Succession d’Arafat
Les "cons jectures" de Kepel et Dumas
"Soyons directs…", émission animée par Emmanuel Chain (M6, vendredi 5 novembre).
L’état de santé du raïs palestinien a quasiment fait de l’ombre aux élections présidentielles amères-icaines. Ce ne sont pas tant sa survie ou son décès qui ont alimenté les débats, mais plutôt l’énigme de sa succession à la tête de l’Autorité palestinienne. En compagnie de ses invités, Roland Dumas, ex-ministre des Affaires Étrangères de l’Hexagone, Gilles Kepel, professeur à l’Institut des Etudes Politiques de Paris, penseur spécialiste des pays arabes et musulmans, et Bruno Solo, boute-en-train du petit et du grand écran, Emmanuel Chain (ex-animateur de l’émission Capital) se sont attelés à déterminer lequel des assesseurs de Yasser Arafat s’emparerait du témoin, reprendrait le flambeau de la lutte pour la création d’un État palestinien.
Les experts rameutés par M6 évoquent alors une poignée d’"Abou" (père de), puis s’attardent sur un nom : Marwan Barghouti, qu’ils disent être le dirigeant le plus populaire au sein des territoires occupés, un gars qui a bâti sa réputation dans la rue, un guérillero instruit. "Le hic, précise Dumas, c’est qu’il est emprisonné à vie".
Alors là, tout de go, sans crier gare, ça part en vrille, en sucette, en c… ! Une chose en amenant une autre, les invités échafaudent un scénario qui ne tient tellement pas la route qu’on en dirait une Mercedes Classe A de première génération conduite par un gars bourré vilain!
Ils nous ont fait une reprise des Élucubrations d’Antoine, parole! Ou alors un remake d’un film d’Ingmar Bergman! Sans déc’, Dali est d’un conformisme, d’une platitude affligeants par rapport à la fureur surréaliste, au sens sensass de l’avant-garde cérébrale contenus dans la thèse avancée par Dumas et Kepel…
Selon ces experts illustres, en effet, il est tout à fait envisageable que George Bush(era plus jamais du bureau ovale) fasse pression sur l’Etat d’Israël pour que Marwan Barghouti soit relaxé, gentiment, et qu’il préside aux destinées de la nation (sans État) palestinienne.
Et puis quoi encore ? Et mon c…, c’est du poulet ? Bien sûr qu’il ferait un chef d’Etat du tonnerre, Barghouti ! Zeus, ce serait, et s’abattraient ses foudres sur Sharon et les méchants sionistes*. Mais c’est précisément pour cela que Bush et Sharon n’ont pas intérêt à le sortir du trou. S’il a pris perpète, Barghouti, c’est parce que les Israéliens entendaient se débarrasser une bonne fois pour toutes de la menace que ce dirigeant du Fatah, membre du Conseil général de l’OLP, professeur de l’université de Jérusalem (et commanditaire avéré, selon Israël, du moins) de plusieurs attentats meurtriers, représente.
Faut être givré (de vrai) pour imaginer Bush le Texan (vergogne) avoir ne serait-ce qu’une pensée, fut-elle mauvaise, pour un gars comme Barghouti. Bush n’a jamais rien tenté pour instaurer la paix au Proche-Orient durant son premier mandat. Maintenant qu’il a été réélu, et qu’il ne peut plus l’être une troisième fois, et alors qu’il n’en a plus que faire de soigner son bilan, il est probable qu’il s’en tamponne davantage (encore) du règlement du conflit israélo-palestinien.
Stade avancé de sénilité ? Ratiocination tellement puissante qu’il faut en avoir autrement que moi dans le ciboulot pour saisir la teneur des propos échangés lors du talk-show? A vous de juger, lecteurs. Perso, j’ai tranché : on savait qu’il n’était pas très porté sur l’intellectuel, que son truc à lui, c’était plutôt le manuel, Chain! On s’attendait, cela dit, à des vues de l’esprit, à des argumentations et des conjectures moins fragiles, Kepel et Dumas
M.L.
• “Scusez” du pléonasme !
Sionisme
BHL ou le diable en tête
"D'un monde à l'autre", émission animée par Paul Amar, (France 5, samedi 6 novembre 13h35)
Paul Amar, ancien présentateur de JT sur France 2, anime brillamment un petit bijou d'émission, "D'un monde à l'autre". Il y fait participer des étudiants à Sciences po, qui interviennent autant que faire se peut, posent des questions aux invités de ce "pro, très pro...gramme".
Une émission de choix -comme il en est peu sur le PAF-, sabotée quelque peu par son dernier invité en date: BHL, Bernard Henri Lévy, intellectuel hype, "genre style zaâma" chemise-ouverte-chaîne-en-or-qui-brille..., philosophe peu sage, souvent partial; "le diable en tête"!
Quel affront que d'accorder à cet énergumène le même statut intellectuel que Platon, Hobbes, Nietzsche, Alain... Quelqu'un qui, sans ciller, avance (chez Amar, donc) que le sionisme est une idéologie magnifique, unes des rares à n'avoir pas enfanté quelque chose d'abject, ne mériterait même pas d'être considéré comme un propagandiste (même Goebbels disait pas des âneries pareilles; pas à la téloche, en tout cas, ou alors j'ai raté le document Pathé le montrant déblatérer sa haine nauséeuse sur ondes hertziennes).
Ce qui est proprement affligeant dans ce moment de télé, c'est que ni Paul Amar ni les étudiants de Sciences po n'ont relevé l'énormité commise par BHL. Un petit "et Sabra et Chatila, c'était une partie de plaisir, peut-être?" se serait imposé, pourtant; histoire de verser un peu (pas des masses!) de baume au coeur des pauvres Palestiniens, préoccupés par les déboires de santé de leur dirigeant! Mais non!
"Casse-toi tu pues et marche à l'ombre, BHL" aurais-je maugréé, si je faisais partie des invités de cette émission que je kiffais à donf, avant; avant que BHL ne s'y pointe! Manque de pot, je fais pas Sciences po !
Télé-réalité
Trêve de Queer
Queer, émission animée par cinq tantouzes (TF1)
Je suis pas homophobe parce que… chacun est libre de faire ce qui lui chante avec son arrière-train! Cela dit, je ne suis pas pour autant homophile. Pour tout dire, ils me débectent, les cinq présentateurs du nouveau concept de télé-réalité de TF1. C’est vrai qu’ils sont terriblement tendance, dans le vent ; c’est vrai que les homosexuels sont devenus les ambassadeurs de la "branchitude" ; c’est vrai aussi qu’elles réalisent des miracles, les cinq tantes de Queer, lors de cette émission dont le principe est de relooker des personnes et de repenser de fond en comble la déco de leur domicile. Nonobstant le mérite professionnel de ces cinq fées gays, je préfère encore être habillé pour le restant de ma vie comme le dernier des ploucs, et vivre dans un endroit aussi branché que pouvaient l’être les goulags de Staline, plutôt que de fricoter avec les cinq folles.