Le mouvement féminin, à travers le Printemps de l’égalité, revient à la charge. Une campagne de plaidoyer en faveur de la réforme du Code du statut personnel est lancée. Ce sont les chefs des partis politiques qui sont ciblés.
Après la campagne de sensibilisation diffudans les deux chaînes nationales, mettant en avant la nécessité de la réforme de la Moudawana et l’État de précarité que vit un bon nombre de femmes à cause du présent dispositif du Code du statut personnel, le Printemps de l’égalité relance le débat sur la question de la femme. Ce dispositif représentant une vingtaine d’associations féminines, a pour objectif de voir aboutir, dans les plus brefs délais et dans le bon sens, le dossier de la réforme de la Moudawana. A cet effet, une nouvelle campagne de sensibilisations est entamée. Elle cible les dirigeants des partis politiques. Il s’agit d’une interpellation de la classe politique, sous forme d’une demande explicite de leur positionnement vis-à-vis du mémorandum du Printemps. «Notre objectif est d’impliquer les leaders des partis politiques, afin qu’ils adhèrent à notre cause et qu’ils défendent d’une manière concrète et pragmatique nos principes et nos revendications.», explique Mme Leïla Rhiwi, vice présidente de l’ADFM et coordinatrice du collectif Le Printemps de l’égalité. Finis les beaux discours, on passe à l’action. L’idée du mouvement féminin est d’engager effectivement les partis politiques dans le processus de changement qui se limite à l’heure actuelle à une série de revendications, que le mouvement féminin voudrait transformer en amendements du texte de loi. «L’objectif du Printemps de l’égalité est d’accélérer les travaux de la commission d’une part et d’autre part faire en sorte que son action aille dans le sens des revendications du mouvement féminin.», déclare Mme Rhiwi, selon qui un certain nombre de partis ont déjà été contactés, dont le GSU, le PPS, le FFD et le PSD. Ces derniers ont tous reçu le projet du Printemps de l’égalité en mettant en avant «le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes dans les droits et responsabilités et en faveur d’une relation conjugale et familiale basée sur l’affection, le respect et la solidarité mutuelle.»
Les résultats de campagne et les réactions des différents partis politiques seront diffusés, dès que la campagne sera achevée.
L’objectif d’une telle action est de sensibiliser les décideurs et particulièrement les membres de la Commission chargée du dossier de la réforme de la Moudawana quant à la situation d’injustice dont fait l’objet la femme marocaine et partant l’urgence et la nature de cette réforme à la veille de la date fatidique. En effet, un grand nombre de Marocains et Marocaines aspirent à un prompt changement qui permettrait à la femme marocaine d’intégrer le développement socio-économique. Car, il va sans dire que le développement du Maroc est tributaire du développement de la condition de ses femmes, dans une démocratie au vrai sens du terme. Cette commission devait se pencher sur le code du statut personnel qui représente un minimum par rapport aux revendications globales des femmes. Le Plan d’action d’intégration de la femme, revendique bien plus qu’une simple réforme de la Moudawana. Mais cela permettrait au moins d’amorcer, le changement pour aboutir à un véritable plan d’intégration, voire une égalité effective entre la femme et l’homme, un principe qui n’est pas consacré par notre constitution.
L’avènement de quelque 35 femmes au parlement, est,
certes, porteur d’espoir, mais avec seulement trois ministres, nous sommes encore loin d’un «gouvernement mixte». Ceci permettrait incontestablement d’avoir un regard différent sur la condition de la femme dans un pays en cours de construction d’une démocratie.
L.O.