Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Grand public
Une vision à long terme La politique hydraulique du Maroc

Auteur :

Les sources hydriques ont de tous les temps été au centre des préoccupations du Maroc. La politique du maroc en matière d’eau, matérialisée par la réalisation de centaines d’ouvrages, ainsi que l’organisation du premier forum mondial de l’eau est significative dans ce domaine.

 

Tous les scientifiques et hommes éclairés s’accordent à dire que le grand défi qui se pose à l’humanité pour ce troisième millénaire est celui relatif à la préservation de l’eau. Pour beaucoup de responsables, il est impératif de prendre conscience des enjeux majeurs que représente le développement d’une stratégie activée et efficiente visant à prévenir les risques liés à la rareté des ressources en eau. Le Forum de Kyoto, qui se tient du 16 au 23 mars, a montré davantage la préoccupation de la communauté internationale face à ce qu’il convient d’appeler «la menace de l’eau». Le Maroc, qui est amplement représenté à cette rencontre internationale par S.A.R. le Prince Moulay Rachid, a manifestement compris la question de l’eau depuis des décennies. Sa politique des barrages, depuis son accession à l’indépendance, en dit long sur cette réalité. En créant aussi une récompense dans la recherche de l’eau en 1997 à Marrakech, le Maroc et le Conseil mondial de l’eau ont compris par la même occasion l’idée selon laquelle la maîtrise des ressources hydriques est la voie idoine pour réaliser un développement durable et assurer un bien-être à la population mondiale. Appelé Grand Prix mondial Hassan II de l’eau, ce trophée encourage les travaux de préservation de cette ressource précieuse et contribue ainsi à sa gestion rationnelle et à son accessibilité pour tous. Pour les promoteurs du Grand Prix mondial Hassan II de l’eau, cette distinction a été instaurée pour permettre de disposer d’un outil politique devant stimuler la prise de conscience, la réflexion et les initiatives concernant le domaine de l’eau. Lors du premier forum mondial de l’eau, tenu en mars 1997 à Marrakech, feu Hassan II a rappelé à la place primordiale de l’eau dans tout développement socio-économique. «L’eau et le développement humain durable sont indissociables. Sans un approvisionnement adéquat en eau, sans une gestion saine de cette ressource, le développement socio-économique peut être tout simplement remis en cause, et l’on peut affirmer sans risque de se tromper que le défi de l’eau sera crucial dans les années à venir», avait-il déclaré. Cette approche a toujours marqué la politique  marocaine en matière d’eau. Aujourd’hui, le Maroc compte plus d’une centaine de barrages, les uns plus grands que les autres, mais qui répondent tous aux mêmes préoccupations : approvisionner la population en eau potable et assurer l’irrigation des terres. D’ailleurs, l’oeuvre accomplie dans le domaine de l’hydraulique a également permis au Maroc d’améliorer son savoir-faire dans le domaine des études et de la réalisation des ouvrages hydriques, contribuant ainsi à l’émergence d’une expertise nationale de l’eau aussi bien dans le secteur public que privé. Dans cette optique, souligne un expert, la nouvelle stratégie de développement des ressources en eau au Maroc ambitionne, à la faveur des grandes orientations royales, de capitaliser ces acquis dans le cadre d’une gestion durable et efficiente répondant aux défis actuels et futurs.

 

Une gestion saine et rigoureuse

 

Cependant, le défi de l’eau n’est pas simplement une question d’une seule nation, elle incombe à tous les États. À ce sujet, le forum de Kyoto est appelé à créer une plate-forme à même de coordonner les différentes politiques mises en place pour une meilleure gestion de l’eau et appeler ainsi à un changement profond d’attitude de la part des gouvernements et des institutions internationales. Selon S.A.R. le Prince Moulay Rachid, cette démarche doit avoir pour objectifs : la priorité à donner au secteur de l’eau dans les programmes de développement des États, la mise en place de mesures concrètes pour un accès démocratique à l’eau, la bonne gouvernance, sans laquelle la durabilité de l’accès à l’eau n’est pas assurée pour tous, ainsi que la solidarité à l’intérieur des États et entre les États. Ce sont là autant d’indications qui devront permettre d’instaurer, à long terme, une coopération internationale et une sensibilisation de la population en matière de gestion de l’eau. Pour autant, l’entretien des ouvrages d’art n’est pas laissé de côté. D’ailleurs, le Comité marocain des grands barrages (CMGB) vient d’organiser une conférence, sous le thème “Analyse des risques liés aux barrages et réduction économique de ces risques”, pour dévoiler les mesures prises en matière de risques liés aux barrages. Animée par d’éminents chercheurs et experts nationaux et étrangers, cette conférence a été le moment privilégié d’échanger les différentes approches dans ce domaine. En effet, l’analyse des accidents et de leurs conséquences à travers le monde peut aider à identifier et à réduire l’essentiel des risques pouvant exister au Maroc. Comme les risques de rupture et leurs conséquences varient beaucoup suivant le type de barrage, le volume du réservoir et les circonstances (premier remplissage, crues, séismes...), les analyses doivent être très spécifiques. Il en est de même pour les moyens d’amélioration.

 

Solidarité internationale

 

Le Maroc a construit une centaine de grands barrages dont 50% en remblai, 15% en maçonnerie et 35% en béton. Une vingtaine sont antérieurs à 1950. Il y a aussi de nombreux petits barrages, généralement en remblai: l’objectif principal est le stockage d’eau (irrigation et eau potable) pour un total de 15 milliards de m3 d’eau (moitié des apports annuels). La production hydroélectrique est d’environ 2000 Gwh, moitié du potentiel. Les problèmes de   crues et de séismes sont importants. Cette étude de comparaison à l’échelle mondiale et qui concerne 40.000 barrages est relative à la sécurité et les coûts de ces ouvrages. Les barrages construits au Maroc depuis 20 ans sont épais et représentent des conditions de sécurité satisfaisantes ” comme l’a souligné M. Mohamed Zitouni, Directeur de l’aménagement hydraulique. Selon lui, les vieux barrages au Maroc restent résistants face aux crues et il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Les experts du département procèdent à des tournées de vérification périodiques”. Cependant, a-t-il ajouté, les risques sont très spécifiques aux différents types d’ouvrage suivant les circonstances (mise en eau, crues, séismes, etc.). Donc une actualisation des critères de choix, une utilisation prudente de solutions nouvelles permettent une économie des barrages neufs, un gain de sécurité des ouvrages existants, éventuellement un gain sur leur performance. In fine, analyser de manière simplifiée les quelques risques principaux de nombreux barrages, identifier les barrages à risque, diviser par 10 leur probabilité de rupture et réduire leurs conséquences par des moyens structurels ou non, peuvent être efficaces pour un coût et des délais réduits. Ce qui fait dire à un participant qu’il ne suffit plus de stocker de l’eau, mais d’entretenir les ouvrages pour une meilleure rationalisation au profit de la population et de l’agriculture.

 

M.S.



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com