Anas Belhaj a, lui aussi, presque 20 ans. Il avait 6 jours lorsqu’il est arrivé dans le village d’Aït Ourir nouvellement ouvert et a été confié à Malika, une des mères SOS. Il nous montre la photo de cette dernière qu’il conserve avec soin. Malika a pris sa retraite il y a un peu plus d’un an mais Anas lui téléphone et lui rend visite régulièrement comme un fils, quoi ! Cette mère SOS, il l’aime profondément. Il a d’ailleurs rencontré sa mère biologique il y a de cela quelques mois mais n’a plus envie de la revoir parce qu’il n’arrive pas encore à lui pardonner l’abandon dont il a fait les frais. “ Peut-être plus tard…lorsque j’aurai moi-même une famille et des enfants, j’arriverai alors à lui pardonner ”. Anas se raconte, égrène sa vie avec un sourire franc et épanoui. L’école d’Aït Ourir jusqu’à 17 ans, une expérience de 6 mois dans un restaurant de la ville ocre alors qu’il habitait avec un de ses frères SOS, une année d’apprentissage à Fès dans un hôtel du groupe Accor puis, un début de formation à l’industrie hôtelière dans un centre de qualification professionnelle d’Agadir avant de “ laisser tomber car cette année-là, tout allait de travers ”. Il parle de ses conflits avec Mme Béatrice (ndlr : Béatrice Beloubad, Directrice nationale de SOS, récompensée par la Khmissa “ Actions Sociales et Développement ” en 2004), de la place spéciale qu’elle occupe dans son coeur et de l’aide qu’elle et toute son équipe lui ont toujours apportée. Il l’aime Béatrice et ne trouve pas les mots pour décrire tout le bien qu’il pense de SOS.
Depuis janvier 2005, toujours avec le soutien psychologique et financier de SOS, Anas habite à Casablanca où il partage un logement avec 2 amis. Il poursuit une formation de restauration une demi-journée par semaine à Bernoussi. Le reste du temps, il effectue un stage à l’hôtel Riad Salam sur la Corniche. Il y a débuté comme apprenti et a travaillé successivement au coffee shop, au bar, à la pizzeria et au room service. Pour l’instant, il occupe les fonctions de serveur au bar cabaret. Selon M. Ammouchi, Directeur de la Restauration “ c’est un garçon gentil et intelligent qui s’est parfaitement intégré à son environnement professionnel”. Apparemment, il y aurait une possibilité d’embauche pour Anas à la fin de son contrat de stage. Il exprime sa reconnaissance à l’égard du personnel du Riad Salam et se réjouit de l’expérience acquise quotidiennement. Anas rêve aussi d’un salaire et explique qu’au Maroc, “ on ne peut guère espérer mieux que le SMIC ” et qu’il partira peut-être rejoindre un de ses frères SOS qui travaille dans le secteur hôtelier aux Emirats. Dans tous les cas, il sait ce qu’il veut et l’avenir devrait lui sourire. Pour conclure, il dit : “ je remercie Dieu, je me considère comme un privilégié car s’il n’y avait pas eu SOS, je n’aurais jamais eu la belle vie que j’ai ”. Un bien bel hommage à SOS en guise de cadeau d’anniversaire !
FDD