Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Grand public
Entretien avec M. Karim Tazi, Président du pôle distribution locale au sein de l’Association Marocaine des Industries Textiles e

Auteur :

La Nouvelle Tribune : Que pensez-vous de cette éclosion de nouvelles enseignes internationales depuis 3 ou 4 ans au Maroc et à Casablanca particulièrement?
M. Karim Tazi :
Je pense que toutes les enseignes qui s’installent ne peuvent avoir qu’un effet positif pour le marché local. On est en train de passer au nouveau millénaire en terme de distribution. Jusqu’ici la distribution locale était un petit souk organisé et globalement, en terme d’offres, il n’y avait pas grand-chose. La seule différence entre le souk et les centres commerciaux, c’était les vitrines. Aujourd’hui, ces nouvelles enseignes, crédibilisent la place. Auparavant, les femmes, en quête de nouveautés en matière de mode, ressentaient le besoin de se déplacer en France ou en Espagne. Maintenant, elles trouvent toute l’offre sur place et elles peuvent comparer. Lorsqu’elles s’intéressent aux franchises internationales, les femmes viennent plus souvent voir les enseignes locales, c’est donc tout bon pour nous.

Quel est l’impact des enseignes internationales sur l’économie marocaine?
Ces enseignes internationales ont un impact favorable et dynamisant pour les enseignes marocaines modernes qui vont jouer le jeu de la mode, de la qualité, de la tendance, de la créativité et du merchandising. Cependant, les enseignes marocaines ont besoin de temps pour se développer et s’implanter. A cet effet, il ne faut pas ouvrir tout de suite et tout azimut le marché local aux étrangers. Les premières tentatives d’enseignes locales sont toutes jeunes, elles ont à peine 2 ou 3 ans.

Les enseignes marocaines sont peu connues. Quelles sont-elles ?
Il existe une petite dizaine d’enseignes locales organisées. Outre Marwa, sans être exhaustif, on peut citer Flou-Flou-Flou, Océane, Indigo,  dans le prêt-à-porter pour femmes. Pour les hommes, il y a Moxe, 303, Votre Mesure. Les enseignes locales doivent fournir un véritable travail de merchandising, de design, de visuel et de communication pour se démarquer. Sans ce préalable, les enseignes ne se remarquent pas et passent inaperçues. A court terme, il  aura de plus en plus de création d’enseignes locales car cela correspond à une évolution naturelle. Lorsque le niveau de vie s’élève dans les pays émergents, le prix de la main-d’œuvre augmente et induit un risque de perte de compétitivité au niveau international. On assiste donc à un redéploiement de la distribution sur le marché local.

Le secteur textile marocain est-il en crise ?
Le secteur textile a des défis majeurs à relever. Il est clair que le démantèlement de l’accord multifibre (AMF) en 2005 et la suppression par la Communauté européenne de tous les quotas qui limitaient les importations chinoises et indiennes, entre autres, laissent présager une forte poussée des importations de ces pays vers l’Europe. Les exportateurs marocains, tunisiens et tous les autres, perdant par la même occasion leur statut préférentiel, seront inévitablement confrontés à cette situation, source d’inquiétudes légitimes. Maintenant, il faut que le Maroc ait des atouts, qu’il exploite mieux la carte de la proximité. On attend aujourd’hui du Maroc de la créativité et de la réactivité. Les enseignes internationales vont acheter leurs premiers prix et leurs grosses séries en Extrême Orient mais le Maroc doit se positionner pour les modèles nouveaux, créatifs qui sont achetés en dernière minute. Il y a donc un gros travail à accomplir en matière de structuration de l’offre marocaine : on doit absolument passer à une offre plus créative. Le département “ Mode Création ” que je dirige également a l’AMITH a d’ailleurs une démarche globale en ce sens.

F.D.D.



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com