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Incendie de Ras El Ma : Non à l’impunité !

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Publier le : July 21, 2005

Scandaleux, le terme est plutôt édulcoré par rapport à la portée du drame.  Huit fillettes ont péri dans l’incendie qui s’est déclenché  dans la nuit du vendredi 15 au samedi 16 juillet, à Ras El Ma. C’était la dernière nuit que les enfants devaient passer en colonie de vacances avant de regagner le cocon familial dans la journée du samedi. Ce fut justement l’ultime nuit que six petites filles allaient passer dans le monde des vivants. Brûlées vives, elles ont dû souffrir intensément avant de rendre l’âme. A qui incombe la responsabilité, et pourquoi n’a-t-on pas pu les secourir? A tous. De la monitrice en charge de la tente où s’est déclaré l’incendie, aux responsables concernés  du Secrétariat d’Etat chargé de la jeunesse, en passant par la direction de la colonie de vacances, de l’association, Etc. Tous doivent payer pour leur irresponsabilité. Ces parents qui ont confié leur chair à cette association, l’ont fait en toute quiétude, ne se doutant pas un seul instant que cette structure n’était pas digne de confiance. Il s’agit d’une structure qui dépend d’une institution, et de ce fait, elle est régie par des normes sensées assurer la protection et la sécurité des enfants. Le Secrétariat d’Etat est responsable de cet incident de par la convention qui le lie à l’association Hassania Yacoub Al Mansour de Rabat. Le département de M. El Gahs est donc responsable autant que l’association. Il ne suffit pas de signer une convention sur papier, mais de vérifier comment les choses se passent en réalité, d’auditer les associations avant de se lancer, ou du moins d’effectuer des contrôles improvisés dans telle ou telle colonie. Or, combien de fois les responsables de ce département ministériel se sont-ils déplacés dans une colonie de vacances pour s’enquérir des conditions dans lesquelles se déroule cette opération d’estivage. Autrement, on se serait rendu compte de certains dysfonctionnements. Peut-être qu’une visite surprise du Souverain, aurait été une opportunité pour s’en apercevoir comme ce fut le cas de la maison de bienfaisance d’Ain Chock...
Comment peut-on laisser des enfants seuls et comment peut-on permettre l’usage de bougies sachant tout le danger que cela représente. “ Les bougies sont utilisées faute d’électricité. On coupe l’électricité dans cette localité à partir de 23h45 mn.  Aussi est-il tout à fait normal d’avoir recours aux bougies pour éclairer le chemin des enfants souhaitant satisfaire leur besoins pendant la nuit.”, argue un militant associatif. Ce n’est pas plus le fait de tirer sur des ambulances que le fait de demander des comptes à qui de droit, qui nous incombe.  Cela se serait passé sous d’autres cieux, le responsable chargé du secteur des colonies de vacances aurait présenté sa démission, sinon on l’aurait exigée, alors que chez nous, on se contente de dépêcher une commission sur les lieux de l’incident. Il est question d’un accident aussi dramatique que grave. Dramatique, en particulier pour les familles des défunts, pour qui rien au monde ne saurait remplacer les disparues. Et il est grave de par cette nonchalance manifestée à tous les niveaux dans l’exercice des fonctions de chacun. Nous estimons que la responsabilité civile de l’Etat à travers le département chargé de la jeunesse est pleinement engagée. L’impunité doit cesser pour que les gens assument leurs responsabilités comme il se doit. Si chacun s’acquittait convenablement de sa tâche, ce genre de drame ne se serait jamais produit.
Certes les accidents  arrivent, l’erreur aussi, mais c’est de vie humaine dont il est question. Il nous incombe de dénoncer haut et fort ce genre de laxisme dont le prix payé a été trop lourd.   

L.Ouazry



 

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