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Ciblant les touristes nationaux, les hôteliers bradent les prix Conjoncture

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Publier le : April 10, 2003

La destination Maroc, semble résister aux effets de la guerre en Irak, eu égard aux chutes brutales qui frappent les différents sites touristiques de par le monde. Selon les estimations avancées par le ministère du tourisme, les arrivées touristiques connaîtraient une augmentation de 10% par rapport à la même période de l’année dernière. Cependant, si les effets de la guerre ne sont pas présentement ressentis d’une manière alarmante sur le secteur du tourisme, professionnels et instances gouvernementales concernées, échaudés par les répercussions néfastes des crises précédentes ( guerre du Golfe, 11 septembre) ont rapidement réagi. Un plan de relance et des mesures palliatives sont d’emblée établis pour contrecarrer une éventuelle morosité du secteur.
Selon M. Kamal Bensouda, président du Centre Régional du Tourisme à Marrakech, le Maroc, à l’instar d’autres pays touristiques, innove en mettant en place des processus de gestion de crise qui permettent d’anticiper et éviter des prises de décision à la dernière minute, dans la panique. Dans ce sens, deux objectifs sont d’emblée fixés. En premier lieu, garder la confiance du consommateur en mettant en avant l’image du pays de proximité et de paix et en second lieu, s’adapter a son pouvoir d’achat car en période de conflit les priorités de consommation changent et le loisir peut perdre sa première place, explique-t-on au CRT de Marrakech.
Cette destination qui représente le nerf du tourisme marocain, est en passe de connaître  des difficultés, d’où l’importance des mesures d’urgence. Les chiffres de mars mettent en relief une baisse de 15.9% des arrivées et 13.7% des unités qui constituent réellement le revenu des unités hôtelières de la ville. Selon M. Bensouda, cette baisse a eu un lourd impact sur  le créneau des 5 étoiles qui ont vu l’activité incentives et congres se réduire de manière drastique . Néanmoins les 4 et 3 étoiles résistent bien et affichent un taux d’occupation moyen respectif de 62,4% et 41%. Fort de ce constat, le CRT de Marrakech mobilisé depuis fin février, semble déterminé à lutter contre les effets de la présente conjoncture.  Dans ce sens, de nombreuses actions de relations publiques sont entreprises par le CRT pour jouer la carte de la confiance d’une ville amie et accueillante.  «Nous réalisons de nombreux voyages de sensibilisation des prescripteurs étrangers à Marrakech,  démarchons régulièrement les médias étrangers pour tourner des émissions à Marrakech ou faire des reportages»  déclare M. Bensouda. En effet, à  ce jour , Tf1 et France 5 ont tourné plusieurs émissions sur la ville. Tout comme Match, TV s’apprête a consacrer une semaine d’antenne a Marrakech en mai.
Les revues internationales sont nombreuses et notamment Paris Match, qui va consacrer, courant mai, 5 pages  sur Marrakech. Selon M.  Bensouda l’événement Caftan 2003 permettrait de son côté une bonne promotion de la destination eu égard aux nombreux médias étrangers qui assurent  la couverture de cet événement. Ces actions visent   positionner le Maroc comme une destination-refuge pour les consommateurs , notamment ceux du marché français qui occupent une position stratégique à Marrakech avec une part supérieure à 58% en mars 2003, explique-t-on au CRT. Des marchés durement frappés comme l’Angleterre, l’Espagne et l’Allemagne font également l’objet d’un intérêt particulier à même de les relancer, via des actions événementielles programmées entre juin et novembre 2003, ainsi que des grandes soirées complétées de work shop sur Paris Lyon Marseille qui ont des vols directs réguliers sur Marrakech avec Royal Air Maroc.  Par ailleurs, outre le Festival international du cinéma qui constitue un levier lourd pour la promotion de la ville, comme le souligne M. Bensouda, et qui lui assure une image de grande qualité et renforce son positionnement sur  les marchés émetteurs, la ville entend restructurer son festival des arts populaires qui aura lieu en juillet 2003. Dans l’objectif de compléter le  dispositif d’animation de la ville, deux nouveaux événementiels sont également prévus par le CRT de Marrakech, pour la promotion de la ville. Il est  notamment question du salon des produits naturels  et du festival international des arts de la magie en janvier 2004 .

50 % de réduction

Par ailleurs, outre ces mesures, les opérateurs touristiques ont dû, de leur côté,  faire preuve d’imagination pour vendre leurs produits afin de pallier le tassement éventuel des réservations en raison de la guerre en Irak. Dans ce sens, au delà de la convention contractée entre le ministère du Tourisme et les principaux intervenants du secteur, mais qui n’est pas encore entrée en vigueur. Dans l’attente du lancement des packages, des rabais allant jusqu’à 50% sont déjà opérationnels dans une grande partie des hôtels en particulier à Marrakech et Agadir, l’objectif étant de profiter de la période des vacances de Pâques qui représentent un pic de vente pour les hôteliers. Ces offres ciblant une clientèle nationale visent combler le vide des annulations enregistrées à ce jour mais aussi éduquer, selon le vocabulaire des opérateurs touristique, le Marocain en terme de tourisme. L’idée étant de l’inviter à faire du tourisme moyennant des tarifs attractifs.
Cependant, force est de constater, à quelques exceptions près,  que malgré les présentes réductions, les tarifs affichés demeurent de loin inaccessibles à la bourse d’un Marocain moyen. A ce titre, l’offre du Club Med, est encore une fois des plus alléchantes. Le Club propose, en effet,  jusqu’au 6 mai, pour ses 3 villages de Marrakech, Agadir et Ouarzazate, une réduction de 50% pour la deuxième personne. Concrètement une nuitée, en hébergement et pension complète est facturée à 820 Dhs, dans les villages de Marrakech et Ouarzazate, avec 50 % de réduction pour la deuxième personne, cela revient à 1230 Dhs, tout compris. Au village  d’Agadir, la nuitée, en pension complète est facturée à 1300 Dhs, avec une réduction de 50% pour la 2ème personne.
Les hôtels Kenzi affichent également une réduction de 50% dans leurs différents établissements. Dans ce sens, Le Kenzi Sémiramis (Marrackech), un établissement 5* est commercialisé à 910 Dhs, la nuitée en chambre double. Tandis que le kenzi Farah (également 5*) est offert au tarif de 450 Dhs, la chambre double. Le groupe Accor propose également des promotions qui peuvent atteindre 50%. Dans ce sens, le Sofitel Marrakech offre une nuitée (hébergement en chambre double et petit déjeuner) au tarif de  1300 Dhs pour les nationaux (et 1600 pour les résidents). La palmeraie Golf Palace propose à son tour une promotion qui se poursuit jusqu’au 30 avril. Aussi, une chambre double avec petit déjeuner coûte 1500Dhs. Un supplément de 350 Dhs est facturé aux personnes désirant profiter de la demi pension. Le Tikida Garden (4*) offre un forfait de 1750 Dhs, en chambre double et pension complète.
A Agadir, le Millenium Hôtel (5*) propose un séjour de 4 jours au tarifs de 1049 Dhs, par personne en chambre double et petit déjeuner. L’Hôtel Riu Tikida Dunas (4*) est commercialisé au tarif de 710 Dhs la nuitée en chambre double et petit déjeuner. Le Tikida Beach Agadir (4*) est proposé au tarif de 510 Dhs par personne. Ce prix inclut l’hébergement en chambre double, le petit déjeuner et le dîner. Pour les personnes en quête de bien-être, l’établissement propose également une journée découverte thalasso à 610 Dhs et 3 jours de remise en forme à raison de 4 séances par jour.
En somme, cette politique visant la promotion du tourisme  national est une excellente initiative, car le touriste local représente un véritable potentiel. Ce dernier, faute de tarifs attractifs, s’adresse souvent à des marchés concurrents. Toujours est-il que cette stratégie devrait être pérenne et non pas conjoncturelle, pour faire face à des situations de crise, estime M. Alami, directeur général d’Atlas Voyages. Une telle initiative, ne devrait pas, selon lui, se limiter aux 4 et 5 étoiles, mais cibler notamment les petits hôtels pour permettre de toucher les petits et grands budgets et par conséquent atteindre l’objectif d’un tourisme de masse.

Leïla Ouazry



 

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