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Productivité : Horaire continu, la vigilance s’impose !

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Publier le : July 14, 2005

Mise à niveau de l’administration, optimisation de la gouvernance locale ou  modernisation de la gestion publique, sont autant de termes qui reviennent ici et là depuis pas mal de temps déjà. Mais le citoyen lambda mesure-t-il le sens de tels concepts et quelles en sont les répercussions sur son quotidien et son rapport à l’administration ? On parle abondamment de modernisation ou de mise à niveau  de l’administration. Toutefois, sur le terrain, malgré les discours, les choses ne semblent pas avoir bougé d’un iota. Nos administrations affichent un manque de développement consternant.
Après la nouvelle charte communale, l’horaire continu est venu conforter les mesures prises dans cette optique de modernisation. Le but étant une optimisation des moyens techniques, humains, financiers, et institutionnels d’un Etat. A partir de là, on peut avancer que l’adoption du système de l’horaire continu, en vigueur depuis le 4 juillet dernier est une excellente initiative en soi, tant elle vise la mise en place d’un nouveau concept de gestion du temps au sein de l’Administration marocaine, qui s’avère un levier stratégique d’une bonne  gouvernance locale, d’une gestion publique moderne. Outre l’optimisation du facteur temps, le système de l’horaire continu permettra indéniablement une  réduction des dépenses énergétiques, l’amélioration de la circulation et la régression des embouteillages dans les villes et une réduction des frais quotidiens relatifs au transport des fonctionnaires. Il permettra  également la promotion du secteur des services (la restauration collective). Mais force est de constater que d’aucuns ne voient pas cette initiative du même œil. Les plus pessimistes estiment que c’est un horaire qui est inadapté au mode de vie des Marocains et par conséquent, on aurait du mal à s’y habituer. Ce qui est complètement faux. Lorsqu’un salarié ou un fonctionnaire quitte son bureau pour aller manger, cela lui prend au moins une heure. Il arrive à la maison vers 13h, pour la quitter à 13h30, contraintes du transport en commun oblige. Ce qui fait qu’il passe en tout et pour tout trente minutes à la maison, donc l’idée de la sieste que certains brandissent tombent. Pour les maîtresses de maison, c’est clair également que ce n’est pas en rentrant à midi qu’elles préparent le repas. D’où un marché d’aides ménagères de plus en plus florissant. D’ailleurs, plusieurs entreprises du secteur privé, notamment les multinationales, pratiquent l’horaire continu et les salariés ne se plaignent point de leurs horaires (8h30/17h30). “ Je travaille à Lissasfa et j’habite au Belvédère, il me faut trois quarts d’heure par voiture pour arriver chez moi, donc c’est clair que cet horaire m’arrange. ”
Certes, on ne verra pas les enfants tout au long de la journée et c’est là où les récalcitrants  ont peut-être raison. L’inadaptation de l’horaire administratif à celui des écoles, et le manque de cantines dans les administrations, sont deux facteurs qu’il faudrait incessamment revoir.

Accompagner la réforme

Selon M. Boussaïd, qui estime que l’horaire continu est l’un des piliers de l’amélioration de la qualité des prestations des services publics et de la rationalisation des dépenses. Ces mesures sont envisagées, mais cela nécessitera un peu de temps. Certes, il aurait été plus judicieux de travailler en amont et en aval, en menant une réflexion globale qui permettrait de lancer ce système sur de solides bases. Ceci étant, il ne faudrait pas non plus être négatif et étouffer la réforme dans l’œuf. C’est un point de départ, nécessaire pour toute transition, mais cela ne veut pas dire qu’il faudrait s’arrêter à ce niveau.  Si l’on veut réellement avoir une administration moderne, efficace et démocrate. Il est important d’instituer une nouvelle culture du travail administratif. Le succès de cette expérience ne peut être garanti que si elle est accompagnée de mesures à la hauteur de cette initiative. Si les fonctionnaires n’adhèrent pas à cet esprit d’optimisation du temps, les choses ne seront pas très différentes de ce qu’elles sont aujourd’hui. L’obligation du respect par les fonctionnaires des horaires du travail, à travers un contrôle permanent et improvisé accompagné de sanctions sévères, permettrait sans doute un meilleur retour de la part des fonctionnaires. De plus une culture de l’évaluation des performances et des résultats, quasi-absente actuellement, ainsi qu’une gestion adaptée des ressources humaines pourraient motiver les fonctionnaires à donner le meilleur d’eux-mêmes.  Tout comme l’organisation de permanences au sein des administrations en relation directe avec les citoyens, est indispensable pour un service de qualité. Malheureusement, à ce jour, rien ne semble entrepris dans ce sens (Nous avons contacté trois administrations aux alentours de 13h, aucun standard n’a branché.). Partant, il est impératif de développer une nouvelle vision au sein de l’administration, capable de changer les mauvaises habitudes installées depuis des lustres, en vue de tirer le meilleur de ce nouveau système. L’Etat doit jouer, jusqu’au bout, son rôle de stratège, de régulateur et stimulateur. Autrement, on ira droit vers le mur, car il n’est un secret pour personne que notre administration souffre d’un déficit en termes de développement, de modernisation, voire de démocratisation. Aujourd’hui, nous avons besoin d’une administration managériale et citoyenne axée autour des mécanismes du management moderne, dans un rude contexte de compétitivité, ainsi que de nouveaux modes d’amélioration des rapports administration/usagers et d’humanisation des comportements administratifs.

Leila Ouazry

Témoignage

Mme H. Baâmarani est salariée à l’ONCF depuis près d’une quinzaine d’années. Mère d’un garçon de sept ans, la jeune femme estime que l’horaire continu, pratiqué par l’Office depuis près de deux décennies est une excellente chose. “ Cet horaire (7h/15h) me permet de concilier entre ma vie de famille et ma carrière. Il me laisse une grande marge pour faire, mes courses, m’occuper de ma maison, et de mon enfant. Tout comme il me permet d’avancer dans ma carrière, à chaque fois que je dois gravir un échelon, je dois obligatoirement passer des examens, et grâce à cet horaire, je dispose du temps nécéssaire pour préparer mes examens. J’ai réussi à mettre mon enfant dans une école qui pratique un horaire relativement similaire au mien (8h30/16h).  Je suis sûre que les mamans seront ravies de cet horaire, il suffit juste qu’elles s’organisent. Cela fait deux déplacements de moins par jour. Ce qui équivaut à un gain de  temps appréciable, c’est aussi une économie d’énergie notable à double titre. Puisque ça nous évite les embouteillages de 12h/14h, et du coup nos nerfs sont ménagés du stress que cela provoque, tout comme cela nous permet d’économiser en carburant. Ce qui n’est pas négligeable. D’ailleurs, en cette période d’été, je peux me permettre d’emmener mon gosse à la piscine ou la plage, après le travail...



 

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