Grâce au soutien de ses parents, El Amrani se consacre essentiellement au tennis depuis 3 ans et a eu ainsi l’occasion de disputer de nombreux tournois internationaux. Il se considère comme un privilégié. “Pour les joueurs qui n’ont pas les moyens, c’est pratiquement impossible” déclare-t-il. “La majorité des jeunes marocains rament” conclut-il. Et ce n’est pas Rabie Chaki qui le contredira. Agé de 23 ans, Chaki explique sa défaite par le stress et le manque d’expérience face à un adversaire qui a beaucoup joué dans les tournois ATP. “ J’ai joué petit bras, j’ai trop pensé à ce match et j’aurais pu faire beaucoup mieux”. Issu du club tangérois TCMT, Chaki s’entraîne actuellement à Paris au Stade Français. Ce jeune homme volontaire s’autofinance grâce aux tournois nationaux marocains et aux matchs par équipe qu’il dispute en France. “ J’ai de quoi vivre mais pas de quoi voyager ”. Malgré ses titres de champion du Maroc depuis la catégorie poussin, il se sent bien seul pour mener à bien sa carrière. “ Sans financement, sans sponsor, c’est dur ” dit-il. “ Au Maroc, nous n’avons pas de directeur technique, personne ne vous suit, ne vous aide, pas même la Fédération car elle n’en a pas les moyens ” rajoute-t-il. Alors qu’en Tunisie, en Egypte ou même en Algérie, les joueurs talentueux bénéficient d’un soutien concret de l’Etat qui leur permet de s’entraîner à l’étranger et de disputer des tournois internationaux. Face à ce constat, M. Mohamed Mjid, Président de la FRMT, reconnaît que, si la Fédération s’intéresse à tous les jeunes talents, elle ne peut intervenir que selon les moyens dont elle dispose. “ On fait ce qu’on peut mais le budget ne peut satisfaire tout le monde ” dit-il. “ C’est la politique du pays qui est défaillante en la matière, le budget du Département en charge du sport est rachitique et, une fois divisé, il n’en reste que des miettes ” explique-t-il. “ De plus, la culture du sponsoring n’a pas évolué dans notre pays, les sponsors potentiels attendent que les jeunes deviennent des vedettes avant d’investir alors qu’il faudrait créer une pépinière de talents irriguée par des fondations et des entreprises citoyennes ” rajoute-t-il avant de conclure qu’“ il faudrait aussi que les clubs bougent pour soutenir leurs jeunes ”. La relève marocaine ne verra donc le jour qu’au prix d’une mobilisation de tous les acteurs.
Hormis ces problèmes de financement, en l’absence de section sports-études, les jeunes marocains sont confrontés à l’obligation d’abandonner leurs études pour pouvoir se consacrer au tennis ou à un autre sport. A cet égard, Chaki cite Karim Benmansour, un ancien joueur de tennis, qui aurait le projet de créer une filière sports-études pour éviter aux jeunes sportifs de décrocher prématurement du monde scolaire. Une piste à suivre…
FDD