Le cancer lymphatique est directement lié à l’existence des ganglions, moyen de défense du corps contre toute infection ou agression extérieure. Il s’agit d’un dysfonctionnement du système lymphatique, qui se traduit par une multiplication anarchique de lymphocytes. Il s’agit alors d’une altération de la fonction cellulaire. C’est ce que le corps médical qualifie de lymphomes.
Dans ce type de cancer, on distingue la maladie de Hodgkin (NH) et les lymphomes non Hodgkiniens (LNH), qui regroupent comme leur nom l’indique, toutes les maladies tumorales, lymphoïdes, en dehors de la maladie de Hodgkin. Ils atteignent particulièrement les organes lymphoïdes, notamment les ganglions. Dans cette même catégorie, on distingue les LNH indolents, dits également de bon pronostic et les LNH agressifs. Au moment où les premiers évoluent très lentement permettant une survie prolongée, même en l’absence d’une rémission complète. Les LNH agressifs, ou de mauvais pronostics, puisque présentant un haut degré de malignité, font que les patients sont emportés en peu de temps après le dépistage de la maladie. Pour autant, une lueur d’espoir pointe à l’horizon, aussi bien dans le premier cas que dans le second, les spécialistes avancent une nette amélioration grâce au progrès de la thérapeutique.
C’est dans cet esprit que s’inscrivent les premières journées d’Automne de la Société Marocaine qui ambitionne une meilleure prise en charge de la pathologie. Selon le Dr. Quessar, le Maroc doit se mettre à niveau. Dans cette optique, les praticiens ayant participé à ces journées ont insisté sur l’importance du diagnostic précoce. D’où l’intérêt de la sensibilisation des médecins. “ Lorsque le médecin constate chez le malade une adénopathie anormale, il doit penser au lymphome non Hodgkinien. Il doit prévenir un spécialiste qui devra à son tour établir un diagnostic. Plus on diagnostique rapidement le lymphome non Hodgkinien, plus on a de chances d’apporter le traitement optimal. Car ce type de cancer est curable ”, explique le dr. Quessar.
Thérapeutique onéreuse
Les différents spécialistes réunis à cette occasion sont unanimes : malgré la complexité de la prise en charge de la pathologie des Lymphomes Non Hodgkiniens (LNH) cette dernière peut être vaincue. Les avancées de la médication donnent aujourd’hui de plus en plus l’espoir, à défaut d’une guérison définitive, d’une rémission prolongée. Chez l’enfant les résultats sont impressionnants, la médication permet quasiment de vaincre la maladie. Après un traitement de l’enfant d’une durée de 4 mois uniquement, on constate une guérison complète.
La chimiothérapie occupe, certes, une grande place dans le traitement du lymphome mais elle aurait des limites, et beaucoup d’effets secondaires. Dans ce sens, l’immunothérapie vient compléter ou combler les limites que présente la chimiothérapie. L’anticorps monoclonal (anti CD20 Rituximab) administré seul a permis d’obtenir une réponse objective dans 1/3 des cas de lymphomes agressifs en situation de rechute ou de maladie réfractaire, y compris chez des personnes âgées.
Toutefois, si la médication a effectivement révolutionné la prise en charge des cancers, d’une manière globale, elle demeure l’apanage d’une catégorie socio économique relativement à l’aise, où du moins ayant une couverture médicale, à même de bénéficier des soins dans des structures privées. Il est à rappeler que le Maroc dispose d’un seul centre d’Hématologie et d’Oncologie pour quelque 30 millions d’habitants. De ce fait, plus de 5% des patients abandonnent le traitement avant le bilan d’extension, car ils viennent souvent de régions lointaines. “Il est indispensable d’améliorer les moyens de diagnostic et de disposer de médicaments suffisants pour une prise en charge adéquate de la maladie.”, rappelle le Pr. Benchekroun, chef du Service d’Hématologie et d’Oncologie Pédiatrique de l’Hôpital 20 Août.
L. Ouazry