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Attention aux hépatites virales en milieu professionnel ! Médecine du travail

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Publier le : December 2, 2004

Les maladies infectieuses, en particulier les hépatites virales, représentent la première cause de mortalité au Maroc. La prévalence des hépatites virales B et C en milieu professionnel varie entre 1.5% et 2.5% pour le premier cas et 1.6% à 7.7 % pour le second. Ce qui pose, selon le Pr. Majida Zahraoui, un véritable problème de santé publique. Si ces maladies ne sont pas pronostiquées et prises en charge à temps, elles évoluent vers de graves complications (cirrhoses), tout comme le risque de contamination n’est pas du tout maîtrisé. L’entourage familial et professionnel de la personne encourt de forts risques de contracter le virus et de le transmettre à son tour à d’autres personnes. Ce sont, en effet, des maladies qui présentent un large champ de contamination à cause du non respect des conditions d’asepsie. Pour rappel, le degré de transmission d’une hépatite B à travers la voie sexuelle est six fois plus important que celui du VIH.
Comment éviter cela? D’abord par la vaccination quand on a cette possibilité et c’est justement le cas pour l’hépatite B. “Aujourd’hui, il existe des traitements, il est insensé de ne pas les utiliser. Le vaccin contre l’hépatite B est recommandé, voir indispensable dans le rang  des populations à risque ”, explique Pr. Zahraoui, selon qui le dépistage des malades contagieuses tout au début fait partie de la surveillance de la santé des travailleurs. Selon le Pr. Laraqui, président de la SMMT, le nouveau code du travail, au même titre que le code des droits et obligation, responsabilise l’employeur. Le comité d’hygiène et de sécurité est une nouveauté du code du travail. “Lors des différentes visites médicales, le médecin du travail peut demander des examens complémentaires qui sont à la charge de l’employeur lorsque ces  examens sont nécessaires pour le dépistage des maladies professionnelles ou contagieuses.” Si un cas est détecté, le dépistage s’impose alors pour tout l’entourage familial et professionnel.
En effet, le dépistage précoce représente en partie 50 % de la prise en charge de la maladie. Pour les spécialistes, Le VHC, au même titre que le VHB est un tueur silencieux. La maladie peut évoluer pendant des années sans signe clinique. De ce fait, elle est souvent détectée à un stade avancé. D’où l’intérêt de la prévention primaire ou technique, qui consiste à supprimer les dangers et éviter les expositions, le cas échéant, on passe à la prévention secondaire ou médicale. “ Le médecin de travail est un investigateur, son rôle consiste à identifier le mal ou le danger pour pouvoir le supprimer ou le combattre.”, déclare le Dr. Kholti, qui considère qu’en dehors d’une politique générale de lutte contre l’évolution des hépatites virales, comme ce fut le cas pour le VIH où le ministère prend en charge une partie du traitement, on va aller vers une grave prévalence de la maladie. “ Une fois le dépistage réalisé, on doit être en mesure de traiter. On ne peut pas lâcher dans la nature les personnes chez qui la maladie est diagnostiquée. ”
A partir de là, l’intérêt de la médecine du travail et du rôle qu’elle peut jouer dans la prévention des maladies infectieuses et du manque à gagner que cela représente pour l’Etat s’avère indéniable. “ Nous sommes un chaînon important pour le développement socio-économique  car nous nous occupons de la population active. Ce que nos décideurs n’ont pas encore compris, dixit Pr. Laraqui.
Il est à rappeler qu’aujourd’hui, seuls 8% de la population active disposent d’une couverture médicale alors qu’on ignore tout du reste. Or, on pourrait avoir une cartographie sanitaire de l’ensemble de la population active grâce à la couverture médicale généralisée. Partant, le Pr. Laraqui estime qu’il est urgent  que le ministère de la Santé mette en place un un programme national de “ santé au travail ”, qui serait financé conjointement par le département de la Santé et de l’Artisanat (Tourisme).  L’objectif étant de permettre à tous les ouvriers, aux petits artisans, et aux forçats de travail aux faibles revenus d’en profiter.  “La majorité des artisans décèdent à 40 ans, eu égard aux conditions de travail où leur santé est mise à rude épreuve”, avance-t-on à la SMMT.
Pour conclure, le Pr. Laraqui a rappelé que la médecine de travail est un investissement rentable et non pas un investissement de plus pour l’Etat. “ Le rôle préventif du médecin du travail est considérable. Son champ d’intervention en milieu du travail est vaste et recouvre particulièrement la prévention des risques professionnels et la promotion de la santé. ”

Leïla Ouazry

Que prévoit la loi ?

Le code civil et le code du travail régissent l’hygiène, la sécurité, et la santé au travail. Ils définissent les acteurs et les moyens de la prévention contre les maladies professionnelles. L’entreprise est le premier responsable des conditions d’hygiène et de salubrité. Elle doit faire appliquer à ses employés un règlement interne sur ces questions afin de garantir la sécurité et la santé de chacun.
Le chef est le premier responsable.
Il doit veiller à ce que les locaux de travail soient dans un bon état de propreté et présentent les conditions d’hygiène et de salubrité nécessaires à la santé des salariés. Les salariés sont de leur côté appelés à se conformer au  règlement interne établi et dont le non respect est considéré comme faute grave justifiant le licenciement.
L’employeur doit se soumettre, quand la loi est correctement appliquée, à un certain nombre d’obligations et de précautions en matière de sécurité et de santé. Dans les cas de maladies professionnelles, il doit étudier la possibilité d’affecter l’employé à un poste compatible avec son état de santé, réévaluer l’analyse des risques avec le médecin du travail, agir sur les conditions de travail pour réduire, voire si possible, éliminer tout risque,  informer les employés sur l’existence de maladies professionnelles au sein de l’entreprise.
Les acteurs publics de la prévention
Bon nombre d’acteurs interviennent dans le domaine de la prévention. Au niveau de l’administration, le ministère de l’emploi pilote les inspections médicales du travail et contrôle l’application de la législation sur l’hygiène et la sécurité dans les entreprises. Les comités d’hygiène et de sécurité analysent les risques professionnels et assurent l’applications des normes en vigueur.



 

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