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A la mode de chez eux … et de chez nous Shopping à Casablanca

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Le nombre de franchises installées à Casablanca va crescendo. Il existe aujourd’hui sur le marché une multitude d’enseignes aussi bien marocaines qu’étrangères. Sur quelque 220 enseignes implantées au Maroc c’est Casablanca qui se taille la part du lion avec plus d’une soixantaine, tous secteurs confondus. Ceci est particulièrement frappant dans le secteur du prêt-à-porter, marqué par une cadence effrénée de nouvelles franchises. Le secteur compte près de 28% de la totalité du réseau. La capitale économique a vu en l’espace d’une année le nombre des nouveaux investisseurs passer du simple au double. Cet essor a une incidence directe sur le prix du foncier qui a flambé dans certaines zones de Casablanca. En l’espace de moins de deux années, le prix du mètre carré est passé de 5000 / 6000 Dhs  à 9000 / 10000 Dhs autour du quartier Maârif, centre névralgique de Casablanca et du Triangle d’Or, quartier huppé de la métropole où est installée la majorité des marques franchisées. Quel est alors le secret derrière un tel engouement pour le Maroc et pour Casablanca en particulier?

Vif engouement

Plusieurs facteurs justifient, en effet, cet intérêt. Selon M. Abdelwaheb Benchrif, Master franchisé de Mario Di Sutti, marque de prêt-à-porter pour hommes, qui ouvrira ses portes à Casablanca, en janvier 2005, et également directeur général de Marionnaud (une enseigne qui a nécessité une enveloppe de 50 millions de Dhs), plusieurs facteurs expliquent cet intérêt pour le Maroc. “ Un système économique stable favorisant l’investissement, une société de consommation en pleine évolution, la proximité, sont autant de critères au crédit du Maroc. ”
D’autres facteurs non moins importants expliquent cet engouement pour le Maroc en général et Casablanca en particulier. Il s’agit notamment du libre transfert des capitaux, du démantèlement tarifaire enclenché depuis quelques années, les accords de libre échange, mais surtout la suppression du prix de référence en 2001. Par ailleurs, le choix pour Casablanca s’explique par le fait que c’est la ville qui couve  les franges les plus aisées et à fort pouvoir d’achat, ainsi que la plus grande partie de la population active du Maroc. De surcroît, Casablanca peut se targuer d’infrastructures à même de répondre aux exigences des investisseurs. La capitale économique représente le poumon du Maroc, avec une activité commerciale soutenue, un port qui totalise 60% de l’activité commerciale du pays, une production industrielle intense et une concentration du capital financier.

Paradoxe

Il convient de rappeler que de telles implantations nécessitent de lourds investissements. Mais le retour sur l’investissement est-il assuré ?
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, eu égard au faible pouvoir d’achat des Marocains, les franchisés sont unanimes “ le Maroc est une société de consommation en plein essor ”. En tout cas, elle est en passe de l’être. En attestent les taux d’affluence qui ont marqué les premiers jours d’ouverture du magasin Zara, emblème de la success story du prêt-à-porter, et surtout les longues files d’attente devant les caisses. Le rapport qualité-prix étant un critère de choix important.
Depuis, le magasin, au même titre que les franchises fraîchement installées ne désemplit pas. Ce qui témoigne d’un besoin et d’une demande effectifs émanant d’une clientèle «in», en mal de nouveautés, de qualité et donc à l’affût des nouvelles tendances à des prix abordables.
C’est dire que le secteur de la mode semble drainer un mouvement de consommation fort impressionnant, à même d’assurer un retour sur l’investissement. A ce titre, rappelons que le groupe Aksal a consenti une enveloppe de l’ordre de  200 millions de Dhs, dont deux réservés à la formation du personnel qui compte quelque 150 personnes. Selon le management du groupe, Zara Maroc réalise les meilleurs chiffres du groupe. Pour ce faire, le groupe a opté pour une politique de vente adaptée au marché local. Partant, les tarifs proposés par Zara Maroc sont légèrement supérieurs à ceux pratiqués outre-mer, droits de douane obligent. 
Côté la Senza, la marque de lingerie d’origine canadienne, connaît à son tour un  véritable élan. Selon, les clients, l’enseigne est venue répondre à un véritable besoin, en matière de lingerie raffinée. “ Auparavant, le choix était limité et la qualité n’était pas toujours au rendez-vous, même si les tarifs n’étaient pas des moins disants. Aujourd’hui, la Senza propose une large gamme de produits, dans des matières de bonne qualité, des formes et des coloris à la mode, à un prix abordable et des collections sans cesse renouvelées. ”

Affaire en or

Idem pour les autres marques. On citera entre autres, La City, franchise française de prêt-à-porter féminin, qui a élu  domicile au quartier Racine, au grand bonheur des femmes friandes de belles choses et qui a nécessité un investissement de 4 millions de dirhams. “ C’est un investissement conséquent, mais eu égard au déroulement des choses depuis l’inauguration au mois de juin, je suis très optimiste. Je suis sûre que le retour sur l’investissement, même s’il n’est pas immédiat, est assuré. Toutefois, il ne faut pas se leurrer en pensant qu’une telle affaire peut être rentable à court terme: outre l’investissement de départ, il y a les  stocks, qu’il faut financer régulièrement. Pour un magasin comme celui- là, il faut compter un minimum de 1500 pièces minimum pour une  durée de deux, trois mois.”, explique Mme Pascale Djourh, master franchisée de la marque, qui affirme que la demande existe, même si elle est consciente que les tarifs proposés ne sont pas accessibles à toute la population puisque ce sont les mêmes que ceux pratiqués en France. Or, les salaires pratiqués là-bas et ceux pratiqués ici ne sont pas les mêmes. Je pense qu’une étudiante ne peut pas se permettre de se payer un pantalon à 200 Dhs alors qu’en France c’est différent ”. Il convient de rappeler que les prix de La City sont plutôt accessibles à la catégorie socioprofessionnelle B, qui représente le coeur de la cible de la marque, à savoir, des femmes actives (cadres, professions libérales ...). Il faut compter environ 200 Dhs, pour un pull en laine ou en coton, près de 500 Dhs pour un Jean’s, entre 900 et 1600 Dhs pour un tailleur classique. “Nous ciblons la femme active, la citadine, à la recherche d’un produit de mode offrant un bon rapport qualité / prix”, explique Mme Djourh.  Forte de ce succès, la marque ouvrira un autre magasin début janvier 2005 à Rabat.
Cette assurance s’explique, selon les investisseurs, par une très forte demande qui va en évoluant. “ Cette évolution est liée à celle d’un taux d’urbanisation qui va en augmentant. Et par conséquent, il ouvre de parfaites perspectives pour le secteur. ” Selon M. Bencherif, DG de Marionnaud, “ nous tablons sur un chiffre d’affaires de 35 millions de dirhams/ an et les prévisions actuelles attestent qu’on va atteindre ces objectifs”. Cela s’explique par l’existence d’une véritable demande. “ Certes, nous ciblons toutes les catégories socioprofessionnelles, mais aujourd’hui, on peut constater que notre clientèle est majoritairement A ; nous souhaitons toucher les catégories B et B+.” Et de poursuivre “ contrairement à ce qu’on dit, il n y a pas un faible pouvoir d’achat, mais un pouvoir d’achat mal réparti. Le panier moyen qui est de l’ordre 600 Dhs est très bien, il n’a absolument rien à envier à celui de la France ”, argue M. Bencherif. Là également, le promoteur a été obligé de s’aligner sur le marché local, “ nous sommes obligés de baisser notre marge pour avoir des prix accessibles. ” Toutefois, on peut noter quand même une légère différence (5%) par rapport aux prix pratiqués en France. “ Le démantèlement douanier n’est pas encore définitif, nous sommes taxés par la tarification des produits de luxe.”, explique-t-on chez Marionnaud. Pour Manuela Médina, directrice du magasin, il n’y a pas photo, le projet est sur les bons rails. “ Nous sommes fiers de notre enseigne et les clients savent reconnaître la qualité du conseil et du service. Je peux vous assurer que ce projet pilote est un véritable succès. La preuve, c’est que certaines marques comme Lancôme qui s’étaient retirées du marché marocain, parce qu’elles estimaient qu’il ne répondait pas à leur image, ont décidé de revenir sur ce marché en exclusivité chez Marionnaud. ”, dixit Manuela Médina.

Ville stylée

Par ailleurs, il est à noter que la ville aussi y trouve son compte, c’est un outil de modernisation et de développement de la cité dont les retombées profitent à toute la communauté, puisque cela permet de créer des emplois, et par conséquent un dynamisme et une émulation économique dont les bénéfices sont ressentis à divers niveaux.
Autre avantage des franchises, c’est la fraîcheur des collections qui sont renouvelées au même temps et dans tous les pays où la marque est implantée. Idem pour les soldes. Les dates et les promotions sont pareilles partout.
Enfin, il est à signaler que si le marché est majoritairement constitué par des franchises étrangères, les enseignes locales près d’une trentaine, connaissent également un développement impressionnant. Marwa, Indigo, Flou Flou, Kanaï…, et Rive Bleue (dans la catégorie du luxe), sont autant d’enseignes locales, qui attestent que le succès n’est pas limité aux marques étrangères, et qu’on peut être une marque maroco-marocaine et avoir du succès. Il suffit de proposer des produits et un service de qualité, et suivre la tendance pour répondre à une demande à forte valeur ajoutée.
Seul hic, Casablanca souffre d’un grave problème de stationnement, auquel il faudrait remédier dans l’urgence car il y va de l’évolution d’un secteur aussi vital pour l’économie de la ville. Faites appel à vos méninges, messieurs les élus et messieurs les promoteurs !

L.O.

Modernisation et lifting chez Alpha 55

Pour fêter son quart de siècle, Alpha 55 s’offre un lifting. L’ouverture au 6ème étage d’un nouvel espace, baptisé “Alpha CREATEURS”, est une preuve tangible de cette cure de jouvence. Ce lieu a pour vocation d’accueillir des expos sur des thèmes régulièrement renouvelés. Les artistes peintres, sculpteurs, ébénistes d’art, créateurs de bijoux et d’objets de décoration pourront s’exprimer librement dans leur domaine de prédilection.
Le thème actuel, “ Les seventies revisitées par les artistes d’aujourd’hui ”, a inspiré le maître ébéniste et architecte d’intérieur, Jamil Bennani, qui expose des meubles mariant avec élégance bois, métal et pierre. Le canapé 70 ‘ ou la lampe fassie de l’architecte et designer, Hicham Lahlou, nous séduisent ainsi que les superbes bijoux en argent coulé de Luc Baille et plus particulièrement, ses bagues, bracelets et ras de cou ornés d’une magnifique fleur au pistil de corail rouge. Des petits miroirs des frères et sœurs Kandjaoui fabriqués à base de matériaux de récupération, aux sacs parés de bijoux marocains d’Asmaa Sidi Baba (nous devrions nous les arracher…les touristes aussi !) en passant par les peintures calligraphiques de Selwa Tazi Benjelloun, il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses. A quand un espace réservé aux jeunes créateurs de mode ?

F.D.D.



 

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