La ville de Casablanca s'est dégradée durant ces dernières années en raison d’un ensemble de facteurs qui ont fini par miner la ville. L’habitat insalubre, résultat des effets de la sécheresse et de l’exode des populations rurales, a fait que la banlieue de Casablanca a connu une prolifération vertigineuse des bidonvilles, engendrant une croissance démographique intense. Ce qui aggrave le problème de la saleté à Casablanca. La ville regorge de néo-citadins qui n’ont aucune notion du civisme et ignorant tout de la vie en communauté et dans un espace urbain. Une situation aggravée par le manque d’engagement des anciens élus qui ne se sont jamais acquittés de leurs tâches convenablement, laissant ainsi la ville dans un état d’abandon et de laisser-aller révoltant.
L'actuel président du conseil de la ville, M. Mohamed Sajid, a tranché en décidant de concéder la collecte des ordures et le nettoiement au privé. L’objectif étant de couper avec les habitudes du passé et de permettre aux casablancais d’évoluer dans un espace urbain digne de ce nom. Un espace où la propreté ne laisse pas à désirer. L’idée étant de revaloriser la ville sur tous les plans. Les entreprises adjudicataires sont opérationnelles depuis plusieurs mois. Des progrès ont, en effet, été constatés, le niveau de propreté de Casablanca va en s’améliorant, toutefois certaines zones demeurent sales. Pour les citoyens, cette situation est imputée à une sorte de discrimination de la part des entreprises en charge de la collecte des ordures et du nettoiement. “ Les quartiers huppés sont tout le temps privilégiés, nous n’avons pas droit au même traitement alors que nous avons le mêmes obligations en tant que contribuables ”, déclare un habitant au quartier des Roches Noires (zone qui relève du territoire de Tecmed ”. Du côté des responsables des entreprises en question, il n’est nullement question de privilège ou de discrimination. “ C’est une question de temps d’une part, le démarrage de toute activité n’est pas aisé et d’autre part certaines zones sont plus maîtrisables que d’autres. ” déclare M. de Lacampa, directeur d’exploitation de Tecmed (voir entretien). Le cas de la ville de Mohammedia, également gérée par Tecmed, est particulièrement frappant. Le niveau de propreté que l’entreprise a pu atteindre en très peu de temps dans cette ville est impressionnant. Ce qui réjouit fortement les habitants de la ville. “ Notre performance à Mohammedia est attribuée à notre expérience à Casablanca, d’une part. Maintenant, nous sommes parvenus à optimiser notre activité parce qu’on connaît mieux le terrain, on connaît les problèmes qu’il faut éviter, les difficultés à dépasser, ce qui nous permet d’avoir une meilleure maîtrise de notre activité et de nos résultats. Et d’autre part, le volume des déchets industriels de Mohammedia et nettement inférieur à celui de Casablanca.”, déclare-t-on chez Tecmed.
Un autre axe où le travail de l’entreprise espagnole se fait ressentir de manière très positive est l’axe autoroutier à proximité de Sidi Moumen où sont implantées une poignée d’industries de gros calibres. On note une intervention permanente des agents de Tecmed, ce qui se traduit par une propreté impressioonnate à ce niveau là.
Toutefois, force est de constater que certains points noirs minent encore la ville. Ces points noirs sont liés, selon les responsables de Tecmed aux détritus provenant du secteur du bâtiment eu égard aux constructions massives que connaît la ville en ce moment. Tout comme le balayage devrait se faire plus régulièrement dans certains quartiers. Le cas des Roches-Noires ou encore Derb Soltane, près de Kissariat Al Hafari, illustre parfaitement ceci.
Un autre problème se pose également au niveau de la collecte des ordures. Ce travail devrait, en principe, se faire la nuit, comme cela se fait ailleurs, pour ne pas perturber le cours de la circulation, déjà chaotiqu le jour. Une thèse que la direction de Tecmed apprécie et souhaiterait voir aboutir “ Cela nous permettra de mieux accomplir notre tâche, sans déranger ou être dérangé.” Autre mesure qui, selon M. De Lacamp, rendrait le travail de Tecmed plus probant est de procéder au nettoiement en privilégiant l’eau au balayage. Ce qui est très peu probable et il faudra attendre plusieurs années avant de voir une telle chose se réaliser.
Enfin, un autre facteur fait que la saleté persiste dans certaines zones de la ville. Il s’agit du manque de civisme des citoyens qui ne font pas le moindre effort pour préserver un minimum de propreté et pour que le travail des entreprises ne soit pas vain. Dans ce sens, la wilaya a un projet de brigades vertes pour amener les gens à respecter l’environnement. (voir entretien).
L.O.
Moyens matériels de Tecmed
L’entreprise déploie :
- 6 balayeuses mécaniques,
- 2 citernes d’arrosage, 333 chariots de nettoyage,
- 6 camions lave-containers,
- une tractopelle,
-10 multibennes,
- 12 425 conteneurs d’une capacité de 800 litres et 1800 d’une capacité de 50 L, 1242 de 360L,
-1800 corbeilles,
- 87 bennes tasseuses, 27 mini bennes,
-20 voitures de service,
- 49 caissons mécaniques,
25 camions entrepreneurs.
Carte de visite TECMED
Tecmed est un groupe d’entreprises spécialisées dans l’environnement. Appartenant à 100% au groupe constructeur ACS, il réunit ses capacités économiques et financières, avec l’expérience et la qualité des techniques de ses entreprises spécialisées dans les services municipaux de collecte et nettoiement.
Le groupe TECMED, qui a démarré en 1991, couvre toutes les activités relatives à l’environnement, tant le traitement des déchets, qu’ils soient urbains, hospitaliers, industriels ou agricoles, que la réalisation de tous types de services municipaux, collecte des déchets, nettoiement, jardinage, curage des égoûts, nettoyage intérieur, etc.
Ces activités sont réalisées par des entreprises spécialisées qui sont soit à 100% Tecmed ou avec une participation majoritaire dans le cas d’implantation locale.
L’évolution du groupe a généré un processus de fusion qui permet d’avoir une implantation nationale avec la dénomination TECMED, couvrant une population de deux millions et demi pour les services de traitement des déchets et de plus de trois millions pour les services de collecte et de nettoiement.
TECMED compte actuellement plus de 6000 employés avec une implantation en Espagne, Maroc, Égypte, France, Mexique et Colombie. Les prévisions du CA pour 2004 sont supérieures à 400 millions d’Euros.
Au Maroc, la société emploie un effectif de 1180. Elle gère trois zones: La zone II avec 478.000 habitants et une production de déchets de 195.000 tonnes/an. La zone IV avec 523.000 habitants et une production annuelle de déchets de 125.000 tonnes. Et la zone V avec une population de 350.000 habitants et une production annuelle de 83.000 tonnes. Ce qui correspond à 80 km. La moyenne mensuelle des ordures collectées par mois est d’environ 974.945 tonnes.