La politique de prix bradés est-elle profitable à la destination Maroc? Certainement pas. Elle risque à terme de tuer la destination. Il s’agit d’un produit périssable, qui va à l’encontre du concept du tourisme durable. Il est inadmissible de proposer des tarifs aussi bas sur une destination qui ne démérite pas. Un séjour d’une semaine à Marrakech à partir du 16 mars est proposé par le français Nouvelles Frontières, à partir de 89 euros (TTC), en demi pension, vols et transferts compris. De son côté, Etapes Nouvelles, proposait Agadir ou Marrakech à un tarif de 150 euros TTC pour une durée de 7 jours en demi pension, transport compris. Ce qui est scandaleux. Cela ne revient même pas à 50 Dhs/jour ( Alors que les Marocains eux avec la campagne Kounouz Biladi paient au moins 300 Dhs en BB uniquement pour un hotel 3* ). Ceci nuit terriblement à l’image de marque de la destination. Ce n’est sûrement pas ainsi qu’on peut pérenniser une destination. Le rapport qualité/prix est déséquilibré. On n’a jamais vu des prix aussi bas même durant les crises les plus rudes qu’a connues le secteur. Vendre le Maroc a de pareils tarifs est une insulte pour la destination, c’est un manque de respect pour le Maroc et les Marocains. Et cela ne semble pas vraiment déranger les autorités en charge du secteur.
A l’ONMT, on parle de promotion en arrière saison alors que le printemps a de tout temps été considéré comme une haute saison pour Marrakech.
Le ministère du Tourisme est en train de signer une série de conventions avec un certain nombre de voyagistes pour remplir les hôtels, moyennant plusieurs dizaines de millions en contre partie. On se demande si l’objectif du Maroc est d’augmenter la capacité des taux d’occupation tout en augmentant les recettes ou c’est la première option au détriment de la seconde. Il va sans dire que le secteur du tourisme a besoin d’une capacité de réaction importante, alors il vous revient, M. Adil Douiri, de faire preuve de réactivité pour arrêter ce massacre. Autrement c’est vers une catastrophe que le tourisme marocain s’achemine.
L.O.