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Tourisme : Grand Sud insolite

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Mirleft, Fort Bou-Jerif, Guelmim, Aoreora …autant de destinations hors des sentiers battus, prisées par les amateurs de tourisme authentique, les baroudeurs ou encore par les surfeurs fanatiques. A 150 Km au sud de Tiznit en direction de Tan-Tan, la petite ville de Guelmim, une des portes du désert, où se bousculaient autrefois les caravanes des “ hommes bleus ”, a aujourd’hui perdu son hégémonie commerciale mais reste néanmoins fréquentée par les nomades. C’est aussi un excellent point de départ pour la découverte des oasis environnantes dont celle de Tighmart, particulièrement pittoresque. Celle-ci compte une centaine de familles qui vivent de cultures maraîchères. A l’ombre des palmiers et des grenadiers, la vie s’écoule paisiblement. Au détour de venelles bordées de hauts murs en pisé percés de lourdes portes en bois, les paysans désherbent leurs petites parcelles irriguées grâce à un ingénieux réseau de petits canaux d’irrigation, et les chèvres déambulent de-ci de-là. Un véritable paradis terrestre !

De Guelmim à Tan-Tan

Par l’intérieur des terres, la route traverse un désert de pierres et de sable dont l’immensité incite à la méditation. A l’ouest du bitume, une vingtaine de kilomètres avant la “ ville rouge ”, une piste relativement aisée mène à l’embouchure de l’oued Draa. Au passage, les conducteurs attentifs croisent l’ancien fort de Tafnidilt et, à quelques encablures, un ksar homonyme surgi de nulle part. En 2000, Guy, hôtelier de métier, tombe amoureux de ce site magique dépourvu d’eau, d’électricité et de tout moyen de communication. Deux ans plus tard, grâce au travail titanesque de cet homme soutenu par une équipe d’une trentaine d’hommes recrutés dans la région, le mirage se mue en un agréable hôtel-campement prêt à accueillir ses premiers hôtes. Autour, une vue grandiose sur le désert et un silence imposant.
Pour rallier Tan-Tan par la côte, il faut du temps, un solide 4 x 4, aimer les cailloux-qui-secouent et le sable. Mirleft et ses superbes plages cernées de falaises abruptes, dont la plus connue est probablement celle du marabout Sidi Mohammed ou Abdallah, est une étape de charme et un véritable havre pour pêcheurs et fans de sports nautiques. Le fort militaire de Tidli, construit en 1935, surplombe le village. En 2001, l’ancienne garnison subit un lifting très réussi et fidèle à l’architecture d’origine grâce à Jean-François Bouquillon, professionnel de la restauration, lui aussi, tombé sous le charme de l’endroit. Sa magnifique maison d’hôtes baptisée “ Les 3 chameaux ”, un pour chacun de ses enfants, est dotée d’une vue magnifique sur l’océan. Le décor est empreint de simplicité et de raffinement, la cuisine saine et délicieuse et le service attentif. Les lieux respirent une quiétude que l’on quitte à regret. Avec ses maisons blanches aux volets bleus un peu décaties, Sidi Ifni est une paisible petite station balnéaire aux relents espagnols. Au-dessus du port, une piste mène à de belles plages, où trônent en solitaires des chalutiers naufragés, puis au petit village de pêcheurs de Ouarzik et à la rivière Assaka. Un peu plus haut, s’élève l’ancien fort Bou-Jerif et sa minuscule place du Général de Gaulle qui prête à sourire. La célèbre plage blanche -pas vraiment blanche d’ailleurs et un peu décevante- bordée par des cordons de dunes superbes s’étend sur une soixantaine de kilomètres de Foum Assaka à Aoreora. Un peu plus loin, l’oued Draa permet de remonter vers Tan-Tan.
Outre les paysages sublimes, le grand sud réserve des rencontres fantastiques avec une population accueillante et des caractères, parfois fantasques, qui ont tous en commun un amour fou pour cette terre isolée et désertique. Pourvu que le plan Azur respecte cette nature et ces hommes et que les hordes de touristes ne brisent pas la magie !

FDD


Tranches de vie

Abdou, conservateur de musée sahraoui
Au cœur de la palmeraie de Tighmart, il y a de cela une vingtaine d’années, Abdou, dont le père était encore caravanier, et son cousin ont commencé à restaurer une magnifique kasbah pour en faire un musée dédié à la culture sahraouie. Avec sa lourde clé de plus de vingt centimètre, le maître des lieux ouvre l’épaisse porte au verrou antique et invite ses hôtes à pénétrer dans un patio arboré avant de les entraîner dans un dédale de petites pièces où abondent outils et objets traditionnels amassés au fil du temps. Avec une fierté non dissimulée, Abdou dévoile ses trésors un à un tels cette ancienne clepsydre pour minuter le temps d’arrosage des villageois, ces surprenants soutiens-gorge pour protéger les mamelles des chamelles des petits trop voraces, ces outres en peau de chèvre ancêtres des frigidaires, ces sacs aux couleurs chatoyantes pour transporter les bagages des jeunes mariées ou ces larges parures en argent. Avec simplicité et érudition, Abdou partage sa passion pour les sahraouis et leur mode de vie. L’espace de la visite, il entraîne ses visiteurs dans un autre monde et ceux-ci de rêver à de longs voyages à dos de dromadaires au travers d’immensités sablonneuses.

Saliha, française devenue musulmane au cœur d’une oasis
Saliha, comme son nom ne l’indique pas, est française. En 2000, cette grande voyageuse, passionnée de culture arabe, étudiant le Coran, quitte le Var pour s’installer à Tighmart où elle mène une vie semblable à toutes les femmes de l’oasis. Peu de temps après son arrivée, elle se convertit à l’islam par conviction, prend alors le nom de Saliha et adopte Zineb, une adorable petite fille berbère. Pour subvenir à leurs besoins, elle crée deux chambres d’hôtes -simples mais confortables- dans sa maison traditionnelle appelée “ La maison sahraouie – Dar Zineb ”. Elle reçoit ses visiteurs dans un salon aux larges coussins et tapis colorés et leur offre une authentique expérience sahraouie. Très impliquée dans une association du village, Saliha a aussi monté un atelier de couture pour faire travailler ses compagnes. Ensemble, elles créent et fabriquent des vêtements en melhaf (tissu porté par les femmes sahraouies) prisés par les touristes. A part le fromage -mais un projet de coopérative chevrière devrait bientôt lui permettre de s’en procurer- rien ne lui manque à Tighmart. Son visage est serein et paisible à l’image du lieu où elle a choisi de vivre.



 

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