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Droits des enfants : L’exploitation est toujours de mise

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Célébrée le 12 juin, la Journée mondiale contre le travail des enfants a mis le focus sur le travail des enfants dans les mines et les carrières. “ Ces “petits mineurs” sont le plus souvent exploités, particulièrement dans des pays en développement, dans les mines artisanales et les petites exploitations minières. ” Quelque 246 millions d’enfants sont exploités de par le monde. Les derniers chiffres publiés par l’Organisation internationale du travail (OIT),  montrent que plus de 100 millions d’entre eux n’ont accès à aucun enseignement.
Au Maroc, le nombre des enfants âgés de 7 à 14 ans qui travaillent est estimé à 600 000. Dans son ouvrage “ L’Exploitation de l’Innocence ”, fruit d’une décennie de réflexions sur le travail des enfants, le Dr Chakib Guessous, explique que les enfants ne sont pas employés dans les mêmes secteurs d’activité que les adultes. “Le secteur agriculture, forêts et pêches occupe près d’un enfant actif sur trois. En milieu rural cette proportion est la plus importante, intéressant près de 9 enfants sur 10. La part des garçons dans ces activités est légèrement plus élevée que celle des filles. L’industrie du Textile vient en seconde position et occupe près d’un enfant sur dix. Les proportions les plus élevées sont retrouvées chez les citadins..., le commerce et les réparations qui occupent 8,6% des enfants..., les services domestiques intéressent 6,6% des enfants et concernent exclusivement la petite fille”.
Ceci étant, au Maroc, on devrait peut-être davantage, mettre l’accent sur le travail des petites bonnes. Certes, le travail des garçons est aussi inquiétant que celui des filles, d’ailleurs les chiffres dans les rangs des garçons est plus important que dans celui des filles, mais lorsqu’on sait que le travail des filles engendre une série d’autres problèmes qui gangrènent notre société, à leur tête, le phénomène des mères-célibataires, qui pour sa part est à l’origine d’un tas de dysfonctionnements, cela nous inquiète doublement.  Lorsqu’une mioche est envoyée faire l’esclave en milieu urbain et qu’on (ses parents, le “ semsar ”, la famille d’esclavagistes qui l’accueille) lui refuse son droit inaliénable à l’éducation -sensée être dispensée  sur des bancs d’école-, son itinéraire est, en général, tout tracé : esclavage - grossesse extra-conjugale - prostitution (pour financer l’IVG ou pour subvenir aux besoins de son “ rescapé ”).

La loi n’est pas appliquée

Pour combattre et circonscrire le fléau du travail des enfants, il faut commencer par insister sur  la loi sur la scolarisation obligatoire, auprès des employeurs d’enfants en milieux urbain et rural, en faisant connaître cette loi, d’abord, et en l’appliquant ensuite. Il faut sanctionner pénalement tous ceux, parents ou employeurs, qui osent aller outre. Ce n’est qu’ainsi qu’on pourra être sûr que le fléau ira en diminuant. En France, des parents qui n’envoient pas leur rejeton à l’école ou qui lui volent ses plus belles années en le forçant à intégrer, avant l’âge de 16 ans, la vie active, sont passibles d’une peine d’emprisonnement sévère. Telle est, peut-être, la solution pour en finir, une bonne fois pour toutes, avec le travail des enfants et grossir les rangs des écoliers en milieu rural. Car il est insensé que des enfants continuent de trimer, pour deux sous,  au vu et au su de tout le monde, comme si cela était tout à fait normal. Il nous incombe , en tant que citoyens, de dénoncer cette situation, car nos enfants ont droit à l’éducation, à la santé, à l’affection, au jeu…, et nous en sommes tous responsables.
Ceci dit, on doit également être capables de trouver des mesures de compensations qui motiveraient ces familles à envoyer leurs enfants à l’école au lieu de les envoyer dans un champ, un garage, une tannerie, un atelier d’artisanat …, car il ne faut pas, non plus, se voiler la face, la pauvreté est à l’origine de ce malaise. Pour le Dr Chakib Guessous, les causes qui les poussent à travailler sont multiples mais il distingue trois grandes raisons: la pauvreté, l’absence d’une éducation adaptée et la tradition. A partir de là, le département de Mme Yasmina Baddou, devrait multiplier d’efforts, pour voir le taux des enfants exploités diminués. Car, comme l’explique Dr. Guessous, les répercussions négatives se reflètent non seulement au niveau du développement physique, psychique ou psycho-affectif mais aussi au niveau socio-économique. Pour lui, en raison de la non ou de la faible scolarisation, arrivé à l’âge adulte, le jeune actif ne pourra prétendre qu’à une activité sans qualification et il se perpétuera ainsi dans la pauvreté d’une génération à une autre.

L. Ouazry



 

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