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Dimension spirituelle du Prophète Sidna Muhammad (Bénédiction et Salut de Dieu sur lui) : (5ème partie) Causeries soufies

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Quel est l’effet de la Lumière Divine sur le cœur de l’aspirant à la Connaissance de Dieu ? En quoi consiste la fonction d’éducation spirituelle assignée au Prophète (Bénédiction et Salut de Dieu sur lui) ? Quelle est l’approche retenue pour examiner les effets de cette éducation sur ses Compagnons ? Telles sont les questions qui seront abordées dans cette causerie.

 

Comme on l’a indiqué dans le précédent article, l’effet exercé par la Lumière Divine sur les cœurs est décrit dans le Coran (Sourate al-nûr (la Lumière), verset 35) :

“ Dieu est la Lumière des cieux et de la terre. Sa Lumière est comme une niche dans laquelle se trouve une lampe. La lampe est dans un verre ; le verre est comme une planète (astre) brillante. Il est allumé par un arbre béni, un olivier qui n’est ni de l’Orient ni de l’Occident. Son huile est prête à éclairer bien que le feu ne l’ait pas touchée. Lumière sur Lumière. Dieu guide vers Sa Lumière qui Il veut ; Dieu propose des symboles aux hommes et Dieu est Omniscient ”.

D’après les premiers commentateurs du Coran, la niche représente la poitrine de l’homme, qui est le siège de la foi et le verre lumineux est son cœur. A cet égard ; le célèbre Compagnon du Prophète (Bénédiction et Salut de Dieu sur lui) ‘Abdallâh Ibn ‘Abbâs a déclaré vers la fin de sa vie : “ La direction de Dieu dans le cœur du croyant est comme l’huile pure qui brille avant que le feu ne l’ait touchée et lorsque le feu l’a touchée‚ elle ne cesse de croître en splendeur. C’est ainsi qu’est le cœur du croyant : il agit sous une direction jusqu’à ce que la Connaissance lui soit donnée ”.

Au sujet du cœur ; Dieu dit clairement dans la sourate Al Hajj (le pèlerinage ; verset 46) : “ Ce ne sont pas les yeux qui sont aveugles ; mais aveugles sont les cœurs à l’intérieur des poitrines ”. De même‚ dans un célèbre Hadîth ; le Prophète (Bénédiction et Salut de Dieu sur lui) dit : “ Le corps contient une mâchure (mudgha)‚ si elle est saine tout le corps est sain et si elle est mauvaise tout le corps est mauvais : il s’agit du cœur ”.

Les enseignements transmis par le Prophète (Bénédiction et Salut de Dieu sur lui) à ses Compagnons dépendaient de leurs degrés de réalisation spirituelle. En effet ‚ Abû Hurayra n’a –t–il pas dit : “ J’ai conservé dans ma mémoire deux trésors de connaissance que j’ai reçus de l’Envoyé de Dieu. L’un‚ je l’ai divulgué‚ mais si je divulguais l’autre‚ vous couperiez cette gorge (et il a montré sa propre gorge) ”.

Le Prophète (Bénédiction et Salut de Dieu sur lui) parlait souvent de la supériorité de certains de ses Compagnons sur d’autres. Un jour ‚ à la Mecque ‚ au moment de la victoire‚ Khâlid Ibn al- Walîd s’était mis en colère contre ‘Abd ar- Rahmân Ibn ‘Awf qui lui avait fait un reproche. Le Prophète (Bénédiction et Salut de Dieu sur lui) qui était présent lui dit : “ Doucement Khâlid‚ laisse mes Compagnons en paix‚ car même si tu possédais le mont Uhud tout en or et tu le dépensais pour Dieu, ton mérite n’atteindrait pas celui d’aucun de mes Compagnons ”.

Évoquant la cécité des cœurs et sa guérison, le Prophète (Bénédiction et Salut de Dieu sur lui) a dit : “ Pour toute chose il existe un moyen d’enlever la rouille et ce qui polit le cœur, c’est l’invocation de Dieu ”. Lorsqu’on lui demanda qui Dieu placerait au rang le plus élevé le jour de la Résurrection, il répondit : “ les hommes et les femmes qui pratiquent beaucoup l’invocation de Dieu ”. Quelqu’un s’interrogeait si ceux-ci seraient placés au dessus même de ceux qui auraient combattu dans le sentier de Dieu, il répondit : “ Celui qui aura invoqué Dieu occupera un degré encore plus élevé que celui qui aura manié l’épée au milieu des infidèles et des idolâtres, jusqu’à ce qu’elle soit brisée et ensanglantée ”.

Le Prophète Sidna Muhammad (Bénédiction et Salut de Dieu sur lui) a dit qu’il a été envoyé pour parfaire l’excellence des comportements. Aussi, pour donner une idée un peu plus précise sur l’éducation spirituelle des Compagnons –et notamment les quatre califes bien guidés–, avons-nous opté pour une approche comportementale. Elle consiste simplement à établir un rapprochement ou une correspondance entre certains comportements exemplaires du Prophète (Bénédiction et Salut de Dieu sur lui) et ceux observés chez certains Compagnons.

Il va sans dire qu’une recherche plus fouillée et plus fine peut être menée à partir d’une lecture approfondie de sa biographie (As Sîra) et des recueils de Hadîth authentiques (comme ceux des Imams Al Bukhârî et Muslim). Dans le cadre étroit d’un article journalistique, notre ambition est de montrer, à travers des exemples concrets de comportements observés chez certains Compagnons, que le respect de la Sunna (Tradition) tant revendiqué –à juste titre–par certains, ne saurait se limiter à une lecture passive de la Sîra du Prophète (Bénédiction et Salut de Dieu sur lui). Autrement dit, il ne suffit pas de connaître, même de façon approfondie, sa vie, ses actes et ses paroles, pour prétendre à une transformation intérieure. En effet, la purification du cœur et la lutte contre les maladies de l’âme –ordonnant le mal ou an-nafs al ammâra bi ssû’– ne viennent pas d’une simple connaissance livresque. Elle sont conditionnées par la stricte observance des prescriptions de la Sharî‘a (Loi Divine) et par un enseignement spirituel, sous la direction d’un maître éducateur (Shaykh at Tarbiyya), héritier du Prophète (Bénédiction et Salut de Dieu sur lui) –au sens d’une filiation spirituelle ou “ sanad ”–.

Comme le souligne le Coran, le Prophète (Bénédiction et Salut de Dieu sur lui) n’a pas été envoyé uniquement pour transmettre les enseignements de la Sharî’a, mais il avait également pour mission la “ Tazkiyya ” ou la purification des cœurs. Sa seule présence a permis d’opérer cette transformation radicale des Compagnons qui sont passés des états inférieurs et vils de l’âme, durant la période antéislamique de la Jâhiliyya, aux états supérieurs et nobles de la fitra (pureté originelle). Grâce à son éducation spirituelle, ils sont passés de l’idolâtrie, l’infanticide et l’attachement aux biens de ce monde à la foi, la piété et le détachement scrupuleux.

Samir HALOUI

Universitaire

 

(A suivre)



 

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