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Le paramédical a la cote Formation professionnelle

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Mercredi 28 décembre 2004. Une salle décorée pour fêter, comme il se doit, la fin de l’année. De la musique, de l’ambiance, une jeunesse en liesse dansant et rigolant autour d’un homme assis dans son fauteuil. Il est aussi enthousiasmé par cette fête que n’importe quel autre participant. Il répond aux sourires, donne des accolades, des bises... Il est à l’aise et se sent au milieu des siens. Lui, c’est M. Taoufiq Zouheir, Président Fondateur du Centre d’instructions aux carrières paramédicales. Pourtant, il n’est pas infirmier de profession. Mais son amour pour ce corps lui a donné toute la détermination nécessaire pour créer cet établissement. Courtois, attentif, humain et sociable, M. Zouheir fait tout pour ne pas déranger son personnel. Un staff cosmopolite, où compétences nationales et étrangères ont des atouts indéniables en matière de formation d’infirmières et d’infirmiers. Si nous nous intéressons à cet établissement, ce n’est pas à cause de la
qualité de l’enseignement qui y est dispensé, car sur ce plan les cliniques privées et autres établissements hospitaliers sont là pour en témoigner. Pour preuve, toutes les promotions formées au CICP trouvent de l’embauche avant la fin de leurs études, ce qui montre bien qu’on est face à un cas d’école. Pour rappel, ce Centre est le premier et l’unique dédié à la formation du personnel paramédical à Rabat. Au delà des qualités de cet établissement, c’est le parcours de son initiateur qui demeure exemplaire. Son lien avec le corps médical, son désir d’aider les autres et son amour pour son pays qu’est le Royaume du Maroc sont à la mesure de son courage et de son abnégation. S’il est délicat d’étaler la santé de quelqu’un sur toute une page d’un journal, il est louable de vanter le courage d’une personne ayant passé près de cinq ans à l’hôpital, alité. L’histoire de cet homme extraordinaire est une leçon de courage pour tous ceux qui croient au destin. Dès sa tendre enfance, Zouhair est élevé au sein d’une famille modeste. Il suit normalement ses études avant de réussir son baccalauréat. D’un très bon niveau, il passe aisément le concours d’entrée à l’École nationale d’administration publique. Là, il suit ses études supérieures en économie avant d’obtenir une licence. Un jour, un accident tragique le conduit à l’hôpital où il va rester pendant cinq ans. Durant cette longue période , son monde sera celui des infirmiers, des internes, des professeurs. Un monde qui finit par devenir sa famille. Un amour est né pour ce corps noble. Toujours égal à lui-même, il n’a jamais perdu le sens de l’humour ni celui de l’honneur. À sa sortie de l’hôpital, l’actuel Président Fondateur n’avait d’autres ambitions que de rendre hommage à ces hommes et femmes qui l’ont aidé à remonter la pente. D’autant plus qu’aujourd’hui, au Maroc, il n’y a pas une structure spécialisée pouvant proposer ce que Zouhair a réussi . La société, dans sa grande frange, préfère maintenir ces catégories de personnes dans une situation de dépendance. Résultat : rares sont ceux qui peuvent créer leur propre société ou encore former des gens pour aider les autres. Au CICP,  Zouhair a pensé à toutes les disciplines. Créé il y a peu d’années, le Centre est agrée par le ministère de la formation professionnelle ainsi que par le ministère de la Santé. Les enseignants sont des infirmiers d’État, des cadristes, des médecins, des professeurs du secteur médical privé et étatique . Pour le règlement intérieur, l’initiateur du Centre a voulu que tout baigne dans la transparence, la discipline et le respect, en vue d’assurer une bonne formation aux élèves. Ainsi, il est noté à ce sujet que «le règlement devra être adopté et légalisé par chaque étudiant aussitôt après son inscription. En vue d’assurer une stabilité des futurs infirmiers et infirmières, une cafétéria à l’intérieur du Centre permet aux stagiaires de se restaurer sur place avec des tarifs étudiants.» Les profils formés sont «Infirmiers (ères) polyvalents, Infirmiers (ères) auxiliaires, Aides soignantes, Infirmières sages femmes et Infirmiers (ères) kinésithérapeutes». Des disciplines qui  demandent de la passion, de la sensibilité et de l’affection pour réussir. En optant pour une formation de trois ans, après le baccalauréat, le Président fondateur du CICP a voulu apporter une touche de fraîcheur à ce secteur qui manque cruellement de personnel. Par pur patriotisme dit-il, sans prétention ni dogmatisme.

Mamady Sidibé



 

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