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Le cancer de l’enfant, une campagne pour la construction d’un nouveau centre de soins Santé

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En constante évolution, le cancer de l’enfant au Maroc  connaît  une prévalence d’environ 1200 cas par an, ce qui représente plus d’un enfant sur 10 000 habitants. Or, seuls 700 à 750 enfants arrivent dans les centres d’oncologie, qui ne sont que deux en tout (et pour tout) au Maroc. Si on exclut les quelques unités privées, destinées à une élite à l’aise ou mutualiste (15%), toute la population marocaine doit s’adresser, en cas de problème, (qui n’arrive pas qu’aux autres!), à l’unité d’oncologie de Casablanca ou de Rabat, selon qu’on habite au  nord ou au sud du pays. Ce qui relève un peu de la prouesse et du phénoménal.
Pendant le premier trimestre 2003, près de 480 cas ont été enregistrés, portant ainsi le nombre de malades actifs à 3000 . Ce sont, en effet, les lymphomes non hodgkinien (LNH), la leucémie, ou encore le cancer des os, qui représentent les cancers de l’enfant les plus répandus au Maroc.  Pour autant,  aussi fatal, soit-il , le cancer de l’enfant, lorsqu’il est attaqué à temps et de façon correcte,  laisse aujourd’hui de plus en plus l’espoir sinon d’une guérison définitive, du moins d’une rémission prolongée.
Ce progrès est à mettre au crédit des avancées thérapeutiques.  En effet, les statistiques attestent que dans les pays développés, 4 enfants sur cinq réagissent favorablement au traitement et sont donc souvent guéris. Cependant, au Maroc, on est encore loin de ce résultat. Le manque de moyens est le seul incriminé au moment où la maladie exige des fonds notables (analyses onéreuses, imageries, médication, séjour...) En effet, près de 65% de familles d’enfants cancéreux sont dans l’impossibilité d’assurer une prise en charge à leur progéniture, puisque indigentes. Or, avec seulement deux unités d’oncologie pédiatriques, il est quasiment impossible d’atteindre les résultats escomptés, sachant que plus de 85 % des enfants touchés par la maladie habitent loin des centres de soins. Les parents sont souvent contraints d’abandonner le traitement à mi-chemin en raison du problème de proximité. On imagine mal un enfant habitant à Oujda se soignant à Rabat ou encore originaire de Dakhla se soignant à Casablanca. Accompagné par un membre de sa famille, des problèmes insurmontables sont souvent  rencontrés, en matière d’hébergement et de déplacement notamment. Par conséquent, des dépenses de plus pour des bourses qui n’arrivent même pas à couvrir la médication... Dans ce contexte, l’association l’Avenir  (Parents et amis des enfants cancéreux), parfaitement, consciente de cette réalité, des vies humaines qu’on peut sauver et des lumières d’espoir qu’on peut raviver, mène un combat sans merci sur le terrain depuis 1986. Son objectif est d’apporter un soutien moral, technique et matériel aux familles touchées par le phénomène. L’idée étant de contribuer à tout ce qui peut améliorer les conditions de traitement et la qualité de vie du malade. Depuis, l’association, en étroite collaboration avec l’unité d’hématologie -oncologie pédiatrique à Rabat (UHOP), a réalisé des prouesses avec le peu de moyens dont elle dispose. «Marrainée» par Nezha Bidouane, depuis 1993, l’association compte à son actif de nombreux enfants, dont la pathologie du cancer n’est qu’un mauvais souvenir, tout comme elle est à l’origine de  la maison de l’avenir, ce qui a contribué à la réduction du taux d’abandon de la thérapeutique. Forte de ses réalisations, mais convaincue de la limite de ses moyens, l’association a lancé une campagne de collecte de fonds destinée à mettre en œuvre, la construction d’une nouvelle unité de prise en charge d’enfants cancéreux. En raison du nombre sans cesse croissant des enfants atteints de ce mal, l’unité de Rabat (UHOP),  destinée à l’origine à l’hébergement, est devenue trop petite pour assurer aux patients des soins dans des conditions favorables. Si cette unité a pu tenir avec les moyens de bord depuis sa création par un petit groupe de médecins et de personnel soignant, aujourd’hui, elle semble largement dépassée par la demande et n’est plus, par conséquent, en mesure de répondre à sa mission. D’où le cri de détresse lancé par l’association en vue de poursuivre la noble mission qu’elle s’est fixée depuis 1986.
Selon, le Pr Fouzia Mseffer Alaoui, chef de service de pédiatrie II (UHOP) à Rabat, et présidente de l’avenir, il est inconcevable de continuer à travailler dans ces conditions. «Outre l’exiguïté de l’espace, l’insuffisance du personnel et du matériel, le coût du traitement, le déplacement du malade et de sa famille, leur séjour à des centaines de kilomètres de leur résidence , le tout ajouté à un manque d’instruction et une pauvreté déconcertante dans le rang des familles.» Dans ces conditions, est né le projet CHOP (centre de traitement des cancers et maladies du sang de l’enfant) qui vise une approche optimum de la maladie. Ce centre devrait favoriser un meilleur accueil, mais aussi l’information et l’éducation des familles et des malades eux-mêmes pour une meilleure connaissance de la maladie et de sa prise en charge. Le projet vise également la formation du personnel médical et  paramédical en vue d’une décentralisation, à l’instar de ce qui est en train de se faire pour le cancer de l’adulte. Ce projet, permettra de prendre en charge les malades en provenance de tout le Maroc, notamment du Nord, mais aussi les patients des Prvinces  Sahariennes et de la Mauritanie. Or, pour voir le jour, ce projet nécessite un montant estimatif de près de 21,5 MDH. Le projet est prêt, les études de faisabilité, architecturales et techniques sont également réalisées, tout comme une convention de partenariat entre l’association l’avenir et le CHU, est signée. Une campagne de sensibilisation d’une grande envergure devant précéder le téléthon initialement prévu sur 2M, le 29 avril, est également effectuée. Tout semble parfait, à un détail près, et il est de taille : la direction de 2M s’est désistée à la dernière minute. «Nous n’avons pu honorer cet engagement, pour des raisons d’événements indépendants de notre volonté», avance M. Omar Salim, lors de la conférence de presse tenue à Casablanca le 14 courant. Selon lui, «la conjoncture mondiale est très difficile et le pire est à venir et ne se prête guère à une telle initiative, aussi noble soit-elle. Il y a une solidarité plus évidente et plus urgente. Cela serait indécent d’organiser un téléthon en ce moment précis. Pour l’instant on se concentre sur l’Irak, ensuite on organisera une soirée pour les cancéreux.» C’est en ces termes que s’est exprimé le responsable des programmes de 2M, sur les raisons de report du teléthon initialement prévu, avant d’ajouter « ce n’est pas un report , c’est une annulation».
L’association, estime, elle,  qu’il y a urgence de sauver des vies d’enfants gravement malades en leur assurant une prise en charge médicale et sociale adéquate . Elle s’attelle toujours  à la tâche,  en lançant sa campagne de communication, pour concrétiser son projet.
Ces petits êtres ont besoin de nous et tout dans leurs corps flétris et leurs regards apeurés et fuyants semble nous le dire, alors, mettons-y de l’humain et réagissons !

Leïla Ouazry

 



 

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