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Anarchie dans les rangs des taxis Casablanca

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L’anarchie bat son plein dans le secteur des taxis. Insolence, manque d’hygiène et de respect...et la liste est longue. C’est une avalanche de plaintes et de reproches que les usagers des taxis rouges avancent dès qu’on aborde le sujet. Le phénomène est frappant, notamment aux gares de Casa-port et Casa- voyageurs, aux heures de pointe. Aucune éthique, aucune considération, c’est «la criée», qui prend le dessus. 

A quand la fin de ce laisser-aller ?

 

Le transport en commun connaît au Maroc, depuis très longtemps, une défaillance qui s’est transformée en crise profonde. D’où la montée en flèche du parc-automobiles (véhicules particuliers). La voiture n’est donc plus considérée comme un luxe, mais une nécessité. Si le problème est ainsi résolu pour certains, par contre, pour une grande majorité dont le revenu est modeste, le transport en commun demeure l’unique moyen de déplacement. Or, il n’est un secret pour personne que le  parc-automobiles de la RATC,  régresse. Aujourd’hui, on y compte quelque 230 véhicules, dont une grande partie est hors d’état de fonctionner. La crise qui frappe le secteur du transport urbain privé depuis la fin de la dernière décennie n’arrange pas la situation. Résultat, les usagers du transport en commun se ruent vers les taxis qui demeurent pratiquement l’unique moyen de transport à Casablanca. Une mégalopole qui compte près de 6 millions d’habitants sans  moyens de transport adéquats. Forts de ce constat, les conducteurs de taxis passent outre toute réglementation et bafouent toute morale. Ils savent qu’ils sont incontournables. Si, avant, les citadins empruntaient ce moyen de transport en toute quiétude et confort, aujourd’hui, c’est une nécessité, une contrainte. Selon, plusieurs usagers, certains  conducteurs de taxis devraient voir leur permis de confiance retiré.

Beaucoup de chauffeurs de taxis sont indignes de cette profession. Et pour cause, ils ne remplissent pas les conditions morales requises pour l’exercice du métier, en raison de leur comportement.

Outre le non respect du code de la route, des usagers et de la profession en général, l’état physique du conducteur (non rasé, tenue vestimentaire incorrecte, ivre même ...) et du véhicule laissent à désirer. «Je suis obligée de prendre un taxi 4 fois par jour. J’en vois de toutes les couleurs: la cigarette, la musique imposée, la pénurie de monnaie, l’arnaque, la perte de temps, le non fonctionnement du compteur... Il y a même des chauffeurs qui osent faire des avances à leur clientes et proposer leur numéro de portable...Je peux vous raconter un tas de petits incidents, qui finissent par devenir grands au point de vous gâcher l’existence.», déclare Ilham documentaliste.

Aujourd’hui, Casablanca compte plus de 7000 taxis rouges. Ces derniers «courent» après les courses pour atteindre le maximum avant le fin de leur service. Le comble du phénomène, c’est ce qui se passe aux heures de pointes aux deux gares de l’ONCF: les personnes qui font la navette de Rabat et Mohamédia vers Casa et vice versa, en savent bien quelque chose.

 

Constat préoccupant

 

«C’est un véritable calvaire, je n’exagère pas». La première remarque qui frappe c’est le nombre de taxi en stationnement, mais sans conducteurs. Ces derniers sont postés à la porte de la gare et demandent leurs destinations aux passagers qui viennent de débarquer. Si l’adresse ne correspond à leur direction, ils abandonnent le «client» pour en chercher d’autres correspondant à leur itinéraire. Il arrive souvent que des directions soient indiquées à haute voix comme à la criée.(Il semble qu’on revient aux anciennes habitudes des «Car âraïbat à Benjdia). Au fait, le principe est simple, les taxis drivers en quête aveugle de gain, doivent trouver trois personnes qui vont dans la même direction et encaisser ainsi le prix de trois courses. Donc, si vous n’allez pas à Maârif, au centre ville, il faut avoir la patience d’attendre. D’ailleurs, il arrive même, parfois, que les chauffeurs refusent de transporter des personnes qui sont ensemble. Quelle était notre  surprise, quand une femme, avec ses deux enfants et un sac de bagages à la main, n’a pas trouvé transporteur, alors qu’une poignée de taxi étaient là. A chaque fois, c’était la même réponse, «La alalla, Maghadiche Temma» (Non Madame, ce n’est pas sur ma direction». Un manque de civisme qui dépasse toutes les limites. Aussi, les personnes qui n’ont pas de temps à perdre, doivent supporter ces agissements, frustrés par un sentiment d’incapacité. Autre remarque, ou autre vérité: si la destination n’est pas bien éloignée, et que le compteur ne peut dépasser 5 ou 6 dirhams, le conducteur négocie avec le client à l’avance. «Vous me donnez 10 Dhs pour y aller» Avec le compteur, c’est 5,50 Dhs. Argument du conducteur: cette destination est une perte parce qu’après avoir déposé le client, je  reviens vide».

Enfin, malgré cette anarchie et ce manque de considération, voire cette absence de civisme, un geste d’un agent de la sécurité nous a tout de même fait plaisir. Il s’agit d’un incident entre une jeune femme et un taxi driver qui a été réglé grâce à son l’intervention. Le taxi avait demandé à la jeune femme de s’installer dans le véhicule, après lui avoir demandé sa destination. Entre temps, il a pris sur un touriste qui allait à l’opposé de cette destination. Il a donc demandé, sans le moindre scrupule, à la jeune personne de quitter le véhicule !  Contrainte de s’exécuter, elle a été remarquée par cet agent de sécurité, alors qu’elle se chamaillait avec le conducteur et il a, après avoir écouté la jeune femme, obligé le chauffeur du taxi, à la déposer en premier, et il a noté son numéro.

Moralité: il faut incontestablement instaurer un système de contrôle inopiné pour prévenir,et démasquer toutes ces infractions. Ce qui se solderait par des mises à pied, des retraits de permis, provisoires ou définitifs. Lors des pointages, un contrôle pointu de l’État du véhicule devrait être accompagné, dans les faits, d’un contrôle de la tenue vestimentaire et de l’état physique du chauffeur (propreté).

La Wilaya s’était sérieusement penchée sur la question, il y a  quelque mois, mais concrètement les choses n’ont pas évolué.  La situation est préoccupante, elle dépasserait même cette l’instance qui n’arrive pas à la contrôler, en vue d’y remédier ! . La profession demeure éclatée et par conséquent anarchique (Il existe plus de 17 syndicats de taxis). Si actuellement les agréments et les permis de confiance sont décentralisés et permettent à chaque préfecture de disposer de son quota , bon nombre de professionnels du secteur voudraient voir le système de pointage rénové.

Jusqu’à quand ce laisser-aller de la part des autorités ? Un laisser-aller qui fait que le manque de civisme de certains et le non respect de la loi rendent la vie dure aux citoyens. 

 

Leïla Ouazry



 

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