Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Grand public
La restauration débutera en avril : L’hôtel Lincoln, il pue, il tue, mais on le sauvera quand même …

Auteur :

Dans un passé pas très ancien, le Boulevard Mohammed V de Casablanca représentait encore le centre névralgique de l’activité marchande de Casablanca, il fut également l’endroit idoine pour le petit tour de frime. Cette grande artère était aussi la place idéale de promenades et de rencontres des familles casablancaises. Pourquoi ? Tout simplement parce que le Boulevard Mohamed V était une perle et un fleuron dans son genre. Point d’anarchie, des magasins bien agencés s’alignaient dans un ordre parfait, les terrasses des cafés respiraient la propreté et le sérieux, sans parler du célèbre Marché Central qui trônait majestueusement au milieu de toute cette merveille urbanistique que constituaient les bâtiments de la place, dont l’Hôtel Lincoln dans toute sa splendeur d’antan.
Il est fort consternant pour ceux qui ont eu le privilège de connaître cette époque de constater ce que la «civilisation» d’après l’indépendance a fait de ce trésor! Où en sommes-nous actuellement dans tout cela ?
Un spectacle désolant où la laideur est en train de prendre le pas sur la beauté et de déboucher sur une ville sans âme.
Une folle frénésie de démolition des anciens bâtiments s’est accaparée de la ville pour la déposséder de son esprit. Après le Théâtre municipal, une perle architecturale qui n’est plus et qui faisait la fierté de Casablanca, de nombreux bâtiments de style Arts Déco ont disparu par un simple coup de bulldozer. L’hôtel Lincoln aurait connu le même sort, si une élite d’intellectuels, d’architectes et tout récemment les responsables de la ville ne se s’étaient élevés pour empêcher un tel massacre. Le Lincoln aurait pu être un nouveau martyr sur la liste.
Une bâtisse au triste destin, l’Hôtel Lincoln qui a récemment  suscité un vif débat, fait parler de lui depuis près d’une décennie.Il  s’est effondré à plusieurs reprises sur de pauvres passants, quand il était encore en activité. Fermé, cet hôtel est à la base de désagréments de tous genres, notamment en termes de circulation. Il coupe en deux l’une des plus anciennes artères de la capitale économique, ce qui génère un grave problème d’embouteillage.
Pendant ce temps, les responsables de la ville font mine de ne rien constater. Loin de nous l’idée de nier les efforts fournis par le conseil de la ville pour préserver ce site, mais le citoyen souffre au quotidien du problème causé par ce bâtiment dans l’état, où il est aujourd’hui. Plus de punch Messieurs les responsables, Casablanca ne supporte plus la lenteur administrative. Il faut passer à la vitesse supérieure, être plus speed, quoi!

Mohammed V ou Lincoln

Et dire que le leitmotiv de ces vénérables représentants locaux ne cesse d’être la préservation de l’hôtel Lincoln: « un véritable chef-d’oeuvre architectural qui appartient au patrimoine de la capitale économique». Allez faire un tour du côté de cette bâtisse et contemplez l’état des ruines de ce chef-d’oeuvre architectural appartenant à on ne sait qui ! Un tour  suffit pour percevoir dans quel état se trouve non seulement le Lincoln mais aussi tout le boulevard : pagaille, désordre, foutoir, gâchis...Bref, une anarchie dans toute sa «splendeur» occasionnée par les barrières dressées autour de l’Hôtel dont une partie s’est effondrée il y a une dizaine d’années de cela. Un constat qui continue de handicaper sérieusement la circulation dans ce secteur réputé être l’un des plus animés de la métropole. Les principales lignes des bus (N° 2, 10, 33, 3, 30...) desservent ce trajet à longueur de journée. Sans parler des centaines de taxis blancs et rouges  qui sillonnent le boulevard ...Résultat : un encombrement énorme de la circulation, un folklore de klaxons qui frisent la folie. Évidemment, le point d’ordre de cette « Fauda» est la polémique autour de la démolition ou de la restauration de l’hôtel Lincoln. Alors que pour les Casablancais, la situation a beaucoup traîné et ne devrait plus continuer.
Entre-temps, c’est un «compromis» unanime qui s’installe au sein de la population casablancaise: Démolir cet hôtel ou le restaurer, quelle que soit la décision prise, elle ne pourra être que la bienvenue.  Le statu quo en la matière est une offense à cette prestigieuse altère qui porte un nom cher à tous les Marocains. Que faire alors de cet hôtel? La réponse de la Direction du Patrimoine Culturel est sans ambiguïté: «la façade de l’hôtel est à préserver telle quelle et cela quelle que en soit la décision prise». Pour le propriétaire de cette bâtisse aucun problème ne se pose à son niveau. Tout ce qui l’intéresse dans cette histoire est le côté pécuniaire. Pour les architectes de la ville, l’hôtel Lincoln est un patrimoine architectural qu’il faut conserver . «Pas question de le démolir», dit-on dans le rang des Architectes. Pour d’autres, sa démolition s’impose tant qu’il présente un danger public.
Mais ce n’est plus qu’une question de temps nous assure-t-on au conseil de la ville. La procédure d’expropriation est entamée et les travaux ne vont pas tarder à être lancés. Selon Mme Amina Alaoui, architecte de la Mairie, en charge de ce dossier, les travaux de consolidation et de réconfortation vont débuter au premier avril.
Il a fallu attendre début 2005 pour décider du sort de cet hôtel et c’est tant mieux. Ne dit-on pas mieux vaut tard que jamais? L’essentiel c’est que ce site soit conservé.  Entre la décision de conservation, la procédure d’expropriation et la réalisation des travaux, les Casablancais devront encore  faire preuve de patience, alors de grâce, M. Sajid, faites  activer ce dossier, pour que la victoire de l’approche culturelle sur l’approche pécuniaire soit bien savourée et que les rétrogrades ne trouvent pas l’occasion de dire qu’ils avaient raison...

LO/HZ



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com