Les espaces verts manquent à Casablanca et les rares jardins publics que compte la métropole sont malheureusement mal entretenus. Le parc de la Ligue arabe, qui représente,n en quelque sorte, la mémoire de la ville, en est un exemple criant.
A quelques mètres de la Communauté Urbaine de Casablanca(CUC), et bien à proximité de la Wilaya, se situe le parc de la Ligue arabe (pour ne citer que celui là). Un grand espace vert, en principe, dédié à un objectif récréatif, permettant aux habitants de la ville d’avoir un bol d’oxygène, un moment de béatitude dans un environnement sain et bien aménagé. Un lieu ornant l’espace urbain et offrant une vue agréable dans un endroit aéré où ils pourront se divertir, ainsi que leurs enfants, sachant qu’ils évoluent dans une ville polluée à cause d’une forte concentration démographique et industrielle.
Cependant, force est de constater que les choses ne fonctionnent nullement de la même manière à Casablanca. La ville manque terriblement d’espaces verts, le béton des interminables bâtisses étouffe la ville; la moyenne d’espaces verts par habitant ne dépasse guère 1,5m2. Alors que les quelques rares espaces dont Casablanca dispose encore sont dans un état qui laisse à désirer, offrant l’image d’une ville anarchique, hideuse et sale. Ce qui provoque un spectacle de désolation et un sentiment d’amertume chez les citoyens. Un constat qui contraste avec la volonté de M. Driss Benhima d’aménager l’espace urbain. En atteste ta transformation de la place «La Concorde» en espace vert, ce qui a suscité la grande satisfaction des Casablancais.
Le jardin de la Ligue Arabe, d’une superficie d’environ 4 hectares est pratiquement abandonné dans un état de décrépitude. L’espace s’est transformé depuis longtemps en un débarras où sont jetés déchets, ordures, voire même excréments. Un manque d’entretien consternant laisse cet espace dans un état lamentable, se substituant à un hôtel de Dieu, où la prostitution s’exerce quasiment au vu et au su de tout le monde et les homosexuels et les SDF squattent les lieux. Ce qui crée un sentiment de débauche, d’insécurité et un sentiment de révolte chez le contribuable, qui s’acquitte de ses impôts en vue d’évoluer dans un espace sain, organisé et non dans un foutoir qui ne suscite point l’intérêt des hauts responsables et élus locaux . M. le Wali n’a cessé de répéter : «Nous avons le choix entre une ville qui gagne et une ville qui perd. Le premier cas n’est pas impossible. Il suffit de fabriquer une stratégie positive. La Wilaya est en mesure de le faire». Selon lui, la ville peut se transformer, à l’instar de Barcelone, en une ville bien structurée, ou au contraire en un espace mal organisé, mal conçu et finalement invivable et irrécupérable à l’instar de Calcutta.
Il va sans dire que la gestion de la ville n’est pas une mince affaire, et encore l’euphémisme est nuancé, par rapport à la réalité. Mais, là, il s’agit uniquement d’espaces verts, dont la gestion, qui ne relève pas de la Wilaya, ne nécessite certainement pas un budget considérable. Partant, il est temps de remédier à ce phénomène qui va en s’amplifiant et engendre une série d’autres problèmes qui dénaturent la cité.
Chaque commune est appelée à gérer les espaces verts relevant de sa compétence. Par ailleurs, la CUC est responsable de la gestion des espaces verts, qui présentent un intérêt général pour la ville, tels que les jardins de la Ligue arabe, Merdokh... Cependant, en réalité, le constat est le même, aussi bien du côté des communes, que de la CUC, rien n’est fait. Il semble que personne ne s’occupe du problème. Quelle en serait la cause de ce laisser-aller?
Contacté à ce sujet par La Nouvelle Tribune, le chef de division Espaces verts n’était pas autorisé à communiquer, le président de la CUC étant en déplacement au Cambodge. Serait-il à la recherche de végétations pour nos espaces ?
Leïla Ouazry