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Libre tribune : Un parti politique, pour quoi faire ?

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Qu’est ce qui motive la création d’un parti politique? Sur le principe, un consensus autour d’une idéologie, un intérêt, un objectif commun..., véhiculés par une élite active tirant sa légitimité d’une masse représentative de la tendance en question... Peu importe la ligne directrice du mouvement, du moment qu’elle a une assise populaire qui justifie sa présence. Le parti peut être conservateur, républicain, socialiste, travailliste, démocrate, radical, fasciste... L’élément proéminent est qu’il soit réellement porteur d’idées, de doléances et de vision d’une frange donnée de la population.
Sur le fond c’est cela et c’est ce qui fait, en principe toujours, que chacun de nous, à défaut de militantisme ou d’adhésion effective et active à une entité politique, se retrouve proche de tel ou tel mouvement, parce qu’il partage ces idéaux, parce que, séduit par un orateur aux mots percutants, ou même en réaction à une force en présence.
Ceci dit, l’adhésion partisane aujourd’hui, dans un Maroc très hétéroclite, n’est pas systématiquement politique ou idéologique. C’est une sélection par élimination dans un paysage qui offre peu de choix de qualité ; même avec le nombre imposant de partis (électoraux il faut le préciser) en place. Les partis politiques qui ne se sont pas renouvelés dans leur structure, dans leur approche et moins encore mis au diapason de la population qu’ils sont sensés représenter.
Chez nous et pour revenir en arrière, quelques formations politiques ont milité et se sont battues pour un Maroc de droit, de liberté, de démocratie, de justice et de dignité. Leur militantisme, dans des circonstances bien particulières de l’histoire de notre pays, a pris le pas sur leur idéologie qui a été reléguée à un second degré. Une lecture honnête et fidèle de l’histoire leur confère inévitablement un statut de partis qui ont œuvré (avec d’autres acteurs sociaux) à faire de notre pays ce qu’il est actuellement... Aujourd’hui, ce passé n’est plus “ vendeur ”. La légitimité historique, si elle contribue certes à apporter certaines garanties sur la bonne foi du parti et son “ état civil ”, n’apporte pas systématiquement l’assurance nécessaire quant à la réussite d’un projet sociétal.
D’autres partis ne représentent qu’eux-mêmes. Ils n’ont aucune action sur la scène politique, sociale ou “ culturelle ”.Ils ne sont mêmes pas pourvoyeurs d’idées et donc même pas créateurs d’une dynamique de débats..., et c’est grave dans une logique partisane.
Devant un citoyen fuyant, désintéressé et exigeant, les partis politiques doivent se faire voix du peuple, aller à sa rencontre pour essayer de construire ensemble une réplique réussie de ce que doit être un parti politique du 21ème  siècle.
Le rajeunissement des cadres, l’élargissement de la base, le formatage des principes et idéaux sont des chantiers d’urgence. Mettre des ponts de liaison dans le fossé qui sépare les partis politiques de leur supposée base est une nécessité de survie. Gérer un parti politique en faisant appel aux outils de gestion, de contrôle et de communication est un garant futur de la réussite et du développement du parti..., faire de la politique, c’est cela finalement, autrement il vaut mieux  partir et libérer la place.
Au pire, cela nous fera plus d’espace pour circuler et d’air frais à respirer. Au mieux, d’autres idées et forces naîtront pour aider au développement de ce pays..., pour que la création d’un parti politique ne soit plus une simple nécessité électorale, mais réellement dictée par la réalisation d’un projet commun de développement.

Adil Ouatik



 

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