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Consommation : Le panier de la ménagère de plus en plus cher

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Après les débours des vacances et de la rentrée scolaire, les ménages sont de nouveau confrontés à des dépenses intensives. Ramadan étant par excellence le mois de la grande consommation. Dès que ce mois sacré approche, une forte fièvre s’empare des ménages. Que l’on soit du Nord ou du Sud, de Casablanca ou de Fès, de classe pauvre, moyenne ou aisée, le souci est le même. Les tables sont tellement garnies qu’elles font tourner la tête. Elles abondent  de nourriture. On y trouve de tout: Viennoiseries,  dattes, “briouates”, pain, œufs, “Rgaifs”, “baghrir”, “Hrira”, fromages, lait, café et... poisson. Alors que notre corps n’a pas besoin de tout cet arsenal d’alimentation. En atteste le flux de clients qui s’est déversé à Marjane le premier jour du mois sacré. Les files d’attente devant les caisses étaient tellement longues que certains clients se sont résignés à abandonner leur caddie, plein à craquer.  Cette attitude de consommation excessive est une aubaine qui n’échappe pas à certains marchands, qui se transforment, l’espace d’un mois, en particulier les premiers jours, en véritables spéculateurs faisant fi de la loi. Le fait que l’on consomme pratiquement la même chose (du moins pour les mets de base ou traditionnels qui ornent quotidiennement la table) au même moment, les prix peuvent flamber sans ménagement. La hausse touche des produits aussi prisés que la tomate, le persil, le céleri…, au grand dam des inconditionnels de la “harira”. Cette année encore, cette règle se confirme, même si le marché est suffisamment approvisionné en viandes blanches et rouges, en œufs, en légumes surtout en tomates, en dattes et figues, en légumineuses, en lait...,
A titre indicatif, dans les marchés du quartier populaire, pendant longtemps, les tomates coûtaient entre 3 et 4 dhs, dès le premier jour du ramadan, il a quasiment doublé. Le prix de la tomate a atteint 7 dhs, pour arriver à 8 dhs, deux jours plus tard. Actuellement il se situe entre 8 et 5 dhs. Alors pourquoi une si grande différence pour un produit de même qualité. Certes, le marché est régi depuis 2001 par la loi de la concurrence qui permet une liberté des prix, mais cette loi, n’est malheureusement pas appliquée à bon escient. Il est à rappeler que le Maroc a adopté la loi 6-99 sur la liberté des prix et de la concurrence, en vue de  moderniser l’environnement juridique et institutionnel du marché marocain. L’affichage des prix et l’étiquetage font partie des dispositions de la loi 6-99. L’objectif étant d’arriver à des relations commerciales fondées sur la  transparence, la non-discrimination et la loyauté, alors que sur le terrain les choses se passent autrement.
Chaque année, les responsables concernés promettent aux citoyens le maintien des prix à leur niveau habituel, mais dans les faits, cette promesse n’est jamais tenue. La ruée vers certains produits y est pour beaucoup. Et puis, l’affichage des prix, en dépit de la loi sus-citée, n’est pas partout de mise. A l’exception des grandes surfaces et quelques superettes, les prix sont rarement affichés. Le consommateur  se sent arnaqué lorsqu’il achète un kilo de grenadine à 8 dhs chez un marchand de légumes dans un marché formel, et le trouve 50 m plus loin, dans ce même marché chez quelqu’un d’autre, à 4 dhs. C’est dire que les prix sont appliqués selon la tête du client. Cette situation ne semble pas réellement interpeller les responsables anti-fraude. S’il est vrai que comme tous les ans pendant le mois de Ramadan la wilaya de Casablanca a mis en place des numéros téléphoniques avec des cellules de permanence pour les réclamations (hygiène, non affichage des prix, hausse illicite des prix, balances truquées…), au niveau de toutes les Préfectures d’arrondissements et provinces de la Région du Grand Casablanca, depuis le début du mois sacré et bien  avant d’ailleurs, aucune descente n’a été constatée et quand bien même cela serait le cas, aucune mesure répressive n’a été observée. Les mauvaises habitudes sont toujours de mise, dans les marchés de la métropole. Peu de prix affichés, des prix tellement différents d’un endroit et d’un marchand à un autre qu’il est difficile de savoir ou acheter. Les marchands ambulants n’échappent pas à la règle. Ils vendent leurs produits selon la tête du client. C’est ce qui expliquerait la ruée des consommateurs vers les grandes surfaces où les prix sont affichés et partant sont les mêmes pour tous les clients. En achetant à Acima, Marjane, Metro…, le consommateur se sent relativement confiant, dans ce sens où il n’est pas arnaqué. “ Dans le contexte de la liberté des prix, le consommateur a une responsabilité reconnue dans la perfectibilité de la concurrence. C’est par son comportement d’acheteur averti et rationnel que le consommateur amènera les professionnels à respecter l’éthique de la concurrence.  Il peut par ses exigences vigilantes, par sa réactivité à tout dysfonctionnement, donner la plus grande efficacité aux dispositions conçues en sa faveur et saisir la justice lorsque celles-ci ne sont pas respectées. ” dixit Rachid Baina, l’ancien directeur des Prix et de la Concurrence (Ministère des Affaires générales et économiques). De plus les consommateurs doivent rester vigilants lors de leurs achats du point de vue hygiène. Le cas de l’intoxication dont fut victime une famille à Sidi Bernoussi après avoir consommé des croissants fourrés est plutôt révélateur du travail des unités de contrôle. L’Article 16 de la loi n°13.83 relative à la répression des fraudes sur les marchandises et la Loi n°17.88 relative à l’Indication de la durée de validité sur les conserves et assimilés et les boissons conditionnées destinées à la consommation humaine ou animale, un certain nombre de mentions obligatoires pour l’étiquetage (dénomination de vente, liste des ingrédients, date de durabilité minimale ou de limite de consommation, conditions de conservation et d’utilisation...), n’est pas appliquée à tous. Si on exclut les grandes surfaces, les superettes structurées, tout le commerce informel, les produits de la contrebande, le vrac, n’obéissent pas à cette loi. 
Ceci étant, si l’effervescence des produits alimentaires et une consommation abondante sont des signes de dynamique et de richesse du marché, les bourses des ménages sont  écrasées par une consommation excessive d’une part et la cherté des denrées alimentaires d’autre part. Pour les inconditionnels du poisson à l’heure du ftour, il faut compter entre 50 et 70 dhs pour un Kilo de merlan, 60 et 80 dhs le kilo de crevettes, 90 et 100 dhs le kilo de calmar, et 10 dhs pour le kilo de sardine. Le kilo de viande est vendu entre 63 et 65 Dhs/kilo. Les fruits sont relativement chers pour un ménage moyen. Il faut compter entre 20 et 25 dhs/kilo de pommes de bonne qualité, 11 dhs pour un kilo de prunes noire, entre 15 et 20 dhs pour un kilo de citron, les oranges sont comptées entre 6 et 8 dhs, alors que la mandarine est vendue à près de 10Dhs…, un kilo de grenadine est vendu environ 9 Dhs … C’est dire que le panier de la ménagère revient trop cher par rapport à un revenu très faible. Les prix ne cessent d’augmenter alors que les salaires ne suivent pas. Quand on sait qu’en milieu rural, le citoyen marocain dispose de 15Dhs/jour par personne dans le milieu rural, où les besoins alimentaires représentent la première préoccupation, on se demande quel niveau de vie peut-on avoir et à quoi peut-on réellement accéder. Le citadin n’est pas mieux loti que le rural. Certes, il dépense quasiment deux fois plus que le premier, mais avec 23/dhs, soit une moyenne de 690 Dhs/ mois. Ainsi on notera avec regret que plus de la moitié de la population a une dépense qui n’excède pas ou qui est en dessous de la moyenne nationale et que le fossé entre les classes sociales ne cesse de s’élargir. Ce n’est d’ailleurs pas surprenant que les ménages s’endettent de manière surdimensionnée durant le mois sacré qui est en réalité un mois de recueillement et de spiritualité et non un festival de bouffe. 

L.Ouazry


Service de contrôle à Casablanca

En cas de manquement au respect des conditions d’hygiène, non affichage des prix, hausse illicite des prix, balances truquées et toute escroquerie …, n’hésitez pas à appeler les n° de téléphone suivants, un comité des services du contrôle économique se déplacera sur place pour contrôle et prendra les mesures nécessaires :
- CASABLANCAANFA : 022.20.48.72
- EL FIDA  MERS SULTAN : 022 81.99.70/74
- AIN SEBAA HAY MOHAMMADI : 022 35.22.40/47 
- SIDI BERNOUSSI : 022 73.21.56/53/58
- MOULAY RACHID : 022 55.66.00
- BEN M’SICK : 022 38.38.38/48 poste 26
- AIN CHOCK : 022 58.08.13/19/30
- HAY HASSANI : 022 90.12.12 poste 197
- PREFECTURE MOHAMMADIA : 023 32.41.80/81
- PROVINCE MEDIOUNA : 022 33.19.61/57.19.10
- PROVINCE NOUACEUR : 022 59.02.87/88 poste 233



 

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