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Une industrie du disque au Maroc ?

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Platinium Music, boîte de production installée récemment au Maroc, a élaboré une stratégie pour promouvoir la scène musicale marocaine et permettre aux musiciens et chanteurs de bénéficier d’un encadrement professionnel. Lors de la conférence donnée le 06 juillet dernier à l’occasion de son premier anniversaire, la boîte a fait part aux journalistes du bilan de sa première année, des projets réalisés, artistes produits mais aussi des problèmes rencontrés, qui sont nombreux d’ailleurs mais dont le plus évident et grave est le piratage. En effet, une étude menée en Février 2005 par le ministère de la communication, le BSA (Business Software Alliance) et la FIIP (Fédération Internationale de l’Industrie Phonographique) montre que le taux de piratage est en continuelle évolution; ainsi, ce taux est-il passé de 95% en 2002 à 98% en 2005 en ce qui concerne les cassettes audio, et a atteint 99% en ce qui concerne les Cd’s !
Platinium avait prévu toute une politique pour aborder ce marché anarchique qu’est le marché musical marocain et s’était fixé plusieurs objectifs qui consistent dans le développement du catalogue musical, du réseau de distribution et d’une tactique de lutte contre le piratage. Mais a-t-elle vraiment tenu ses promesses ? Y a-t-il eu du changement depuis l’installation de ce label confirmé au Maroc ?
En une année d’activité, la boîte n’a malheureusement pas fait grand-chose. A part la revisite de classiques du répertoire marocain, tels que Nass El Ghiwane ou Malek, il n’ y a eu que de la musique commerciale avec la production d’artistes venus de nulle part et qui n’ont aucun public. Pourtant ce n’est pas les talents qui manquent ! Le Boulevard des Jeunes Musiciens  révèle d’année en année des dizaines de groupes appréciés par les jeunes et ayant, eux, un public réel. A part H-Kayne, groupe de rap meknassi très en vogue, aucun de ces groupes n’a été contacté.
Grande déception parmi les musiciens de la scène underground qui voyaient en cette boite un nouveau souffle et un espoir pour faire revivre le monde de la musique au Maroc.

Les premiers pas de Sigma  

Sigma technologies, entreprise spécialisée dans la post-production, la publicité et le cinéma, se dirige depuis quelques années vers la musique. Ça a débuté par une collaboration avec le Festival des musiques Gnawa d’Essaouira qui a abouti à l’enregistrement et la commercialisation de compils du festival, puis, depuis 4 ans déjà, un partenariat avec le Boulevard des Jeunes Musiciens. “  La collaboration avec Sigma va apporter beaucoup de nouvelles choses au BJM, en plus des compétences humaines et des moyens techniques, l’équipe qui travaille avec le boulevard est très motivée ” commente Hicham Bahou, co-organisateur du BJM.
Sigma met surtout l’accent sur la musique underground, elle a déjà produit un album et un clip de Barry & Oum.
D’autres projets sont en cours, dont la réalisation et la production d’un documentaire sur les groupes du Boulevard Des Jeunes Musiciens.
Le travail qu’effectuent ces deux entités pour la promotion de la scène musicale marocaine est louable en soi mais reste loin, très loin de satisfaire les attentes d’une jeune génération avide de musique. Espérons que Sigma ne reprendra pas les erreurs de Platinium et tiendra compte des goûts du public.

L.R.



 

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