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Les propriétaires des auto-écoles de Mohammedia crient à l’arnaque Permis de conduire

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L’on dit souvent que les appareils technologiques n’ont pas de «poches»! Neutres, impartiaux et justes. C’est là, d’ailleurs, une des principales innovations de l’introduction du système d’Automatisation des permis de conduire au Maroc, entrée en vigueur le 9 février 2004. Une mesure qui a comme principal objectif d’écarter toute possibilité d’intervention de l’homme dans le procédé des examens d’obtention du permis de conduire. Une grande source d’espoir en la matière et par ricochet un véritable obstacle à la pérennité d’une situation longtemps caractérisée par les arbitraires dus aux abus d’autorité et aux erreurs le plus souvent volontaires, inhérentes à la nature humaine. Au devant de la scène, bien sûr, le phénomène de la corruption qui infeste ce secteur. Suite donc à cette décision d’automatisation du permis de conduire, l’on voit bien actuellement une certaine réorganisation du secteur d’activité  des auto-écoles s’opérer aujourd’hui. On perçoit également que cette nouvelle formule veut servir de levier à la modernisation de ce secteur qui a toujours souffert d’un manque incroyable d’organisation et d’une image pour le moins artisanale. Une réputation que beaucoup de propriétaires des Etablissements d’auto-écoles souhaitent totalement changer en se transformant en vitrine de modernité et de performance. « Nous voulons que nos établissements  deviennent de véritables lieux d’apprentissage de la conduite et un des partenaires de la campagne nationale de prévention contre les accidents de la route». Jusque là, les choses paraissent normales, et affichent de l’optimisme à l’horizon pour cette profession. Seulement, voilà un an après la mise en vigueur de ce nouveau système d’examen d’obtention du permis de conduire, un cas semble nous faire  revenir sur des pratiques supposées révolues. Le cas des propriétaires des auto-écoles de la ville de Mohammedia, peut-être isolé, mais montrant, toutefois, que le malaise qui plane sur cette profession perdure. 

Faits

A Mohammedia, le nombre de centres d’apprentissage à la conduite s’élève à 16. 10 de ces auto-écoles connaissent actuellement de sérieux problèmes avec la Délégation régionale du département ministériel que dirige l’Istiqlalien Karim Ghallab. L’un de ces moniteurs, qui a préféré garder l’anonymat, a tenu à nous préciser que le seuil de l’intolérable est atteint dans cette administration. Pour lui, toutes les difficultés qui entravent le déroulement normal de la profession proviennent de la Délégation régionale et du Centre d’Immatriculation de Mohammedia et mettent, ainsi, son avenir en danger. Dans une lettre signée par ces 10 propriétaires, légalisée et envoyée au ministère de Transport (confiée à la rédaction), ils mettent en exergue, notamment, les problèmes des délais des examens qui prennent dans la plupart des cas un mois, voire plus, à partir du jour du dépôt des dossiers des candidats. « Tout dépend, bien sûr, de la “sympathie” qu’éprouve cette Délégation pour certains qui bénéficient d’un délai de deux ou trois jours pour présenter leurs candidats à l’examen ...», dit-il. Les 10 propriétaires n’arrivent pas, par ailleurs, à comprendre pourquoi le Chef du Centre d’Immatriculation de Mohammedia, Mme Zoulikha Sebbane, leur interdit d’accéder à cette administration. « Certains ont droit d’y aller et c’est expressément interdit pour d’autres. Une décision qui va à l’encontre de l’esprit du texte du Premier ministre qui appelle à la moralisation de la vie publique et au rapprochement de l’Administration du citoyen» «L’abus de pouvoir dont le délégué du ministère du Transport fait preuve l’a même amené à cracher publiquement au visage d’un moniteur»; « la pratique de falsification des résultats des examens, devenue quasi-régulière et dont l’examinateur Mahboub Bouâzzaoui se distingue est un fait notoire. Le cas du 7 février 2005 l’illustre parfaitement».... tiennent-ils à ajouter. Toutefois, « deux réunions ont été tenues entre les propriétaires des auto-écoles de la ville de Mohammedia, la directrice du Centre d’Immatriculation et le délégué du Transport. Il a été décidé dans le cadre de la première réunion avec la directrice de porter le montant à payer pour le permis de conduire à 2000 Dhs, avec 500 Dhs de plus comme «Hlawa...». Lors de la deuxième réunion avec le délégué, il a été question d’approuver ce qui a été proposé par la directrice. Notre refus nous a coûté cher», déclare notre interlocuteur.
Ces moniteurs ajoutent que ces pratiques sont en parfaite contradiction avec la philosophie de la nouvelle ère où les gouvernants comme les gouvernés sont soumis à la même loi. Dans ces conditions, les responsables de cet important secteur  sont vivement interpellés pour sévir contre ce genre de comportement qui risque de salir une profession appelée à se moderniser et à accompagner les efforts fournis ça et là pour lutter contre les accidents de la route. Une véritable lutte au quotidien. 

H.Zaatit



 

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