Les participantes, dont certaines, venues de Rabat, ont été initiées à des techniques de base de Self Défense empruntées, d'une part à l'art du Wing Chun (techniques de défense en position debout) et d'autre part à ce qu'on appelle Jiu-Jitsu ( techniques de défense au sol). La plupart des femmes, pensent que la seconde partie du stage réservé à l'art brésilien du Jiu-Jitsu, leur a été et leur sera d'un grand secours car, déclare une participante, "C'est une fois au sol que la personne agressée se sent le plus en danger, et peut abandonner toute tentation de défense. C'est terrible, rien que d'y penser... J'ai été agressée à plusieurs reprises ici à Casablanca, des tentatives de vol, qui ont malheureusement abouti. Vous savez, tellement on est terrorisé, aucun réflexe,... qu'on ne sait même pas quoi faire, taper, crier...". Nous appartenons à une société, où l'on n'apprend que rarement à la femme à se défendre. C'est souvent le frère, le père, le cousin ou encore le voisin qui joue le rôle de "défenseur" du sexe féminin, d'où l'absence de ce réflexe naturel, d'auto-défense, opprimé par l'éducation et les traditions. Toujours est-il vrai que cette éducation traditionnelle est en train de disparaître, néanmoins les agressions contre les femmes, perdurent. "Cela prendra du temps, pour bannir la culture de la femme "être faible". Avec La Moudawana, les choses commencent un peu à évoluer, mais dans la rue, les agresseurs, ne reconnaissent ni Moudawana, ni Droits de la femme, ni même droits du citoyen tout court... (rires)", déclare une stagiaire. Parmi les participantes, figurent des femmes qui ont été violées, ou par leurs conjoints, ou dans la rue. Pour celles-ci, le stage n'est qu'un commencement pour une longue durée d'apprentissage. Elles sont conscientes que ces techniques que maître Targuisti leur a inculquées, leur permettront de ressusciter et éveiller le réflexe d'autodéfense contre une agression extérieure: "J'avais 14 ans, lorsque j'ai été violée. Mon corps, pas du tout aguerri et ayant reçu une éducation passive, s'est abandonné à l'agression. Je ne savais pas comment me défendre. Deux jours de stage, ce n'est absolument pas suffisant, mais on aurait quand même appris, et cela est très important, à maîtriser notre peur face à l'agression", confie Mme X. La majorité des femmes interrogées, affirment avoir choisi de suivre ce stage, non pas pour apprendre à agresser, mais plutôt à se défendre et à repousser l'agresseur: "Les arts martiaux ont été créés pour des raisons plutôt pacifiques. Il fallait cultiver des techniques qui permettaient à la personne agressée de maîtriser son adversaire et ne jamais l'attaquer", explique une jeune participante au stage.
Le stage était une mise en situation réelle sur l’efficacité des ripostes défensives sur des agressions pouvant arriver dans la vie courante.
C'est donc dans un esprit de solidarité, de partage, de tolérance et de respect mutuel, que trente femmes ont été initiées aux techniques de base de Self défense, ont appris à transgresser leur peur, en extériorisant la partie immergée de l'iceberg.
IK