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On peut guérir le cancer Santé

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Le taux des personnes atteintes du cancer s’est considérablement accru  ces dernières années et le taux de morbidité est resté stable. Cela veut dire qu’il y a beaucoup plus de malades, mais ils survivent mieux et plus longtemps. Ce que l’on peut mettre au crédit des avancées de la thérapeutique et  du dépistage précoce. L’objectif étant d’augmenter les chances de guérison.
Selon le Pr Said Benchekroun, responsable du service d’Hématologie-oncologie Pédiatrique, à l’hôpital 20 août, au CHU Ibn Rochd à Casablanca, le cancer est une prolifération anarchique des cellules qui représentent l’aspect fondamental de la vie. Il ne s’agit  pas d’une seule maladie, mais d’un ensemble de maladies, qui diffèrent tellement les unes des autres qu’on ne pourrait établir un diagnostic unique ou un traitement unique. Chaque tumeur a ses spécificités. Dans le cas du cancer lymphatique, la pathologie est directement liée à l’existence des ganglions, moyen de défense du corps contre toute infection ou agression extérieure. Aussi, est-il impératif de consulter  dès qu’on constate une grosseur inexpliquée.  Car cela peut être un indice d’un dysfonctionnement du système lymphatique, qui se traduit par une multiplication anarchique de lymphocytes. Il s’agit alors d’une altération de la fonction cellulaire. C’est ce que le corps médical qualifie de lymphomes ou de cancer lymphatique.  Dans ce type de cancer, on distingue la maladie de Hodgkin (NH) et les lymphomes  non hodgkinien (LNH), qui regroupent comme leur nom l’indique, toutes les maladies tumorales, lymphoïdes, en dehors de la maladie de Hodgkin. Ils atteignent particulièrement les organes lymphoïdes, notamment les ganglions. Dans cette même catégorie, on distingue les LNH indolents, dits également de bon pronostic et les LNH agressifs. Au moment où les premiers évoluent très lentement permettant une survie prolongée, même en l’absence d’une rémission complète. Les LNH agressifs, ou de mauvais pronostics, puisque présentant un haut degré de malignité, font que les patients sont emportés en peu de temps après le dépistage de la maladie. Pour autant, une lueur d’espoir pointe à l’horizon, aussi bien dans le premier cas que dans le second, les spécialistes avancent une nette amélioration grâce au progrès de la thérapeutique.  Dans ce sens, avec le Rituximab, en monothérapie, on obtient une augmentation de 25% de la durée de vie par rapport au traitement de chimiothérapie, chez les patients, en cas de LNH indolent et près de 50 % des patients sont guéris du LNH agressif. Or pour traiter, il faut d’abord diagnostiquer. Le système lymphatique étant diffus, les ganglions peuvent s’étendre à tous les organes. On parle alors d’une diffusion générale (métastase).  Un ensemble d’examens cliniques et biologiques qui permettent de déterminer la nature du traitement, qui varie selon le pronostic. Selon le Pr. Benchekroun, le premier traitement est généralement multidisciplinaire.

Thérapeutiques

La chimiothérapie occupe certes une grande place dans le traitement du lymphome mais elle aurait des limites, et beaucoup d’effets secondaires. Dans ce sens, l’immunothérapie vient compléter ou combler les limites que présente la chimiothérapie. Le concept étant d’apprendre aux globules blancs de reconnaître les cellules cancéreuses  et de les détruire , ou d’injecter un anticorps, fabriqué en laboratoire, dans la tumeur. C’est ce qu’on appelle les anticorps monoclonaux, tels le Rituximab. Contrairement à la chimiothérapie qui vise à éliminer les cellules cancéreuses, elle détruit en même temps les cellules saines, les anticorps monoclonaux (Rituximab), qui agissent seulement sur les tumeurs malignes. Il est à noter que le  Rituximab utilisé en monothérapie, ou associés à d’autres médicaments, chez les patients ayant présenté une résistance à la chimiothérapie, a fait ses preuves. Après un traitement de l’enfant d’une durée de 4 mois uniquement, on constate une guérison complète. Cependant, le prix d’une prise en charge au Rituximab demeure assez élevée. Il faut compter entre 15000 et 20000 Dhs par cure plus 2000 Dhs de chimiothérapie, sans compter, les gestes cliniques et les «à côté». Ce qui vient s’ajouter à la rareté sinon l’absence de centres d’oncologie. Le Maroc dispose d’un seul centre d’Hématologie et d’Oncologie pour quelque 30 millions d’habitants. De ce fait, plus de 5% des patients abandonnent le traitement avant le bilan d’extension, car ils viennent souvent de régions lointaines. «Il est indispensable d’améliorer les moyens de diagnostic et de disposer de médicaments suffisants pour une prise en charge adéquate de la maladie.», lancent en détresse les spécialistes.

L.O.



 

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