Cela fait deux décennies que Aïcha Chenna mène son combat aux côtés des mères célibataires. Une cause qu’elle a épousée malgré la délicatesse de la tâche. Si elle rencontré d’énormes difficultés au début de son périple associatif, Aïcha Chenna, est parvenue, à défaut d’une acceptation totale et juste, à changer le regard de la société sur les mères célibataires. Il a fallu 17 ans de lutte et de persévérance avant que Solidarité féminine ne soit reconnue d’utilité publique. Depuis, Aïcha Chenna ne cesse de rassembler les médailles en guise de reconnaissance de son abnégation, de son sérieux malgré un parcours tumultueux où les obstacles se substituent à la règle et la règle devient l’exception. L’octroi de la médaille d’honneur de la fondation Mohammed V pour la solidarité en 2000 à Aïcha Chenna, ainsi que sa réception par le Souverain sont porteurs d’une forte symbolique. En 2005, elle a décroché le prix «Elisabeth Norgall 2005» de l»’International Women’s Club of Frankfurt». C’est dire que les sacrifices concédés par cette militante, notre mère Teresa à nous, ont fini par payer. Dans le sens où elle a réussi à sauver des jeunes femmes vulnérables, des mamans blessées dans leur âme, des femmes qui ont commis des erreurs, disons-le, et qui ont connu la rue et tout ce qu’elle peut représenter comme danger pour elles. Ce sont également plusieurs dizaines d’enfants que Aïcha a sauvés. Ces enfants grandiront, à défaut d’une famille, auprès de leur maman. En plus de l’assistance administrative pour la déclaration et les papiers des bébés, Solidarité féminine offre aux bénéficiaires des formations en arts culinaires et en pâtisserie, ainsi qu’en esthétique et coiffure. L’objectif étant de les outiller pour subvenir à leurs besoins et à celui de leurs enfants.
Aujourd’hui, après 20 ans, Solidarité féminine poursuit son combat, parce que le phénomène des mères célibataires n’est pas prêt de s’arrêter. Certes, le nouveau code de la famille a réconforté ces jeunes femmes, le test ADN permettant de déterminer la paternité des enfants. En outre ce code leur donne l’opportunité d’élever leurs enfants seules, sans être obligées de se marier avec le père biologique ; mais encore faut-il que la femme soit indépendante économiquement et cela passe d’abord par une carrière professionnelle prometteuse.
Pour son vingtième anniversaire, Solidarité féminine a été reçue dans les locaux du Club Churchill à Casablanca pour souffler ses 20 bougies. De nombreuses personnalités de la société civile se sont jointes à l’association pour partager de nombreux souvenirs et saluer le travail acharné de la présidente de Solidarité féminine que rien ne semble entraver sa détermination à tendre encore et toujours une main charitable à toutes celles que le destin blesse...
L.O.