C’est en présence de Abderrahim Harrouchi, ministre du développement social, de la famille et de la solidarité que l’Agence de Développement social à fêté ses cinq ans d’existence. Un moment de réflexion qui a permis aux différents responsables et partenaires associés de faire le point sur l’action de l’Agence. Comme le soulignera, d’ailleurs, l’un des participants, cette journée du quinquennat de l’Agence avait pour but de faire le bilan mais aussi de consolider les acquis en termes de capitalisation d’expérience ainsi que ses faiblesses et les difficultés rencontrées. À travers les différents commentaires, il s’avère que le bilan est globalement jugé positif. Et pour Najib Guedira, Directeur Général de cette institution, tout se fera pour relever le défi car «au-delà des chiffres, il y a la volonté de bien faire». À ce sujet, il faut relever que les cinq années ont aussi permis la mise en place d’une nouvelle approche et de stratégie pour mieux coordonner les actions. Ce qui a nécessité la territorialisation, le renforcement du partenariat avec les Collectivités Locales ainsi que celui des Capacités des Acteurs. Car le constat est que la pauvreté s’urbanise
Pour faire face à une telle situation, l’ADS se mobilise à travers l’Accompagnement Social en mettant en place une Maîtrise d’Ouvrage Sociale et Développement social ainsi que l’orientation vers des Activités Génératrices de Revenus. Pour revenir au bilan, et depuis son démarrage jusqu’au 18 avril 2006, l’Agence a approuvé le financement de plus de 1366 projets d’un coût global de 661,78 millions de dh dont 38%, soit 252,9 millions de dh, émanent de l’ADS. Les projets retenus qui concernent aussi bien le renforcement des capacités des acteurs, les activités génératrices de revenus ou encore les infrastructures de base, profitent à environ 2,4 millions de personnes. Plus en détail, 358 projets générateurs de revenus (26%) ont été créés durant cette période, pour un montant de plus de 358 millions de dh, bénéficiant ainsi à plus de 200.000 personnes. Les infrastructures sociales de base ont été améliorées grâce à 959 projets (70%) d’un coût global de plus de 450 millions de dh et au profit de 2 millions de personnes. Quant au volet formation et appui institutionnel au profit des acteurs locaux, il a concerné 49 projets (4%) au bénéfice de près de 60.000 personnes. Si les projets approuvés par l’ADS sont répartis sur l ‘ensemble des régions avec des concentrations dans les régions de Souss-Massa-Daraa, dans l’Oriental et Marrakech-Tensift-Al Haouz, il faut relever, cependant, une forte concentration des interventions dans le milieu rural avec un taux de 79% et seulement 21% pour l’urbain. Ainsi, près cinq années d’existence, l’Agence de Développement Social a capitalisé l’expérience acquise sur le terrain pour renforcer la démarche préconisée par la note d’orientation approuvée par le premier conseil d’administration en avril 2001. Mais elle a aussi retenu les leçons tirées de cette expérience et les observations de ses instances pour revoir la stratégie suivie afin de consolider cette démarche et d’exécuter au mieux la mission que les pouvoirs publics lui ont assignée. Cette révision vise à renforcer l’approche territoriale et le travail avec les collectivités locales, ainsi qu’à réorienter davantage l’agence vers le milieu urbain et vers les activités génératrices de revenus. Elle s’appuiera aussi sur une plus grande dynamisation du renforcement institutionnel des ONG et en particulier vers la formation. Actuellement et face à l’urbanisation de la pauvreté, l’Agence se trouve contrainte de réorienter une partie de son activité vers le milieu urbain. Orientation qu’elle a entamée depuis quelques mois déjà et qui lui permet d’intervenir dans des sites urbains où la pauvreté est fortement concentrée notamment dans les bidonvilles et les quartiers d’habitat non réglementé. C’est dans cette perspective que l’ADS entame la nouvelle année avec un programme ambitieux dont la quintessence est de mieux servir.
M.S.
Une démarche novatrice
Depuis sa création, l’Agence de Développement Social a privilégié une approche “ impulsée par la demande ”. Cette approche vise d’abord à encourager le partenariat avec les ONG existantes et à appuyer leurs actions et leurs projets. Elle se base sur une approche participative et renforce le partenariat entre l’État et les autres acteurs du développement local. Cependant, une telle approche a pour inconvénient de délaisser les zones où la pauvreté peut être importante, mais où les ONG ne sont pas présentes ou ne sont pas suffisamment organisées. C’est pourquoi l’agence a réorienté son approche en se basant sur un ciblage territorial. Sa nouvelle approche prend en considération les critères suivants: les orientations de la stratégie de l’État dans ce domaine, le taux de pauvreté et de vulnérabilité, la coordination avec les autres intervenants publics, le dynamisme des acteurs locaux. Ainsi, ce ciblage a été systématisé à partir de 2005. Il se fait d’abord au niveau national par la sélection de régions prioritaires ; puis au niveau régional par le choix de provinces cibles et enfin au niveau provincial par la désignation des communes prioritaires. Dans cette optique, l’approche territoriale a plusieurs avantages notamment par la mise en œuvre d’une approche plus stratégique dans laquelle on peut réaliser un diagnostic du territoire, élaborer un plan de développement local, articuler les différentes formes d’interventions les unes aux autres (infrastructures de base, activités génératrices de revenus et renforcement institutionnel) et mobiliser plus facilement les ressources financières nationales et internationales.
Ce qui permet une meilleure mobilisation des acteurs locaux avec une coordination intersectorielle plus facile. Ce qui permettra à l’agence de ne pas intervenir sur les projets sur lesquels les départements sectoriels concernés s’engageront. Ainsi que la rationalisation des ressources humaines, matérielles et financières.
ADS et INDH, deux acteurs de proximité
L’INDH est un appel à une mobilisation nationale de tous les acteurs de développement au niveau des différentes régions du pays. Le but étant de promouvoir le développement, de lutter contre la pauvreté, la précarité et la marginalisation, par la mise en place de programmes et d’actions de développement durable qui touchent le vécu quotidien des populations. C’est dans cette vision globale et dans cette perspective de mobilisation, que l’ADS a lancé l’organisation de cycles de formations et de forums à travers tout le territoire marocain. Tous les acteurs de développement seront mobilisés pour débattre des méthodes, des approches et des moyens à mettre en œuvre pour réussir un développement durable. Cette initiative a pour objectif d’offrir à tous les acteurs des lieux de débat, d’échange, et de sensibilisation autour de la mise en place d’actions pour le développement. C’est aussi des espaces de formation sur l’ingénierie de projets et sur certains outils de l’opérationnalisation de l’INDH. Cette démarche a pour objectif d’assurer une cohérence et une complémentarité dans la mise en œuvre des actions de développement humain. Elle vise également une meilleure synergie entre acteurs et une optimisation des moyens humains et financiers. Le public visé est diversifié, nous pouvons distinguer entre autres les associations, les autorités et les collectivités locales.