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Des aliments supplémentés pour lutter contre les carences Santé

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Près de 22% des enfants âgés de 6 à 12 ans présentent un goitre, 42% âgés entre 6 mois et 6 ans souffrent d’ une carence en vitamines A dans certaines régions, et 2,5% des enfants de moins de deux ans sont rachitiques. Des chiffres, plutôt inquiétants qui ne  laissent pas indifférent le ministère de la Santé. En effet, un plan de lutte contre les troubles dus aux carences en micro nutriments est lancé à l’initiative du ministère de la Santé, en collaboration avec certains partenaires privés. Ce plan a pour fin d’enrichir certains produits à la base de la consommation quotidienne de l’écrasante majorité des Marocains. L’objectif étant de combattre le déficit en micro-nutriments, en supplémentant certains aliments et par conséquent prévenir un bon nombre de maladies, qui peuvent avoir de lourdes conséquences en terme de santé pour le sujet mais également en terme de coût pour la Santé publique. Sachant que l’alimentation peut être à l’origine de nombreuses maladies cliniques. «Les maladies cardio-vasculaires (avec un taux élevé de cholestérol et de triglycérides), le cancer, l’ostéoporose, l’obésité sont directement liées à l’alimentation», a déclaré le Dr. Borys, médecin chercheur en endocrinologie-nutrition au centre Kennedy en France, lors d’un colloque organisé  vendredi dernier à Casablanca par la Fondation Centrale Laitière-Danone, sous le thème de «Alimentation et Santé : cas des produits laitiers».
A ce titre, outre le sel iodé, déjà commercialisé, d’autres aliments suivront. Dans ce sens, une convention avec une dizaine de minotiers a été scellée pour la production d’une farine enrichie. C’est également le cas du lait. Sachant que la Centrale laitière fournit près de 60% de la production nationale et 75% de produits laitiers frais. Cette entreprise investit, en permanence, pour améliorer la qualité de ses produits. D’où l’action menée par la Fondation Centrale Laitière-Danone, en vue d’une d’un  comportement alimentaire sain, en améliorant les habitudes alimentaires des Marocains.   Pour ce faire, elle vise les écoles, convaincue que les enfants peuvent inciter  leur parents à s’en tenir à une hygiène alimentaire saine. Dans ce sens, une première campagne relative aux produits laitiers et leurs dérivés a été lancée en octobre dernier. Elle sera complétée par une seconde campagne prévue à partir du 26 mai . L’objectif étant la sensibilisation à une meilleure éducation alimentaire.
Par ailleurs, il est à noter que l’accent a été mis lors de ce séminaire sur l’importance du lait comme aliment complexe (protéines, vitamines, minéraux, eaux ...). «C’est une source noble de protéines animales, de macro et micro-nutriments», a souligné le Pr. Kouniba, responsable du département de Génie des Procédés et de Technologie Alimentaire à l’IAV. D’où la place qu’occupe le lait dans l’alimentation de l’enfant, grâce à ses avantages nutritionnels. Il s’agit d’un aliment complet nécessaire au développement, à la croissance et à la maturation des enfants de 0 à 18 ans,  comme l’a signifié le Pr. Thimo Izga, pédiatre-nutritionniste : «En raison de sa haute valeur nutritive, le lait est comparable avec la viande. C’est une protéine de référence.» Il présente, de surcroît, une forte teneur en calcium, une concentration de lactose (permettant une meilleure absorption intestinale), mais aussi de vitamines B et A. De ce fait, la sensibilisation des parents, du personnel de la santé et des enfants eux-mêmes, à travers des cours diététiques dans le programme de l’éducation nationale, sur la place qu’occupe l’importance du lait dans le régime alimentaire de l’enfant, en vue d’une alimentation saine et équilibrée est nécessaire. Et ce à travers des multipartenariats publics privés.
Par ailleurs, la question de sécurité des aliments a également été soulevée lors de ce séminaire. Le colportage étant une voie parallèle de commercialisation du lait, les risques pour des contaminations collectives n’est pas exclu. D’où l’importance de rationaliser cette donne. «La sécurité alimentaire , c’est toute la chaîne de production du début à la fin, avec une traçabilité qui permet de repérer le moindre problème, le cas échéant et de réagir, là où il faut et rapidement»  a dit J.F. Molle, consultant en réglementation et gestion de crise. Selon lui, si la sécurité alimentaire n’a jamais atteint le niveau actuel, le consommateur en revanche n’a jamais été aussi inquiet. Ses attentes sont de plus en plus sophistiquées, exigeant des informations sur l’origine, la qualité, la traçabilité... En témoignent les crises qu’a connues ces dernières années le secteur de l’alimentaire (dioxine, vache folle, OGM...). Si ceci est vrai dans le contexte français, ce n’est pas le cas au Maroc. Seule une minorité de consommateurs est consciente de ces éléments, d’où l’importance d’une éducation globale de comportement alimentaire.

L. Ouazry



 

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