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Prendre en charge l'hépatite C Médecine

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Malgré une prévalence considérable, l'hépatite C demeure méconnue du grand public. Selon les statistiques de l'OMS, avec 170 millions de porteurs d'héptite C dans le monde, le taux de prévalence de ce virus et plus important que celui du VIH. De surcroît, le nombre estimé de nouveaux cas diagnostiqués chaque année est de 3 à 4 millions avec le risque de complications majeures, notamment la cirrhose ou le cancer du foie. D'où l'importance d'un diagnostic et d'une prise en charge à temps. Partant, le dépistage précoce demeure le meilleur moyen de la guérison.

Forte prévalence

Au Maroc on estime le nombre de porteurs du virus à 300 000 cas. Dans un contexte où l'information médicale reste l'apanage d'une population élitaire et où la prise en charge médicale demeure, à son tour, en l'absence d'une couverture médicale généralisée, inaccessible à toutes les catégories socio-économiques, l'association SOS Hépatites s'est engagée dans la lutte contre les hépatites virales. Son principal objectif étant d'encadrer les patients, leur apporter l'information et les conseils nécessaires, mais aussi le soutien psychologique dont ils ont besoin en particulier au début de la maladie. C'est dans cette optique que l'association a organisé vendredi dernier une journée portes ouvertes, en parallèle avec le lancement du nouveau site internet www.hep-links.com. Ce site est "le résultat d’une initiative lancée en 2003 par un groupe mondial d’associations, et contient des informations relatives à plus de 60 groupes de patients dans plus de 20 pays. Il est d’abord destiné aux personnes nouvellement diagnostiquées comme porteuses du virus, et aussi plus généralement à toute personne qui s’intéresse à l’hépatite C". L'objectif étant une meilleure vulgarisation de cette pathologie eu égard au risque de contamination, au coût élevé de sa prise en charge, et au risque de graves complications.
Pour le Pr. Driss Jamil, Président de l’association marocaine SOS Hépatites, “l’association est extrêmement fière de faire partie de cette initiative majeure qui vise à aider les personnes infectées par le VHC. Internet est de plus en plus utilisé pour des recherches précises d’informations : ainsi en quelques clicks les patients peuvent réaliser qu’ils ne sont pas seuls face à la maladie.”

Diagnostic

Il faut savoir que l'hépatite C est une maladie silencieuse, car très souvent, le porteur ne présente aucun signe clinique, et de ce fait, elle est souvent diagnostiquée à un stade avancé. Aussi, un test de dépistage s'avère-t-il nécessaire, en particulier dans le rang des populations à risque plus exposées aux modes de contamination. On peut, en effet, délimiter les moyens de transmission du virus dans les transfusions sanguines, les soins dentaires (cause la plus fréquente), le tatouage ou le percing (en vogue ces dernières années). D'autres facteurs de contamination intrafamiliales peuvent être à l'origine de la maladie. A titre d'exemple, l'utilisation d'un même coupe-ongles, rasoir ou brosse à dents par plusieurs membres de la même famille.
Les toxicomanes présentent à leur tour une population à haut risque, alors que la transmission par voie sexuelle, demeure en fait négligeable (1%), contrairement au cas de l'hépatite B. Par ailleurs, il est à rappeler qu'au delà des populations à risque exposés aux modes de contamination précités, mais personne n'est à l'abri, toute personne peut  être atteinte du virus ravageur, comme le qualifie le Pr. Jamil, qui précise que 3 personnes /100 en sont atteintes. D'où l'intérêt du dépistage précoce, car l'unique solution demeure, en cas de diagnostic tardif,  la greffe, dont le coût est exorbitant. Aussi, en l'absence d'un vaccin contre l'Hépatite C, la prévention et la thérapeutique médicale demeurent les seuls remèdes pour contrecarrer ce mal ravageur.
Dans ce sens, certains patients qui ont connu la maladie ont fait part lors de cette journée, de leur expérience en attestant qu’un bon suivi du traitement et un soutien psychologique de l’entourage sont fondamentaux dans le processus de guérison.
Il faut, en effet,  rappeler que le traitement de l’hépatite C a beaucoup progressé en 15 ans. "Quand le virus a été identifié et que les médecins ont commencé à le traiter, seuls 10 à 20% des malades pouvaient être soignés. Aujourd’hui, les nouveaux traitements permettent d’éliminer  le virus dans 50 à 80% des cas." rappelle-t-on à SOS Hépatite.
Mais combien sont-ils, ceux qui ont accès à la médication au Maroc ?

L.O.

L’association SOS Hépatites a été créée en octobre 2003 dans l’optique de donner à la société civile sa place dans le combat contre les hépatites virales qui ne concerne pas uniquement les instances sanitaires étatiques, mais aussi le grand public et les professionnels de la santé. SOS Hépatites œuvre par ailleurs pour offrir une information efficiente par le biais de plusieurs supports éducatifs. Elle assure un soutien psychologique aux patients qui vivent au quotidien avec cette maladie. Les objectifs de SOS Hépatites sont multiples : aider à la prise en charge sociale et sanitaire, sensibiliser au dépistage, échanger les compétences et la formation continue, organiser des réunions, séminaires et journées scientifiques, et aussi la prévention et l'éducation sanitaire. L’association compte aujourd’hui plus de 300 membres.



 

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