Suite à la dissolution des instances ordinales, devenues quasiment obsolètes puisque régies par des textes désuets, il a été décidé la nomination d’une délégation spéciale instituée par le dahir 1-02-201 du 23 juillet 2002. Cette dernière devra assurer, en quelque sorte, l’intérim avant la nomination des conseils régionaux et national. Dans ce sens, elle devra s’acquitter des attributions des instances ordinales, en attendant que ces dernières soient constituées ; elle aura également pour tâche l’organisation des élections des membres des futures instances, et enfin la refonte du dahir portant loi 1-75-451 du 15 février 1977 relative à l’ordre des chirurgiens dentistes. Dans ce sens, le décret n° 2-03-137 du 31 mars 2003 concernant la nomination de la délégation spéciale devrait mettre fin aux longues attentes des professionnels, souhaitant travailler dans un cadre organisé, régi par des textes non obsolètes. Les dentistes privés ne sont pas du tout contents de ce décret. Ils réfutent la manière jugée antidémocratique, que prévoit le décret pour la constitution de ladite instance. Selon Dr. Brighet, président du syndicat régional des médecins dentistes de la région de Casablanca, ce décret représente une grave atteinte aux principes de la démocratie et va à l’encontre de ceux de l’instauration de l’ordre. Et pour cause , ce dernier prévoit une instance spéciale composée de 60% par l’administration et 40 % de dentistes privés. Alors que le secteur privé représente 85% de la totalité du corps de la profession. Tous les représentants de la profession devront être considérés d’une manière équitable. Il n y a pas de super et de mini dentiste. Ils doivent tous être égaux devant l’instance qui les représente. «Notre souhait est que le citoyen , en s’adressant à tel ou tel dentiste, qu’il relève de la fonction publique, du privé ou de l’instance militaire, doit être confiant et sûr d’être entre de bonnes mains. Il ne doit pas y avoir de distinction», déclare Dr Brighet, qui poursuit «nous avons là une véritable opportunité de faire en sorte que les textes de loi suivent l’évolution démographique, que l’AMO puisse être appliquée,... pour cela il est impératif d’analyser tous les éléments afin de trouver une solution adéquate et non pas de réagir au conjoncturel. «Il est insensée qu’une délégation appelée à gérer les affaires des dentistes soit majoritairement formée par des membres de l’administration, qui sont non choisis par leur pairs mais désignés par cette même administration», lance le président du syndicat. notre souhait est de voir la profession de dentiste, noble à l’origine, reprendre ses lettres de noblesse, grâce à une meilleure organisation du secteur, et non à travers des solutions bâclées.
Partant, le bureau du syndicat régional des médecins dentistes privés de Casablanca réagit en lançant un appel à la Primature, au Secrétariat Général du Gouvernement et au Ministère de la Santé, en leur demandant de «réviser le décret relatif à la délégation spéciale, que la majorité des membres doivent être formés du secteur privé, que les représentants des secteurs universitaire, public et militaire doivent être élus par leur pairs et non par l’administration.»
L.O.