L'état de la ville de Casablanca s'est dégradé durant ces dernières années en raison d’un ensemble de facteurs qui ont fini par miner la ville au point de la transformer en un espace où l'anarchie, le désordre, la saleté et l'informel ont pris le dessus. La ville est devenue au fil des années une espèce de bombe à retardement, un monstre qui dissuade les plus acharnés et les plus audacieux des commis de l’État. L'actuel Président du conseil de la ville, M. Mohamed Sajid est déterminé à redonner à Casablanca l'âme qu'elle avait perdue. A cet effet, le conseil de la ville et la Wilaya ont entamé une opération de mise à niveau des grands boulevards de Casablanca, un travail que l'ex-Wali de la métropole, M. Driss Benhima, avait déjà entrepris avec un écho très favorable chez les Casablancais. Enclenchée depuis plus d'une semaine, cette opération vise une restructuration de la ville, en vue d'une circulation optimale fluide des véhicules et des personnes. L'objectif étant de hisser le cadre de la ville à un niveau décent et permettre aux Casablancais de vivre dans un espace urbain digne de ce nom. Cette initiative ambitionne d'améliorer le déplacement des piétons, le stationnement, la circulation des véhicules, tout comme elle vise la mise en valeur de notre patrimoine architectural. Casablanca, à l’instar des autres cités du royaume, recèle des joyaux : édifices, vestiges et espaces insoupçonnables. En atteste le travail effectué sur le boulevard d'Anfa, et qui a permis de désenclaver des sites d'une beauté architecturale exquise. Deux restaurants, une boucherie et une pizzeria, situés sur ce même boulevard sont sur la liste des sites qui connaîtront une démolition partielle ou entière. Ce qui donnera sans doute à ce boulevard une meilleure allure.
Cette opération qui a démarré sur le boulevard d'Anfa où une villa et un terrain vague ont été réaménagés, s'inscrit, selon les responsables du dossier, dans le cadre d'une action de mise à niveau de grande envergure. Elle doit toucher l'ensemble des axes structurants la ville. "L'objectif étant de lutter contre l'occupation illégale du domaine public, d'une part, contre toute sorte de dépassement dans ce sens, et de faire respecter la loi pour l'intérêt général de la communauté, d'autre part, pour optimiser la circulation dans la ville grâce à une meilleure fluidité et un meilleur agencement de la cité" explique-t-on au Conseil de la ville.
Après l'alignement des trottoirs, le conseil de la ville compte s'attaquer, avec le concours de la Wilaya, à l'aménagement des espaces verts dont la majorité est actuellement dans un état de délabrement consternant. L'éclairage public est aussi un chantier qui tient à cœur des responsables de la ville. Les réseaux d'eau, d'électricité et d'assainissement sont également au programme. Ils seront incessamment enterrés en vue d'améliorer la physionomie actuelle de Casablanca.
Il faut dire qu'il était temps, et les Casablancais ne peuvent que s'en réjouir, puisque c'est tout à leur honneur, comme cela est à l’actif de ceux qui sont derrière cette initiative.
Le sentiment d’amertume et de désolation qui régnait cède la place à une lueur d'espoir pour une ville structurée.
Par ailleurs, le Conseil de la ville devrait également se pencher sur un autre secteur qui enlaidit la ville. Il est question de l’affichage public, qui a pris une ampleur déconcertante donnant lieu à une poussée en champignons de panneaux tous formats et formes confondus, implantés partout, devrait figurer parmi les priorités du conseil de la ville. Ce dernier ne doit plus fermer les yeux sur les panneaux non réglementaires, de formats géants et implantés au centre ville ou en périphérie. Dans ce sens, tous les panneaux qui ne disposent pas d’une autorisation du conseil devront disparaître, cédant ainsi, la place aux entreprises structurées qui exercent au moyen d’une autorisation. qui ne sera délivrée qu’en fonction de la ligne esthétique de l’espace urbain, de la visibilité des panneaux de signalisation de la circulation, de l’endroit de l’implantation.. Ce qui permettra sans nul doute de réglementer le secteur de l’affichage public qui a pris un caractère anarchique alarmant, usant du domaine public comme d’une propriété privée . De telles infractions, attestent du non respect de la loi et des droits des citoyens ainsi que d’un manque de civisme inquiétant. elles ne devraient plus être permises. Il est temps que chacun connaisse ses droits et ses obligations. Une circulaire du ministère de l'Intérieur datant de juin 2001 était destinée à mieux organiser le secteur en suspendant toute demande d'affichage, mais sur le terrain, les choses n'ont pas véritablement changé.
L.O.