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La santé pour tous... Billet

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Ces dernières semaines ont été auréolées par un mouvement de contestation des médecins de la santé publique. Des revendications, somme toute, légitimes. Toutefois, au vu du comportement de certains praticiens, on pourrait se demander si elles le sont vraiment...
La scène se passe au service de radiologie du CHU Ibn Rochd à Casablanca, un centre de référence, comme le qualifient beaucoup de grands techniciens de la santé. Un septuagénaire s’évanouit, au moment où sa femme le laisse seul sur un banc, pour aller au guichet s’acquitter du montant de la facture à payer. Hospitalisé depuis plusieurs jours dans l’un des services du même établissement, le vieux devait faire un scanner. Souffrant et affaibli par la maladie, il a épuisé ce qui lui restait de forces en marchant, vêtu d’un léger pyjama et chaussant des pantoufles, en dépit d’une température très basse ce matin, jusqu’au service en question. Ceux qui connaissent cet établissement savent la distance qui peut séparer un service d’un autre.
Il aurait été plus judicieux que ce vieil homme soit conduit au service de radiologie en chaise roulante... Une enveloppe budgétaire de 2,5 milliards de Dhs a été dégagée pour lancer le plan d’action 2003-2007, un plan ambitieux visant la restructuration du secteur, mis au point pour assurer une meilleure prestation sanitaire  aux citoyens. Pour autant, deux années après le lancement de ce programme, nul changement n’a été constaté. L’Etat des lieux contraste avec les aspirations du Maroc, préconisant “La santé pour tous”.
Le problème qui s’est posé ce jour là, dépasse le côté matériel. On ne peut nullement incriminer le personnel pour un manque de chaises roulantes. Mais on est en droit de lui demander d’humaniser la médecine, en particulier dans les services de la santé publique, un secteur où l’exclusion et la marginalisation des démunis sont la règle. Quelle fut la réaction des blouses blanches, toutes catégories confondues, (infirmiers, médecins résidents ou internes, étudiants stagiaires), face à ce vieillard pris de  malaise? Aucune, tout le monde passait à côté, comme si c’était un chien par terre, ( Pour son malheur, il faut dire qu’il n’y avait pas sur place les gens de la S.P.A-Société de Protection des Animaux !). Aux appels de patients suffoqués  par l’état du vieux monsieur, deux blouses blanches avaient, quand même, froidement conseillé de lui donner quelque chose de sucré, tout en poursuivant leur petit bonhomme de chemin  et sans “daigner” s’approcher de l’agonisant, essayer de voir ce qu’il avait, le faire éventuellement réanimer ou du moins appeler quelqu’un pour s’en occuper.
Sous des cieux plus cléments, cela s’appelle “non assistance à personne en danger” et puni pénalement comme tel ! 
C’est bien d’avoir des revendications, mais encore faut—il les justifier, les mériter, quoi ! Le serment d’Hippocrate est sacré. Certains médecins, qui ont eu l’obligation universitaire de le prononcer, doivent en ignorer la signification, tant leurs motivations semblent vaciller vers autre chose, sauf, comme nous l’espérons, erreur de notre part...

L. Ouazry



 

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