"L'hécatombe sur les routes est un frein au développement". Cette boutade lancée, par un membre du Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC), montre l'exaspération des responsables devant la situation qui prévaut sur les routes. Les diverses campagnes de sensibilisation, menées dans ce sens, sont là pour en attester. Et tout porte à croire que le CNPAC n'entend pas baisser les bras dans sa traque contre les chauffards. En collaboration avec d'autres structures et le ministère de tutelle, des mesures draconiennes sont prises pour faire entendre raison aux inconscients du volant. Juste un rappel : la comparaison des statistiques provisoires des accidents corporels de la circulation routière enregistrées, au cours de sept premiers mois de l'année 2004, avec celles de la même période correspondante de 2003, montre une diminution de 2,6 % du nombre des accidents corporels et de 6,6% des blessés graves avec toutefois une augmentation de 0,3 % du nombre de tués. Ce qui fait dire à un haut cadre du ministère de l'Équipement et du Transport que l'hécatombe des routes n'est pas une fatalité mais une question de non respect du code de la route ainsi que l’application toute partielle des mesures prises. Et pour aller vite dans le sens de la diminution de ce fléau sur les routes, plusieurs décisions urgentes viennent d'être arrêtées par le Comité interministériel de sécurité routière (CISR) pour durcir le contrôle du transport public de voyageurs. Ce qui répond ainsi à l'une des recommandations du Plan stratégique intégré d'urgence (PISU) À ce sujet, M. Karim Ghellab, ministre de l'Équipement et du Transport, rappelle que "la recrudescence inquiétante des accidents causés par les véhicules de transports publics de voyageurs, qui ont frappé au-delà des frontières, démontre la gravité de la situation et le besoin urgent de prendre des mesures opérationnelles et efficaces pour arrêter l'hécatombe et améliorer les conditions de sécurité de transport des citoyens." Depuis ces tragiques accidents en Europe, les autorités marocaines multiplient les actions pour mettre au pas les chauffeurs.
Appliquer les sanctions
L'une des principales nouveautés est la volonté des responsables gouvernementaux de faire élaborer le code de la route qui doit être adopté avant la fin de l'année 2004. Ce projet, une fois ficelé, donnera une impulsion à la lutte contre les accidents de circulation. Ainsi, pour vulgariser les nouvelles dispositions, notamment les articles 432, 433 et 434, les ministères de la Justice et de l'Équipement et du Transport, la Gendarmerie Royale et la Sûreté Nationale sont invités à organiser des réunions de sensibilisation du corps de la magistrature sur la nécessité d'appliquer les sanctions maximales prévues dans les trois articles mentionnés. Dans ce sens, l'article 432 stipule que "Quiconque, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou inobservation des règlements, commet un homicide ou en est involontairement responsable est puni d’un emprisonnement de trois mois à cinq ans et d'une amende de 1 200 dhs. Pour sa part, l'Article 433 souligne que "Quiconque, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou inobservation des règlements cause involontairement des blessures ou des maladies entraînant une incapacité de travail de plus de six jours est puni d’un emprisonnement d'un mois à deux ans. Enfin, l'Article 434 mentionne que "Les peines prévues aux articles précédents sont portées au double lorsque l'auteur du délit a agi en état d'ivresse, ou a tenté, soit en prenant la fuite, soit en modifiant l'état des lieux, soit par tout autre moyen, d'échapper à la responsabilité pénale ou civile qu'il pouvait encourir". Ce qui est considéré par beaucoup d'observateurs comme une avancée dans la lutte contre les accidents de la circulation. Mais l'événement, aujourd'hui au CNPAC, est la diffusion prochaine d'un spot télévisé sur la route. Accident de circulation s'entend. Lors d'une rencontre à ce sujet, les responsables du Comité ont souligné qu'aujourd'hui, il est nécessaire que chacun d'entre nous se sente concerné par ce qui est devenu un véritable fléau. Ce spot vient ainsi agrandir la panoplie de panneaux publicitaires dressés tout au long des routes à l'adresse des piétons et des conducteurs. Pour donner plus de tonus à cette nouvelle campagne télévisée, cet artiste de talent, Saïd Taghmaoui est de la partie. Le CNPAC compte sur son aura pour atteindre un large public.
M.S.