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SOS hépatites, pour lutter contre la «sale» maladie Santé

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Le Maroc compte plus de 3 000 000 de porteurs du virus de l’hépatite C. Une maladie qui touche toutes les catégories socioprofessionnelles et qui nécessite, de ce fait, une vulgarisation auprès du grand public, eu égard au risque de contamination, au coût élevé de prise en charge, ainsi que le risque de graves complications. Conscients de cet état de choses, du fait de leurs contacts permanents avec les personnes touchées par cette maladie, certains  professionnels,  mais aussi des personnes atteintes de la maladie, et des bienfaiteurs, se sont fédérés en association, constituant ainsi une véritable illustration de bénévolat et de solidarité.
Baptisée «SOS hépatites», cette association entend encadrer les patients, leur apporter l’information et les conseils nécessaires, mais aussi le soutien psychologique dont ils ont besoin en particulier au début de la maladie. «En effet, c’est au moment où la maladie est dépistée que le porteur du virus a le plus besoin d’être réconforté afin qu’il puisse dépasser l’effet, voire le choc du diagnostic et aller de l’avant, en s’adaptant aux exigences de sa maladie et en premier chef le traitement.», explique le Pr. Driss Jamil président de SOS Hépatites.
Chapeautée par le Pr. Jamil, spécialiste des maladies de l’appareil digestif et ancien enseignant à la faculté de médecine de Casablanca, SOS Hépatites tombe à point nommé, pour combler un énorme déficit en matière d’aides aux malades atteints d’hépatites virales. Dans un contexte où l’information médicale reste l’apanage d’une population élitaire et où la prise en charge médicale demeure, à son tour, en l’absence d’une couverture médicale généralisée, inaccessible à toutes les catégories socio-économiques, SOS hépatites a toutes les raisons d’être.  «On ne peut pas se substituer à l’Etat, mais en tant que société civile, on peut apporter une aide. Nous avons une double mission, d’une part sensibiliser le grand public sur la gravité de cette maladie et d’autre part  convaincre les donateurs pour adhérer à cette cause.», dixit Pr. Jamil.

Maladie méconnue

En effet, l’hépatite C, malgré une prévalence considérable, est méconnue du grand public. Selon les statistiques de l’OMS, avec 170 millions de porteurs d’héptite C dans le monde, le taux de prévalence de ce virus et plus important que celui du VIH. De surcroît, «le nombre estimé de nouveaux cas diagnostiqués chaque année est de 3 à 4 millions avec le risque de complications majeures, notamment la cirrhose ou le cancer du foie. D’où l’importance d’un diagnostic et d’une prise en charge à temps. Partant, le dépistage précoce demeure le meilleur moyen vers la guérison. Il faut savoir que l’hépatite C est une maladie silencieuse, car très souvent, le porteur ne présente aucun signe clinique, et de ce fait, elle est souvent diagnostiquée à un stade avancé. Aussi, un test de dépistage s’avère-t-il nécessaire, en particulier dans le rang des populations à risque plus exposées aux modes de contamination. On peut, en effet, délimiter les moyens de transmission du virus dans les transfusions sanguines, les soins dentaires (cause la plus fréquente), le tatouage ou le percing (en vogue ces dernières années). D’autres facteurs de contamination intrafamiliales peuvent être à l’origine de la maladie. A titre d’exemple, l’utilisation d’un même coupe-ongles, d’un même rasoir ou d’une même brosse à dent par plusieurs membres de la même famille. D’où, encore une fois, l’importance du dépistage pour éviter qu’une personne atteinte, n’en contamine d’autres. Les toxicomanes présentent à leur tour une population à haut risque, alors que la transmission par voie sexuelle, demeure un fait négligeable (1%), contrairement au cas de l’hépatite B. Par ailleurs, il est à rappeler qu’au delà des populations à risque exposées aux mode de contamination précitées, toute personne peut  être atteinte du virus ravageur, comme le qualifie le Pr. Jamil, qui précise que 3 personnes sur100 en sont atteintes. D’où l’intérêt du dépistage précoce, car l’unique solution demeure, en cas d’un diagnostic tardif,  la greffe dont le coût est exorbitant. Aussi, en l’absence d’un vaccin contre l’Hépatite C, la prévention et la thérapeutique médicale demeurent les seules remèdes pour contrecarrer ce mal destructeur.
Dans ce sens, les professionnels prescrivent selon la charge virale de chaque patient, et le génotype du virus, soit l’interféron standard ou la Ribavirine ou un traitement qui allie les deux. Il est à noter qu’on distingue deux types d’Hépatite C. celui de type 1, ou les chances de guérison sont modestes par rapport à celui de type 2, où les chances d’une guérison totale sont  de plus de 80%. Ce que l’on doit particulièrement à l’avancée de la thérapeutique.

Thérapeutique onéreuse

Cependant, il est à rappeler que si l’Hépatite C peut être vaincue, notamment quand elle est dépistée  et traitée à temps, la thérapeutique demeure quand à elle hors de portée de toutes les couches sociales. En effet, le coût d’une prise en charge totale, combinant l’interféron pegylé et la Ribavirine, varie entre 120 000 et 240 000 Dhs à raison d’une injection par semaine (3000 dhs) et une boite de comprimé par mois (10 000 Dhs). La durée moyenne du traitement étant de 12 mois. Aussi, est-il impératif d’informer et de sensibiliser la population, mais aussi les professionnels de la santé, sur cette pathologie dite silencieuse, en vue notamment de réduire les éventuels risques de contamination. C’est dans cet esprit qu’est née SOS Hépatite. Visant la prise en charge sociale et sanitaire des patients, l’association entend organiser des échanges de compétences, mettre en place une formation continue au profit du personnel médical et paramédical. Dans ce sens les actions 2003-2004 de l’assocition porteront, selon le président, sur la sensibilisation à la prévention et au dépistage, à travers la mise en œuvre d’une campagne de communication (panneaux publicitaires et audiovisuels). L’association a également pour ambition de mettre en place la Journée nationale de l’hépatite C, en organisant un Hépathon. L’objectif étant de récolter les fonds nécessaires pour la prise en charge des malades défavorisés. A cet égard, il est à rappeler qu’outre les fonds propres de l’association apportés par certains de ses membres, ou dans le cadre de coopérations nationales et internationales, les responsables de SOS Hépatites, ambitionnent de drainer d’autres fonds en sensibilisant les mécènes, les institutions  en mesure d’apporter un soutien financier à l’association naissante. La devise de l’association étant «Ensemble nous vaincrons l’hépatite C.», car c’est en fédérant les énergies qu’on peut créer une véritable synergie et partant aller de l’avant quelle que soit la cause.

Leïla Ouazry



 

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