Le 24 février dernier, ce sont les enfants cancéreux de l’hôpital du 20 août de Casablanca qui étaient invités à célébrer Achoura, fête traditionnelle de partage et de charité. Les bénévoles d’AGIR, l’association de soutien aux malades du sang et aux enfants cancéreux, étaient également de la partie. Outre des cadeaux, les petits ont reçu des friandises, des fruits secs, des gâteaux et des boissons ainsi que des livres de coloriage, conçus spécialement par Coca-Cola, pour expliquer l’histoire d’Achoura et les traditions marocaines qui accompagnent cet événement. Une cinquantaine de bambins tout sourire ont assisté et participé à un spectacle animé et coloré. Ils se sont tous unis pour fredonner des chansons populaires et pour danser sur des airs à la mode. Grâce à cette initiative, durant tout l’après-midi, ce fut vraiment la fête de l’enfance dans ce service d’Hématologie Oncologie Pédiatrique. Avec 49 lits dont 13 réservés aux enfants, 24 aux adultes et 12 aux patients ambulatoires, cette unité dirigée par le Professeur S. Benchekroun remplit une mission essentielle et impérative au niveau national. Il s’agit, en effet, de l’unique centre spécialisé au Maroc pour les patients adultes atteints d’affections hématologiques et pour les enfants de Casablanca et du sud du Maroc souffrant d’hémopathies ou de cancers. Chaque année, ce service accueille entre 1500 et 2000 malades dont 400 enfants.
Les sous,
toujours les sous…
Le coût de la prise en charge des cancers et des hémopathies est exorbitant. A titre d’exemple, les besoins en médicaments du service d’Hématologie Oncologie Pédiatrique s’élèvent à 20 Millions de Dhs par an alors que le budget total de la pharmacie de l’hôpital atteint péniblement 5 millions ! En évoquant le bouclage de son budget, le Professeur Benchekroun reste optimiste et dit y arriver grâce à l’aide d’AGIR, de l’Association de soutien des Hôpitaux, de la coopération internationale et des donateurs individuels. Cet homme de cœur n’a même plus l’air de se rendre compte qu’il réalise là un tour de force. Sa foi en son métier, en sa structure émerveille et lorsqu’il rajoute, comme pour s’excuser de manquer de moyens, “ si vous sauvez beaucoup de vies, c’est un plaisir ”, on voudrait se transformer en bonne fée. On voudrait, d’un coup de baguette magique, lui fournir les infirmières nécessaires pour faire fonctionner son unité de greffe de moelle osseuse - construite grâce à l’intervention d’AGIR - qu’il a dû fermer, par manque de personnel, après avoir soigné seulement 2 malades. Pour l’instant, les demandeurs de greffes n’ont d’autre solution que celle de se rendre en France et débourser 50 000 Euro… s’ils le peuvent ! Ou on voudrait frotter la lampe magique pour l’aider à construire une “ Maison de parents ”, structure d’accueil pour les patients et leurs familles à proximité de l’hôpital. Car, en effet, seuls 36% des malades habitent à Casablanca ou aux environs mais les autres sont originaires de régions éloignées de 100 à 600 km de leur lieu de soins. Souhaitons que les bonnes fées nous entendent car tous ces malades et leur chef de service le méritent largement !
FDD