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Fedala bétonnée Billet

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Plages, forêts, lacs…, la citée des fleurs,  dispose de tous les atouts d’une ville  touristique. Située sur la côte atlantique entre les capitales administrative et économique, à 25 kilomètres de l’aéroport Mohamed V, Mohammedia, est une ville agréable à vivre ou, du moins, elle le fut. Ceux qui méconnaissent son histoire et ses années de gloire, ont souvent tendance à la prendre pour un appendice de Casablanca, mais la ville a sa propre identité qui en fait une cité originale. Une casbah qui date du 18ème siècle, un casino qui drainait d’éminents personnages nationaux et étrangers, deux établissements qui comptaient parmi les fleurons de l’hôtellerie à l’échelle internationale, ainsi qu’un port où se négociaient d’importants commerces à partir des 14ème et 15ème siècles, sans oublier la place qu’elle a occupée dans l’histoire contemporaine du Maroc. Ce n’est pas pour rien que cette ville fut si chère à SAR Feu Moulay Abdellah.
Aujourd’hui, la ville va en se dégradant, les présents élus ne se soucient guère de son image. Peu importe qu’elle soit vivable ou non, qu’elle soit aérée, une citée des fleurs, qu’elle compte dix mille palmiers et qu’elle séduise par son calme et sa beauté. En l’espace de trois années la ville a connu une poussée immobilière vertigineuse. Des immeubles se sont érigés dans des zones classées villas. Résultat les dunes qui donnaient un charme particulier à la ville basse ne sont plus visibles. Ce qui a complètement dénaturé le paysage de la ville, qui s’altère de plus en plus. L’allure qu’ont pris les complexes immobiliers à Mohammedia est fort inquiétante. La ville est en passe d’être asphyxiée sans que personne ne bouge le petit doigt. Elle finira par être une ville sans âme et sans relief alors qu’elle a tout pour être une ville discrètement prestigieuse. Il est regrettable de constater l’acharnement sans répit auquel elle s’expose. Nous assistons aujourd’hui, impuissants et désarmés, au bannissement de l’esthétique et de l’originalité de Mohammedia
Un appel solennel est lancé à l’agence urbaine de Casablanca, qui délivre les autorisations pour ce genre de constructions dès que la superficie du terrain est égale ou supérieure à 5000m2. 
Nous avons le choix entre ville en béton et une citée des fleurs. De grâce,  réagissons pour le devenir de cette ville. Sauvons ce qui reste encore de Fedala la charmeuse.

L. Ouazry



 

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