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Mohammedia : Fédala privée de son festival des fleurs

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Les germes du Fedala Festival floral, n’ont pas... germé.   Le festival tant attendu de l’été 2005 n’a pas eu lieu. Grande déception dans le rang des habitants et des responsables de la ville. L’ambition de voir Mohammedia renouer avec son passé glorieux  de cité des fleurs s’est évaporée. L’idée qui a prévalu depuis près d’une année, dans l’esprit de quelques responsables de la ville à l’occasion du 400 ème anniversaire des relations du Maroc avec les Pays-Bas, a fini par prendre effet (en tout cas sur le papier), avant d’être avortée en si bon chemin. Les choses semblaient bien avancer, les dates fixées, les programmes établis, la campagne de communication élaborée, les sponsors démarchés…, tout avait l’air de marcher sur du velours.  Mohammedia, allait enfin accueillir un événement grandiose, à la hauteur de ses ambitions. Les autorités de la ville, ses habitants, et ses touristes allaient vivre, du 15 au 31 juillet un festival sublime de par la beauté des fleurs, la variété des couleurs, la verdure des espaces (créés spécialement pour cette occasion), conjugués à des spectacles de chants et de danses de haute facture et, cerise sur le gâteau, toutes les femmes de la ville allaient recevoir chez elle une rose -n’est-ce pas génial ?- La ville promettait de se transformer en fine fleur bercée par la brise de mer, en ce mois de juillet caniculaire. “ Un immense spectacle avec 16 montgolfières en provenance de la Hollande, marquera la grande ouverture du festival. Les grands ballons  voleront au dessus  de la ville de Mohammedia transformant le soir en un grandiose night Glow Show. ” pouvait-on lire dans le dossier du festival.
Ainsi, on attendait passionnément un événement qui allait redonner vie à une ville pratiquement oubliée, où il ne se passe quasiment plus rien. Contrairement aux autres villes du Royaume, Mohammedia n’a aucune activité culturelle, à même d’animer la ville, d’attirer des touristes, alors qu’elle dispose de tous les atouts pour être un joyau touristique (plages, forêts, cascades, palmiers…). Si en été, la ville est envahie par des touristes en mal de fraîcheur, qui une fois la nuit tombée,  ne trouvent aucune attraction, et se ruent tous sur Casablanca ou Bouznika, pour passer des soirées enflammées, en hiver, Mohammedia se transforme en ville dortoir où il ne se passe rien, à 20h00, c’est le couvre-feu. Même les deux hôtels qui représentaient une fierté de  Fedala, sont fermés depuis des années, offrant un spectacle désolant à ceux qui connaissaient le passé glorieux de la ville.  Avec l’annonce du festival des fleurs, un espoir a émergé dans le rang des adorateurs de cette ville, mais ce n’était qu’illusion.  Le Fedala Festival Floral, n’a jamais eu lieu, le départ du gouverneur, à l’origine de cette idée, quelques jours avant la tenue de l’événement a sans doute influencé le cours de l’organisation, et tout le festival a fini par sauter, s’évaporer, on n’en a plus entendu parler, plus un mot, aucune explication. C’est dommage pour la cité des fleurs. Située sur la côte atlantique entre les capitales administrative et économique, à 25 kilomètres de l’aéroport Mohamed V, Mohammedia, est une ville agréable à vivre ou du moins elle le fut. Ceux qui méconnaissent son histoire et ses années de gloire, ont souvent tendance à la prendre pour un appendice de Casablanca, mais la ville a sa propre identité qui en fait une ville originale. Une casbah qui date du 18ème siècle, un casino qui drainait de grandes personnalités nationales et étrangères, deux établissements qui comptaient parmi les fleurons de l’hôtellerie à l’échelle internationale, ainsi qu’un port où se déroulaient d’importants négoces à partir du 14ème et 15ème siècle, sans omettre la place qu’elle a occupé dans l’histoire contemporaine du Maroc. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que cette ville a été si chère à SAR Feu Le Prince Moulay Abdellah.

Leila Ouazry



 

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