A l’occasion de la journée mondiale de la ménopause célébrée le 18 octobre, l’Association Marocaine pour l’Etude de la Ménopause (AMEM) a entrepris un programme de sensibilisation. A l’ordre du jour conférence de presse, journées d’information pour les professionnels, rencontres avec la population concernée, formation… Objectif : attirer l’attention sur la question en vue d’aider les femmes à surmonter cette étape de leur vie.
La ménopause est un phénomène physiologique qui correspond à un arrêt définitif des fonctions cycliques ovariennes, qui se traduisent manifestement par l’arrêt des règles.
En plus clair c’est la fin de la fertilité eu égard à une chute d’hormones féminines (les oestrogènes et la progestérone). Bouffées de chaleur, sudation, nervosité, irritabilité, humeur dépressive, trouble de la libido, sécheresse vaginale... Ce qui n’est pas sans incidence sur la vie de la femme au quotidien. Les désagréments qui accompagnent la ménopause peuvent affecter la productivité de la femme, sa vie de couple, sa vie de famille…
Bien que la ménopause concerne pratiquement le tiers de la vie de toute femme, elle demeure un tabou. Selon deux enquêtes réalisées par l’AMEEM entre 95 et 2002, une femme sur cinq ignore la signification de la ménopause, au moment où 33% des hommes confondent ménopause et stérilité ou encore aménorrhée et ménopause. D’où l’intérêt d’une sensibilisation à même d’aider les femmes à mieux vivre cette étape de leur vie, d’autant plus que le nombre des femmes ménopausées va en augmentant. Selon les estimations de l’OMS, 1,2 milliard de femmes sont âgées de plus de 50 ans. C’est dire qu’il y aura trois fois plus de femmes ménopausées que dans les années 90. Et qui dit ménopause dit systématiquement un cortège de problèmes de santé, à leur tête l’ostéoporose. Une pathologie qui peut être handicapante pour la femme. “ D’où l’intérêt de la prise en charge de la ménopause ”, insiste Pr. Mahjoub Ghazli, président de l’AMEM, qui recommande le recours au THS (Traitement Hormonal Substitutif). “ C’est le traitement le plus efficace pour certains troubles qui peuvent survenir à la ménopause, telles les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale et les sudations nocturnes, la prévention de l’ostéoporose. ”, dixit Pr. Gazzli. En effet, la ménopause a pendant longtemps été vécue par les femmes comme un mal nécessaire, une sorte de malaise et de mal-être, puisque convaincues que c’est une «fatalité» liée à l’âge. Résultat, elles supportaient en silence tous les troubles liés à la ménopause, qui mine de rien, peuvent être à l’origine de graves pathologies, à leur tête l’ostéoporose, maladie handicapante. Mais l’avènement du THS (Traitement Hormonal Substitutif), a complètement bousculé cette donne. Jusqu’en 2002 à la suite de la publication des études américaine WHI (Women’s Health Initiative) et anglaise MWS (Million Women Study). “ Aujourd’hui, l’expression de la nécessité du traitement est croissante, mais accompagnée de crainte. ”, dit-on à l’AMEM. 43% des Marocaines (objet de ces enquêtes) sont conscientes de la nécessité du traitement.
Toutefois, le THS demeure au Maroc un luxe réservé, d’une part aux femmes averties qui le connaissent et par conséquent, elles même le demandent à leur médecins, et d’autres part aux personnes ayant un portefeuille fourni, puisque non remboursé.
L.O.