La presse écrite marocaine ignore la schizophrénie. En effet, une étude récente de la presse écrite indique que seuls 0,03 % (un chiffre ridiculement bas !) des articles abordent ce sujet et, généralement sous un angle sensationnel ou méprisant, lorsqu’il y a violence alors que les causes majeures de cette dernière sont l’alcoolisme et la toxicomanie. Par contre le passage à l’acte du schizophrène est rare et ne s’observe qu’en l’absence de traitement médical. Ce dernier, notamment la prescription de neuroleptiques, est très efficace et éradique les comportements violents du malade. Le Professeur N. Kadiri, psychiatre au Centre Psychiatrique Universitaire Ibn Rochd de Casablanca, insiste sur l’importance d’un travail de partenariat entre les médias, les médecins et les associations, à l’instar de pays comme l’Australie ou le Canada, pour améliorer la communication à destination du grand public de façon à combattre l’ignorance, tordre le cou aux clichés erronés et dès lors dédramatiser la maladie.
Qu’est-ce que la schizophrénie ?
C’est une pathologie biologique multifactorielle qui atteint les structures du cerveau et crée une vulnérabilité latente chez des sujets dont l’âge se situe entre 17 ou 18 ans et la trentaine. Les trois facteurs de risque de la maladie sont les traumatismes périnataux tel un virus affectant la femme enceinte, les complications postnatales, à titre d’exemple des problèmes éducatifs et l’hérédité mais celle-ci n’est pas automatique. Si l’un de ces éléments se développe sur un terrain propice, la schizophrénie apparaîtra. Chez certaines personnes, la maladie se présente comme une cassure nette dans leur comportement quotidien. Cependant, le diagnostic n’est pas toujours facile à établir. Les premiers symptômes sont, entre autres, des troubles de concentration ou du sommeil, un net repli de l’individu sur lui-même ou encore un déclin de l’élan vital. Viennent ensuite les hallucinations et les délires. L’efficacité du traitement médical dépend de l’intensité de la maladie et du stade de développement de celle-ci. Dans 10 à 20 % des cas, la guérison sera complète avec ou sans suivi médical. Dans les autres cas, le traitement permettra une amélioration à 80% de l’état des malades dont la plupart pourront mener une vie normale avec des périodes d’accalmie plus ou moins longues pouvant parfois atteindre plusieurs dizaines d’années. Si les médicaments neuroleptiques sont extrêmement efficaces pour soigner les hallucinations et les délires, l’isolement des malades est par contre plus difficile à traiter sans parler de la détresse et des souffrances engendrées par la schizophrénie sur l’entourage familial. L’association Al Oumnia, créée en 2001, rassemble les parents et amis des malades mentaux et joue un rôle majeur dans l’information et l’aide aux familles pour pallier le manque de structures. Dans cette optique, Al Oumnia organise, les 11 et 12 mars prochain “ Les 2èmes Journées francophones de la schizophrénie ” au Club USM de Casablanca. A cette occasion nous reviendrons sur le merveilleux travail de cette association, sur l’impact familial de la maladie ou encore sur la prise en charge extra-hospitalière des patients.
FFD