utiliser cette discipline pour promouvoir le tourisme marocain. Je pense par exemple à des séjours touristiques pour les fans de ce sport! Cela aura des impacts positifs pour tous.

Propos recueillis par
Leïla Ouazry



 

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