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Un plan de sauvetage pour les régies Transport urbain

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Le transport urbain est malade. Les régies ne se présentent pas sous leur meilleur jour. Enregistrant un déficit annuel de l’ordre de 40MD et 460MD de dettes fiscales et sociales, la RATC est pratiquement à l’agonie. Un plan d’urgence de redressement est établi, dans l’attente d’un projet de restructuration.

 

L’intervention de l’Etat vient, à point nommé, empêcher la banqueroute des régies de transport, notamment la RATC et la RATR, suite au dernier sit-in organisé le vendredi 14 mars par le personnel(RATC) qui se plaignait de la dégradation progressive des conditions de travail, avec absence du strict minimum. Outre un parc vétuste, les retards de paiements depuis décembre dernier et le versement irrégulier des cotisations de la CNSS et de la CIMR étaient aussi à l’origine de cette série de contestations. La RATC  couvait depuis quelques années une crise marquée, en raison de la mauvaise gestion des différents dirigeants qui s’y sont succédé tout au long de 38 ans d’existence et de 20 ans de monopole. Au moment où la RATC se réduisait à une peau de chagrin, certains de ses anciens dirigeants se seraient bien enrichis. Ironie du sort ou simple coïncidence? Un audit pourrait peut-être clarifier les choses. Bref, l’urgence aujourd’hui est de maintenir la RATC. A cet égard, une réunion s’est tenue sous la présidence de M. Jettou, a regroupé le Ministre des Finances et de la privatisation, les directions des régies de Rabat et Casablanca,  le Secrétaire général du département de l’Intérieur, ainsi que les représentants des wilayas de Rabat et Casablanca, pour le redressement et la modernisation du transport urbain  et pour faciliter le déplacement des citoyens dans l’axe urbain, par de meilleures prestations. Ce qui représente, selon la Primature, une priorité du programme du gouvernement.

Par ailleurs, les travaux de cette réunion ont été orientés sur deux axes. Un premier visant la mise au point de mesures d’urgence et conjoncturelles, permettant la survie de la RATC.  L’objectif étant de sauver cette entité de la catastrophe qu’elle frôle depuis pas mal de temps et risque de gonfler la liste des problèmes sociaux qui gangrènent la ville, avec 2000 salariés qui peuvent se retrouver sans travail, dans cette conjoncture délicate. L’entreprise enregistre un déficit annuel de quelque 40 millions de dirhams; elle est également débitrice d’une dette fiscale et sociale de  460 MD

Le second axe vise, quant à lui, la mise en œuvre d’un plan global de restructuration du transport urbain d’une manière générale. Ce plan a pour fin l’assainissement des régies des transports, le renforcement de leur parc d’autobus, l’apurement des dettes fiscales mais surtout la rationalisation du management et le traitement du financement de la composante du service public. Ce qui suppose que l’Etat devra, de prime abord, y injecter des fonds. Le ministère des finances et les collectivités devront à leur tour apporter leur contribution. Les montants exacts qui seront alloués à cette action ne sont pas communiqués puisque le plan en question n’a pas encore été défini. Dans ce sens, une commission multipartite, présidée par M. Chakib Benmoussa, secrétaire général du ministère de l’Intérieur, est chargée de l’étude de ce dossier, afin de rééquilibrer promptement les régies, particulièrement celle de Casablanca. L’objectif étant de repartir sur des nouvelles bases, une gestion saine et transparente. Outre l’idée du contrat programme qui semble faire l’unanimité, les départs volontaires seront également encouragés puisque près de 25% du personnel a une moyenne d’âge de plus de 55 ans. Ce qui permettra d’alléger la masse salariale de l’entreprise. Parmi les propositions qui sont à l’étude dans la commission précitée, la question est posée de savoir dans quelle mesure l’État peut-il assurer le transport scolaire qui a toujours été considéré  handicapant pour la régie. En effet, avec des tarifs aussi réduits, cela ne permet pas à l’entreprise de rentrer dans ses frais. (Nous avons  souhaité avoir plus d’informations auprès de la direction de la RATC, mais M. El bout, nous a signifié que lui-même n’en disposait pas)

Enfin, il est à signaler que le gouvernement a pour objectif de redresser la situation d’ici 2004. «La mise en place d’un plan stratégique de redressement et de modernisation du transport urbain, visant l’amélioration des conditions de la mobilité urbaine et du niveau de prestation de ce service public pour le citoyen et pour l’entreprise», d’après un communiqué de la Primature. Il était temps de réagir, sachant que le transport en commun représente un sacré problème à Casablanca (Comme ailleurs du reste !).

 

Leïla Ouazry

 



 

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