L’environnement urbain a connu de profondes mutations, matérialisées par la recrudescence de la délinquance et l'apparition de nouvelles formes inquiétantes de criminalité et de débauche. Les groupes urbains de sécurité (GUS) qui sillonnent nos cités depuis octobre dernier sont un nouveau corps de sécurité qui s’inscrit dans le cadre de la réforme, engagée par la Direction générale de la sécurité nationale (DGSN), qui vise une plus grande proximité du citoyen pour une meilleure sécurité, nous dit-on. Une démarche saluée par les citoyens qui aspirent à vivre dans un espace sécurisé. Alors jusqu’à quel point ce nouveau corps de la sûreté, réussit-il sa mission ? Ravis, les Casablancais l’étaient au lancement de nouveau dispositif. On croyait à une véritable révolution dans l’environnement urbain et en particulier à Casablanca, la ville la plus peuplée du Royaume et où la délinquance et la criminalité battent leur fort. On se le disait: l'appareil sécuritaire sort, enfin, la grosse artillerie pour garantir la sécurité à la population. Sur le terrain, les choses ont peu changé. Le problème d’insécurité sévit toujours à Casablanca. Faux, ont toujours rétorqué les garants de la l’ordre public à Casablanca “Ce qui se passe ici n’est rien par rapport à ce qui se passe à Barcelonne, New York, Paris, ou encore à Brasilila”. Pourquoi comparer Casablanca à ces villes ? Certes, dans ces villes le taux de criminalité est plus élevé, mais le sentiment d’insécurité est moindre. Une femme peut parfaitement sortir à New York ou à Paris à 22 h, voire minuit sans crainte d’être agressée, alors qu’elle ne s’aventurera jamais à le faire à Casablanca. Si on exclut les quartiers huppés, notamment Casa-Anfa, qui représente “le fief de la sécurité”, selon les responsables de la sécurité, on note que les quartiers périphériques et populaires sont quasiment délaissés. On nous parle d’omniprésence sur le terrain, alors comment se fait-il qu’on se fasse agresser en plein jour, dans des lieux publics? Ceci explique cela. Car si les GUS étaient effectivement omniprésents sur le terrain, on ne se ferait pas agresser à 11 heures du matin dans un marché de légumes. S’il y avait, ne serait-ce que l’ombre d’un agent de la sûreté nationale, ou des forces auxiliaires, le pickpocket n’aurait jamais osé se comporter ainsi. Les incidents de ce genre se produisent tous les jours et à profusion...
Alors qu’on cesse de nous dire qu’il n’y a pas de problème d’insécurité à Casablanca, qu’on descend réellement sur le terrain pour y travailler et non pas pour y défiler. Cela pourrait, peut-être, dissuader les délinquants de commettre leurs méfaits.
L.Ouazry